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Histoire / Critique

 
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André grandier
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Personnage dans la zone RPG: André grandier
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MessagePosté le: 27/02/2009 11:57:51    Sujet du message: Histoire / Critique Répondre en citant




Un souffle du passé et un soupçon de rigueur historique

Nouvelle orientation en 1988 et retour à la claire source française. Riyoko Ikeda se lance dans l'épopée napoléonienne, avec Eroïka. (D’après le titre La symphonie héroïque que Beethoven voulait dédier à Napoléon.)
Ikeda est confrontée ici au problème de tous les artistes ayant achevé de belles choses: Comment continuer? Elle a le choix entre continuer à se parodier elle-même pour le restant de ses jours ou passer à autre chose. Victime de son propre succès, elle se trouve dans la même impasse que ses propres imitatrices. Comment renouveler le genre qu'elle a elle-même créé?

Ikeda ne peut dépasser le canevas de ses œuvres précédentes, qui est le romantisme. Il ne lui reste plus que l’autre pan de la narration a développer: Les faits historiques en eux-mêmes. Faire carrément une biographie romancée.
Le cadre historique dans Orpheus no mado et dans Jotei Ekaterina, avait fondamentalement la même utilité que dans Berusayu no bara: confronter les personnages dans leurs conflits sentimentaux à un drame ou une fatalité historique qui les dépassait et, par là même, les mettait en valeur.
Dans Berusayu no bara, l'orage n'éclatait vraiment qu'avec la Révolution française. Les personnages s'y perdaient et s'y retrouvaient. Dans Orpheus no mado, l'effet était accentué. L'Histoire (la grande) devenait un maelström qui jetait les personnages de droite et de gauche, avant de les broyer. Dans Jotei Ekaterina, les choses étaient encore plus embrouillées, si c'est possible. Mais dans les trois cas, les événements servaient de toile de fond.
Dans Eroïka, la grande histoire devient le propos principal. Cette orientation correspond au changement d'éditeur. La maison Chuôkoronsha International est spécialisée dans les mangas historiques, avec une visée didactique, façon "l'Histoire de l'Humanité en bande dessinée".



Le corse a le nez long et le vent dans les cheveux

Ce changement de stratégie signifie aussi que, pour la première fois, Ikeda nous raconte une histoire d'hommes.
Dans ce contexte, le choix de Bonaparte est logique. On retourne en France, qu'Ikeda commence à bien connaitre. Les guerres révolutionnaires contre sept coalisés, les conquêtes de l'Empire, nous mèneront aux quatre coins de l'Europe et en Orient, ce qui suffira à étancher la soif d'exotisme de la lectrice.
Napoléon se transforme facilement en héros romantique sous le pinceau d’Ikeda. Il suffit de lui faire un grand nez pointu (tous les occidentaux ont des longs nez) et l'air songeur (ça donne l’air plus intelligent). Et c’est réussi puisque ce Napoléon efflanqué aux yeux embués finit par ressembler effectivement à l'imagerie impériale, peinte par Louis David et toute la vague d’artistes néo-classiques.



On ne manquera pas de montrer Bonaparte jaloux de Talleyrand, faisant les yeux doux à Josephine tandis que le pauvre général ira soumettre les mamelouks dans les sables d'Égypte. Mais l'essentiel, ce seront les campagnes. On les fera toutes, bataille après bataille, à la suite des troupiers Bernard et Alain.
Certes, la matière ne manquera pas. Ikeda traite en longueur la série. Plus grand le succès, plus longue la série, et inversement, par un effet de synergie (chaque nouveau volume fait vendre tous les autres). On passera donc en revue les différents régimes, du Directoire au Consulat, en attendant l'Empire, et, tout au bout, les deux abdications.
Le dessin, dans Eroïka, devient nettement plus fade, moins précis et plus éloigné du shôjo manga. Il est moins joli que dans Versailles no bara et moins lyrique que dans Orpheus no mado et Jotei Ekaterina. La raison en est probablement un début de désintérêt et un renfort d’assistants pour aider Ikeda.

Reste un gros problème pour Ikeda, dessiner des soldats qui n’ont pas l’air de simples soldats de plomb. Dans Eroïka, les portraits en pied de grenadiers en uniforme qui ornent les têtes de chapitres, ressemblent à des jouets d'enfants. Les vues très martiales ne cadrent pas du tout avec le style de Riyoko Ikeda. La grande armée de Napoléon n’a l’air que d’une armée de mannequins endimanchés et ne reflète pas du tout les horreurs des campagnes napoléoniennes, longues et pénibles.
Les scènes de bataille sont lamentablement ratées. Le dessin essaye de se viriliser en changeant le rythme du cadrage et la construction narrative, qui devraient être totalement contraire aux lois du shôjo que Riyoko Ikeda elle-même a contribué à établir. La bataille des Pyramides ne peut évidemment pas être décomposée selon les lois du shôjo manga. On contemple des planches qui semblent inspirées par des dessinateurs européens comme Guido Crepax, quand il donne dans le genre historique. Partout flotte un remugle du Napoléon d'Abel Gance, quand on ne sombre pas dans la métonymie et la facilité, en remplaçant une scène de bataille par une roue de canon vue en amorce et beaucoup de fumée.
Paradoxalement, tout rappelle le style d'Ikeda. Le studio d’Ikeda est la cause de déformations systématiques comme les vues en plongée toutes inexactes du point de vue de la perspective. Au total, on a la même impression de décalage qu'en contemplant des estampes japonaises du dix-neuvième siècle montrant des personnages ou des costumes européens. C’est faux et très conventionnel.

Eroïka est difficilement acceptable pour un français. L’image idéalisée et fantasmée de l’empereur est déjà ancrée dans notre inconscient collectif et même s’il en est pour continuer à le glorifier, on ne peut pas oublier à quel prix cet ambitieux personnage s’est hissé sur le trône et a bataillé sans se soucier des pertes humaines. La réinterprétation de l'artiste japonaise nous paraît forcément naïve. Le noir et blanc donne l’impression d’un épisode de Thierry la fronde ou d’un autre feuilleton des années 60, prenant place dans un pays vaguement familier qui s'appellerait la France.
Encore une série qui manque d’humour et se révèle assez pénible à lire de bout en bout. La chronologie historique est respectée pour ce que j’en sais, mais la vérité ou la réalité de l’époque échapperont toujours à un mangaka, qu’il s’agisse d’un auteur de shojo ou de shonen.



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MessagePosté le: 27/02/2009 11:57:51    Sujet du message: Publicité

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