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André grandier
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MessagePosté le: 19/10/2006 11:34:43    Sujet du message: Epidémies à Nantes Répondre en citant

Epidémies à Nantes





Les risques d'épidémies à Nantes sous le régime de la Terreur ont largement contribué à la décision de liquider au plus vite et de toutes les manières les détenus qui s'entassaient dans les prisons de la ville :

- fusillades, en plaine de Gigant
- guillotine, place du Bouffay
- noyades, appelées Mariages républicains, dans la Loire au niveau de Chantenay
- etc...


Ces risques étaient-ils réels ou servirent-ils de prétexte ? A l'époque des réglements de comptes tout le monde les invoqua pour mieux sortir blanchi. Si l'on suit l'analyse du docteur Xavier Bernier, la menace d'une épidémie encore plus grave que celle qui ravagea prisons et hôpitaux ne fait pas de doute. Elle pouvait atteindre la ville de Nantes et se répandre bien au-delà.


Epidémies à Nantes

Outre la dysenterie bacillaire, la gale, la syphilis, les fièvres puerpérales des détenues en couches, quelques cas de scorbut, la varicelle chez les enfants captifs, Nantes doit compter avec le typhus exanthématique. Cette maladie infectieuse qualifiée à l'époque de divers noms -"fièvre des camps", "fièvre des prisons"- est de loin l'épidémie la plus grave.

Les médecins en décèlent très tôt la présence, ainsi Guillaume François Laennec qui la signale à la prison des Saintes-Claires à la mi-octobre 1793 puis, un peu plus tard Augustin Darbefeuille et Pariset, qui la voient ravager la prison de l'Entrepôt des cafés. La prison du Bouffay n'est pas plus épargnée et plusieurs des membres du tribunal révolutionnaire qui siège en ses murs en sont atteints. Goudet, l'accusateur public, en meurt. Le personnel médical et infirmier, les gardes affectés aux prisons la contractent.

L'incertitude des termes, l'absence d'une thérapeutique appropriée ne permettent pas de dire dans quelles proportions le typhus tua la population carcérale. il est certain en tout cas qu'il fut l'agent principal de cette "dépopulation" prônée par Jean-Baptiste Carrier. L'épidémie ne s'enraya qu'avec le dégorgement des prisons et l'application beaucoup plus stricte des mesures d'hygiène collective.
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Dernière édition par André grandier le 19/10/2006 12:57:43; édité 1 fois
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MessagePosté le: 19/10/2006 11:34:43    Sujet du message: Publicité

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André grandier
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MessagePosté le: 19/10/2006 11:41:40    Sujet du message: Execution des Girondins Répondre en citant

Execution des Girondins



Exécution des Girondins, le 10 Brumaire an II (31 octobre 1793).


Liste des condamnés

Charles-Louis Antiboul (Var), Jacques Boilleau (Yonne), Jean-Baptiste Boyer-Fonfrède (Gironde), Jacques-Pierre Brissot (Eure-et-Loir), Jean-Louis Carra (Saône-et-Loire), Gaspard-Séverin Duchastel (Deux-Sèvres), Jean-François Ducos (Gironde), Charles Éléonor Dufriche-Valazé(Orne), Jean Duprat (Bouches-du-Rhône), Claude Fauchet (Calvados), Jean-François Martin Gardien (Indre-et-Loire), Armand Gensonné (Gironde), Jacques Lacaze (Gironde), Marc David Lasource(Tarn), Claude Romain Lauze de Perret (Bouches-du-Rhône), Pierre Lehardy (Morbihan), Benoît Lesterpt-Beauvais (Haute-Vienne), Jacques Pierre Agricol Mainvielle (Bouches-du-Rhône), Charles-Alexis Brûlart, marquis de Sillery (Somme), Pierre-Victurnien Vergniaud(Gironde), Louis-François-Sébastien Viger (Maine-et-Loire).


La toilette

Charles-Alexis Brûlart et l'évêque Claude Fauchet causaient à voix basse dans un angle de la pièce ; Jacques Pierre Agricol Mainvielle écrivait sur ses genoux une lettre à sa famille. Devant la fenêtre sur trois tabourets on avait placé le cadavre de Charles Éléonor Dufriche-Valazé(qui s'était poignardé en plein tribunal).

Le citoyen Nappier fit l'appel ; à chaque nom qu'il prononçait un des condamnés répondait: "Présent" et plusieurs ajoutaient quelques mots ironiques. Claude Romain Lauze de Perret, au lieu de répondre, s'emporta contre la ville de Paris, qui, disait-il, égorgeait les plus purs patriotes. Jacques Pierre Brissot était sombre ; Pierre Victurnien Vergniaud lui parla pendant quelques instants avec véhémence.

Lorsque l'appel nominal fut terminé, tous crièrent avec un égal enthousisasme : Vive la République !. Pendant la toilette les Girondins conservèrent presque tous leur calme. Le bourreau leur coupait les cheveux : les aides leur attachaient les mains. Les Girondins continuaient à parler comme si ces préparatifs n'eussent pas été ceux de leur mort. Claude Fauchet et le marquis de Sillery étaient retournés dans leur angle après l'appel. Ils paraissaient tellement absorbés par leur conversation qu'il fallut les appeler à deux reprises. Claude Fauchet était très abattu ; la fermeté du marquis de Sillery allait au contraire jusqu'à l'enjouement.


Parcours des Girondins de la cour de Mai à la place de la Révolution

Quand tous furent prêts, Charles-Henri Sanson donna le signal du départ ; les condamnés se pressaient autour de Pierre-Victurnien Vergniaud et paraissait vouloir lui céder l'honneur de marcher le premier. Mais il se retourna, et indiquant le corps de Charles Éléonor Dufriche-Valazé que deux aides plaçaient sur une civière : "Voici notre aîné dans la mort, dit-il d'une voix grave, c'est à lui de nous montrer le chemin". Tous s'écartèrent et le cadavre passa entre leurs rangs. Les cinq charrettes attendaient. L'huissier Nappier voulait que les condamnés prennent place suivant l'ordre dans lequel ils avaient été nommés dans le jugement ; le désordre qui suivit la sortie du guichet empêcha l'exécution d'une mesure qui peut-être eût enlevé à quelques-uns des Girondins la suprême consolation d'épancher leurs dernières pensées avec un ami. Ils se placèrent à leur gré.


Première charrette

Armand Gensonné, Jean-Louis Carra, Marc David Lasource, Gaspard-Séverin Duchastel.


Deuxième charrette

Jacques Pierre Brissot, Pierre-Victurnien Vergniaud, Jean-François Ducos, Jean-Baptiste Boyer-Fonfrède, et Louis-François-Sébastien Viger.


Troisième charrette

Jean-François Martin Gardien, Jacques Pierre Agricol Mainvielle, Jean Duprat, Claude Fauchet et le marquis de Sillery.


Quatrième charrette

Charles-Louis Antiboul, Jacques Boilleau, Pierre Lehardy et Benoît Lesterpt-Beauvais.


Cinquième charrette

Dans cette charrette se trouvait le cadavre de Charles Éléonor Dufriche-Valazé.

L'attitude du public indiquait plutôt de la curiosité que de la passion. On resta silencieux sur le passage des charrettes ; mais, comme toujours lorsqu'il s'agissait de personnages illustres, une troupe d'hommes et de femmes s'était mêlée au cortège, et leur fanatisme, sincère ou stipendié, prenait à tâche de réchauffer, par ses cris furieux, l'indignation un peu froide des spectateurs. Les cris de Vive la République ! retentissaient seuls sur le parcours et se propageaient dans les masses profondes que les charrettes des condamnés traversaient. Mainvielle et Duprat répètaient avec la foule : Vive la République !. Sur deux ou trois endroits seulement, à ces cris, se mêla celui de Mort aux traîtres !. Les Girondins l'entendirent sans colère ; seulement une voix forte, qui partait de la quatrième charrette répondit : La République, vous ne l'aurez pas !. Ducos et Jean-Baptiste Boyer-Fonfrède s'entretenaient à demi-voix. Ce dernier pleurait. Deux fois ils entonnèrent La Marseillaise, en sortant de la Conciergerie et dans la rue Saint-Honoré, à la hauteur des Tuileries. Claude Fauchet seul paraissait abattu ; il priait avec beaucoup de ferveur. Au moment où les charrettes s'arrêtèrent sur la place de la Révolution, Louis-François-Sébastien Viger cria, en regardant la guillotine: "Voilà donc l'héritière de Louis le dernier !". Ducos lui répondit : "Allons donc ! et la loi salique".


Exécution des Girondins

Lorsque les quatre charrettes arrivèrent sur la place de la Révolution, on mit les Girondins entre une double haie de gendarmes, devant l'escalier de la guillotine. Ils se firent leurs adieux en s'embrassant et on les entendait qui s'encourageaient les uns les autres à mourir, sans peur et sans reproche, comme ils avaient vécu. Puis ils entonnèrent en chœur le refrain des hommes libres et l'exécution commença.

Le marquis de Sillery paru le premier sur la plate-forme de l'échafaud ; il en fit le tour à quatre reprises et sur chacune des faces de l'échafaud. Il souffrait des suites d'une paralysie et marchait avec quelque difficulté. Un des aides lui ayant dit de se dépêcher ; il lui répondit : "Ne peux-tu attendre ; j'attends bien, moi, qui suis plus pressé que toi". Au moment où le couperet tombait, le chant des Girondins doublait de force.

Après le marquis de Sillery vint Claude Fauchet, que deux aides durent soutenir pour l'aider à gravir les marches très raides de l'échafaud ; puis Carra, Benoît Lesterpt-Beauvais, Lauze-Duperret, Lacase.. Mais lorsque les six têtes furent tombées, les paniers et la bascule elle-même se trouvèrent tellement inondées de sang que le contact de ce sang devait sembler plus horribles que la mort elle-même à ceux qui allaient suivre.

Charles-Henri Sanson ordonna à deux aides de jeter des seaux d'eau et d'éponger les pièces après chaque exécution. Après encore quelques exécutions le vide commençait à se faire dans les rangs des condamnés. Leur chant diminuait d'intensité, sans perdre de sa vigueur : entre toutes ces voix fermes, on distinguait celle de Lehardy qui dominait toutes les autres.

Jacques Boilleau, Antiboul, Jean-François Martin Gardien, Marc-David Lasource, Jacques Pierre Brissot montèrent successivement sur l'échafaud ; au moment où on l'attachait sur la bascule, Lehardy cria à trois reprises : "Vive la République !". Jean Duprat fut exécuté après lui.

Avant de quitter ses amis, Ducos embrassa encore Boyer-Fonfrède, il parlait encore quand le couperet tomba. Armand Gensonné, Mainvielle, Boyer-Fonfrède et Duchatel virent leur tour arriver.

Le nombre des vivants était réduit à deux : Pierre-Victurnien Vergniaud et Louis-François-Sébastien Viger. Pierre-Victurnien Vergniaud fut appelé par le bourreau, le dernier qui fut guillotiné fut Louis-François-Sébastien Viger.


Inhumation

Les Girondins furent inhumés dans le Cimetière de la Madeleine aujourd'hui square Louis XVI à Paris.
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André grandier
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MessagePosté le: 19/10/2006 11:47:58    Sujet du message: Affaire sur la liquidation de la cie des Indes Répondre en citant

Affaire sur la liquidation de la Cie des Indes




L'Affaire sur la liquidation de la Compagnie des Indes, se déroule en octobre et novembre 1793.


Historique

Compagnie française des Indes

Compagnie financière et commerciale créée en 1719 à l'instigation du financier John Law et qui reçut en 1722 le monopole du commerce maritime français (sauf en Amérique). Malgré les réussites de Louis-Charles Mahe De La Bourdonnais (colonisation de la Réunion et de l'île Maurice) et de Joseph François Dupleix (établissements français aux Indes), la Compagnie, ruinée par les guerres coloniales et maritimes (guerre de Succession, d' Autriche, Guerre de Sept Ans), perdit son monopole (1769). Reconstituée par Louis XVI de France sous le nom de "Nouvelle Compagnie des Indes" (1785), elle fut définitivement supprimée par la Convention (1794), ce qui donna lieu à un scandale où furent mêlés en particulier Georges Jacques Danton et Fabre d'Églantine.


Suppression de la Compagnie des Indes

Après une campagne menée par Joseph Delaunay, soutenu par Charles-François Delacroix, contre des transferts d'actions faits en violation de la loi, et une campagne plus précise contre la Compagnie des Indes, un décret du 24 août 1793 avait supprimé les compagnies financières et les sociétés par actions.

Parmi les instigateurs de cette mesure radicale, soucieux de se populariser en période de disette et de baisse des changes, on trouvait Fabre d'Églantine et les députés d'affaires Joseph Delaunay, Claude Basire, Jean Julien dit "de Toulouse" et François Chabot qui jouaient au même moment à la baisse les actions des sociétés menacées.


L'affaire de la Compagnie des Indes

Joseph Delaunay, François Chabot et Jean Julien dit de "Toulouse" étaient membres de la commission des finances chargée de rédiger le décret de liquidation de la Compagnie des Indes. Ayant exercé un chantage sur la Compagnie, ils se sont fait acheter par ses actionnaires pour la somme rondelette de 500 000 livres. Ils sauvent la Compagnie dans le projet de décret présenté le 8 octobre 1793 par Joseph Delaunay à la Convention. Les formulations ambiguës du texte laisse à la Compagnie des Indes la possibilité de procéder elle-même à sa liquidation. Fabre d'Églantine, soutenu par Maximilien de Robespierre, proteste avec énergie. La Convention modifie le texte : la liquidation sera effectuée par le gouvernement (amendement Fabre), la nation n'entendant pas se charger d'un éventuel déficit (amendement Pierre Joseph Cambon).


Corruption

Lorsque le décret, après le renvoi en commission pour une nouvelle rédaction et un délai anormalement long de dix-neuf jours, paraîtra au Bulletin révolutionnaire, les amendements auront disparu. Le nouveau texte permet à la Compagnie d'échapper aux amendes encourues par elle et de se liquider elle-même sous la surveillance symbolique de commissaires nationaux chargés de la liquidation des sommes dues à la nation. L'opération passe inaperçue. Joseph Delaunay a confié à l'imprimeur un texte signé par Fabre d'Églantine distrait ou préalablement acheté, lui aussi ? On ne le saura sans doute jamais.


François Chabot dévoile l'affaire de la Compagnie des Indes et ses dessous

François Chabot, excédé d'être mis seul sur la sellette, dévoile l'affaire de la Compagnie des Indes et ses dessous. Il dénonce la conspiration ourdie par le baron Jean de Batz, pour ruiner la République. L'affaire de la Compagnie des Indes n'est qu'une ramification du complot.


Le complot de Jean de Batz selon François Chabot

Bénéficiant de la protection de Louis-Marie Lullier, procureur-général-syndic du département, et de plusieurs membres éminents de la Commune de Paris, le baron Jean de Batz, disposait de deux leviers maniés tour à tour par Benoist, un ancien agent de Georges Danton : la corruption (en manœuvrant Fabre d'Églantine, Joseph Delaunay et les députés d'affaires) et la dénonciation outrancière, la diffamation (par le relais des Hébertistes). Au centre du dispositif : Jacques-René Hébert et le baron Jean de Batz. François Chabot proposait de les faire arrêter chez lui, en flagrant délit de collusion avec d'autres acteurs de la conspiration. La dénonciation de François Chabot suivant celle de Fabre d'Églantine, va augmenter le trouble de Maximilien de Robespierre. Elle confirme l'existence d'une "grande conspiration". La suspicion va s'installer dans les hautes sphères de l'État et accréditer que l'or de William Pitt et de l'étranger se trouve derrière toutes les tentatives des oppositions.

C'est peut-être le caractère outré de l'accusation portée contre Jacques-René Hébert qui a fait échouer François Chabot.


Découverte de l'"original" du décret de la liquidation de la Compagnie des Indes

Le 12 nivôse an II (1er janvier 1794), on découvira lors de l'examen des scellés de Joseph Delaunay, l'"original" du décret - en réalité sa première mouture - retouché de la main de Fabre d'Églantine, ce qui permettra au Comité de sûreté générale de négliger les révélations de François Chabot pour en faire une simple affaire de faux et de fraude.


Fabre d'Églantine est écarté de l'instruction de l'affaire de la Compagnie des Indes

Fabre d'Églantine lui-même, bien qu'il soit laissé en liberté, est écrasé de soupçons depuis l'examen du faux décret de la liquidation de la Compagnie des Indes par le Comité de sûreté générale. Le 6 nivôse an II (26 décembre 1793), Fabre d'Églantine a été écarté de l'instruction de l'affaire de la Compagnie des Indes.


Jean-Pierre-André Amar s'acharne sur Fabre d'Églantine

Jean-Pierre-André Amar, dans un rapport assez malhonnête où il confond à dessein les deux textes signés par Fabre d'Églantine, puis Marc Vadier, qui ne se préoccupe pas de savoir si les corrections litigieuses sont ou non de la main de Fabre d'Églantine, s'acharnent contre cet adversaire des Comités avec mauvaise foi.


Arrestations concernant l'affaire de la Compagnie des Indes

François Chabot sera arrêté en novembre 1793. Fabre d'Églantine sera arrêté le 24 nivôse an II (13 janvier 1794). Les députés financiers, François Desfieux, Jacob Pereira et Pierre-Ulric Dubuisson sont arrêtés entre le 28 brumaire et le 2 frimaire an II (18 novembre et le 22 novembre 1793). Berthold Proli en fuite n'est arrêté qu'en février 1794.


Georges Danton, Camille Desmoulins connaissent le détail de la conspiration de Batz-Hébert

Georges Danton, Camille Desmoulins et peut-être plusieurs autres connaissent le détail de la conspiration de Batz-Hébert. Ils savent que Maximilien de Robespierre et Louis Antoine Léon de Saint-Just la connaissent également. De même, ces derniers ont compris que les Indulgents ou Dantonistes avaient en main le dossier (par des lettres envoyées par François Chabot à Danton.)

Dévoiler l'affaire de la Compagnie des Indes, pour Maximilien de Robespierre, serait déshonorer la Montagne et la République, ruiner le régime lui-même. Pour Georges Danton, malgré l'espoir d'un bouleversement politique dont il pourrait tirer profit, il y a le risque majeur de voir discréditer, à travers Fabre d'Églantine ou Joseph Delaunay, tout le parti dantoniste...

Personne par conséquent n'osera rompre le silence.
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MessagePosté le: 19/10/2006 12:52:37    Sujet du message: Complot révolutionnaire de Nantes Répondre en citant

Complot révolutionnaire de Nantes




L'application de la loi des suspects avant le 5 novembre 1793

Jusqu'à Jean-Baptiste Carrier, l'application de la loi des suspects (17 septembre 1793) n'a pas été des plus féroces. En vertu de l'article 3 de ladite loi, le Comité nantais a dressé une liste des gens suspects, délivré contre eux des mandats d'arrêt et fait apposer des scellés sur leurs papiers. L'exécution de ses directives a été entachée de nombreuses irrégularités, les commissaires du Comité et La compagnie Marat ayant fâcheusement tendance à profiter des pleins pouvoirs qui leur ont été remis. Malgré tout, trois cents nantais "seulement" ont été interpellés et un certain nombre relâchés. La crise fédéraliste n'a fait qu'effleurer Nantes et, l'agitation de l'été 1793 passée, la persistance d'un complot effectif dans cette ville n'a jamais pu être démontrée, par plus par les policiers du temps que par les historiens de tous bords qui ont cherché à en retrouver les traces.


Origine du complot contre les "modérés"

Il reste à Nantes un grand nombre de personnes qui ne se plient que de mauvaises grâces aux injonctions de la poignée de sans-culottes maîtres de la ville. Et pour ceux-là justement leur seule présence, à Nantes, en liberté, devient insupportable.L'idée d'attribuer à ces "modérés" un complot vient tout naturellement.


Arrêté du 15 brumaire an II (5 novembre 1793)

L'affaire est rondement menée. D'abord le Comité s'efforce d'obtenir l'assentiment de Carrier. Il lui soumet donc des "lettres prises sur les "brigands", qui constatent qu'il y a eu complot à Nantes contre les autorités constituées et le représentant du peuple"... A sa séance du 15 brumaire an II (5 novembre 1793, le Comité prend un arrêté ordonnant l'incarcération de tous les négociants riches, et de tous les gens d'esprit que l'opinion désigne comme suspects.


Arrestation des "suspects"

Il ne faut pas moins d'une semaine au Comité pour monter ensuite sa "tragi-comédie judiciaire" (Gaston Martin). Au petit matin du 22 brumaire an II (12 novembre 1793), le Comité fait battre la générale. Des pièces d'artillerie sont déployées, des piquets de soldats et de gardes nationaux mis en faction cependant que la compagnie Marat se saisissent de près de cent cinquante notables, arrachés à leur lit. Comme il s'en justifiera un peu plus tard, le Comité "n'a point attendu, pour agir, des preuves matérielles et des dénonciations". Il lui a suffi de constater que les "égoïstes, les modérés et tous les gens à grands moyens" ne se sont pas "fortement prononcés" en faveur de la Révolution jacobine. A ce titre seul ils deviennent suspects.


Transfert des suspects à Paris

Détenus dans plusieurs prisons, les suspects se révèlent aussitôt bien encombrants. Sachant pertinemment qu'il n'y a rien de tangible à leur reprocher et que ni Carrier, ni le tribunal révolutionnaire, ni même la commission Lenoir ne voudront s'occuper d'eux ou alors se borneront à les frapper de peines légères, le Comité imagine de transférer les suspects à Paris. Là, ils n'échapperont pas au Tribunal révolutionnaire. (Procès des Nantais).L'arrêté de transfert est pris le 24 brumaire an II (14 novembre 1793) puis la liste des interessés dressées. Jean-Baptiste Carrier ratifie le document le 26 brumaire an II (16 novembre 1793) et les détenus prennent aussitôt la route de Paris.


L'odyssée pitoyable de ses "suspects" vers Paris

Cent trente-sept ou cent trente-six à l'origine, puis cent trente-deux, ces Nantais connaîtront une odyssée pitoyable avant d'échouer dans les geôles parisiennes. (voir Procès des Nantais). Leur procès sera un des enjeux politico-judiciaires les plus importants de l'immédiat après-Thermidor (8-14 septembre 1794). Mais qui sont-ils exactement ? Ils forment un échantillonage assez complet de l'élite nantaise. On peut les répertorier de façon suivante:

- 47 négociants, armateurs, directeurs de fabrique ou de manufacture, courtiers, notaires,
- 42 hommes de loi et administrateurs de l'Ancien Régime et du nouveau,
- 19 gentilhommes,
- 6 ecclésiastiques,
- 5 officiers de la marine marchande,
- 4 médecins,
- 4 employés,
- 10 divers
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MessagePosté le: 19/10/2006 12:55:10    Sujet du message: Conspiration de l'étranger Répondre en citant

Conspiration de l'étranger




C'est Danton qui inventa le 26 novembre 1793, la conspiration de l'étranger, accusant l'or de William Pitt, l'or anglais de "provoquer les trahisons, les accaparements, les disettes, les pillages, les émeutes, les insurrections, les incendies, les assassinats, tous les excès et tous les désordres", une façon comme une autre pour les révolutionnaires de rejeter sur un bouc émissaire étranger la responsabilité de leurs erreurs politiques et de leurs conséquences tragiques.
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MessagePosté le: 19/10/2006 14:10:47    Sujet du message: Discous de Danton au club Jacobins Répondre en citant

Discours de Danton au club des jacobins





Au club des Jacobins, le 3 décembre 1793 (13 frimaire an II), Georges Jacques Danton est dans l'obligation de se disculper face aux accusations du député Coupé qui lui reproche sa tiédeur révolutionnaire.


Ce même 3 décembre 1793, Georges Danton s'oppose à une proposition demandant l'obtention d'églises comme locaux pour les sociétés populaires qui n'en possèdent pas. Des chuchotements accueillent cette intervention qui visait en particulier les ultra-révolutionnaires et les déchristianisateurs. Le député du département de l'Oise, Coupé, un prêtre qui récemment a abjuré, lui reproche son attitude politique modérée qui mène à immobiliser la Révolution. Georges Danton furieux lui répond : « Le député Coupé a voulu empoisonner mon opinion ! Certes jamais je n'ai proposé de rompre le nerf révolutionnaire... ». Georges Danton évoque les « dénonciations graves » qui ont été dirigées contre sa personne, la « défaveur » qu'il vient de subir en montant à la tribune : « Je somme tous ceux qui ont pu concevoir contre moi des motifs de défiance de préciser leurs accusations car je veux y répondre en public !... Ai-je donc perdu ces traits qui caractérisent la figure d'un homme libre ? Ne suis-je plus ce même homme qui c'est trouvé à vos côtés dans les moments de crise ? Ne suis-je pas celui que vous avez souvent embrassé comme votre ami, et qui doit mourir avec vous ? ». Deux jours plus tôt, Georges Danton qui ne voulait pas entendre les mauvais vers le concernant, évoque les mânes de Jean-Paul Marat dont il a été l'un des « plus intrépides défenseurs », « Vous serez étonnés, continue-t-il, sous les cris des tribunes, quand je vous ferai connaître ma conduite privée, de voir que la fortune colossale que mes ennemis et les vôtres m'ont prêtée se réduit à la petite portion de biens que j'ai toujours eue. Je défie les malveillants de fournir contre moi la preuve d'aucun crime ! Je veux rester debout avec le peuple ! Vous me jugerez en sa présence ! Je ne déchirerai pas plus la page de mon histoire que vous ne déchirerez les pages de la votre, qui doivent immortaliser les fastes de la liberté ! »
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MessagePosté le: 19/10/2006 14:22:32    Sujet du message: Noyades à Nantes Répondre en citant

Noyades de Nantes





Les noyades à Nantes sont un épisode de la Terreur qui a eu lieu entre novembre 1793 et janvier 1794 à Nantes. Pendant cette brève période, des milliers d'innocents, suspects aux yeux de la République, notamment des personnes d'Église, ont été noyés dans la Loire sur ordre de Jean-Baptiste Carrier.


Causes

Nantes était assiégée par tous les fléaux qu'une guerre civile entraîne. Les menaces épidémiques et les difficultés alimentaires ne sont pas niables. Nourrir plus de dix mille prisonniers représente une charge presque insupportable pour Nantes. Jean-Baptiste Carrier voulait ravitailler d'abord l'armée et ensuite pourvoir la ville.


La crainte de l'épidémie

La crainte de l'épidémie a beaucoup joué dans la décision d'isoler les détenus à la prison de l'Entrepôt des cafés puis sur des navires mouillés dans le port ; elle a incité à vider les prisons du centre-ville. Les pertes enregistrées dans le personnel de surveillance, le corps médical, les infirmiers, les juges même, ont pu semer l'effroi chez les responsables nantais et les inciter à tout faire plutôt que de périr de la maladie répandue par les vaincus.


Les conférences du 4-5 décembre 1793 (14 et 15 frimaire an II)

Le 4 décembre 1793 au soir, Jean-Baptiste Carrier, les membres principaux du Comité révolutionnaire de Nantes, François Louis Phelippes-Tronjolly et ses collègues, Minée pour le département, Renard pour la municipalité, des représentants de Vincent-la-montagne, se réunissent. Ils décident de constituer un jury chargé de dresser une liste de proscrits. Le 5 décembre 1793 plus de trois cents noms seront couchés sur le papier. Il ne reste plus qu'à ordonner l'exécution.


Identité des noyeurs

Ils se divisent en deux groupes:

- La compagnie révolutionnaire Marat
- Guillaume Lamberty et ses hommes.

Les noyades


Première noyade

Les premières noyades commises sont celles des prêtres réfractaires, cent soixante environ, condamnés à la déportation. Dans la nuit du 16-17 novembre 1793 (26-27 brumaire an II), Guillaume Lamberty et ses hommes passent à l'exécution, quatre-vingt-dix prêtres sont noyés. En réalité, ce carnage compte trois survivants. Repêchés par les marins d'un navire de guerre, l' Imposant, ils sont remis aux autorités de la ville. Ramenés sur la galiote, ils périssent lors de la seconde noyade de prêtres. Plusieurs cadavres de prêtres viennent s'échouer sur les berges du fleuve.


Seconde noyade

La seconde noyade de prêtres est encore le fait de Guillaume Lamberty. Plusieurs hommes de la compagnie Marat conduits par Foucauld détroussent méthodiquement les cinquante huit prêtres arrivés d'Angers. Les prêtres sont transférés sur une gabare spécialement aménagée et emmenés loin du port, à l'entrée de l'estuaire où il est procédé à leur submersion. Cette fois il n'y a aucun survivant.


Troisième noyade dite du Bouffay

La troisième noyade, dite du Bouffay, est aussi bien connue, sinon mieux, que les deux précédentes. Elle a coûté la vie à cent vingt-neuf détenus, dans la nuit du 14-15 décembre 1793 (24-25 frimaire an II). Menés par Jean-Jacques Goullin et Michel Moreau-Grandmaison, les "Marat" gagnent la prison du Bouffay, la plupart sont ivres. Ils ne sont plus tout à fait en état de consulter leurs listes, et procèdent au hasard, raflant les prisonniers dans leurs cellules, puis les attachant deux par deux après les avoir dépouillés de leurs objets personnels et de leur argent. Embarqués sur une sapine, les suppliciés sont dirigés vers l'aval et l'embarcation coulée un peu plus loin que Trentemoult, au bout de l'île Cheviré.


"Les mariages républicains"

Les noyades suivantes posent plus de problèmes à l'historien. Leur nombre, leur importance, les circonstances exactes, tout prête à controverse. C'est à propos de ces noyades qu'ont circulé diverses affabulations, dont celles des "navires à soupapes", des "mariages républicains" et des noyades systématiques d'enfants. Jean-Baptiste Carrier aurait ordonné d'accoupler homme et femme, curé et sœur surtout, et de les ligoter dans des postures obscènes avant de les jeter dans la Loire. Il aurait qualifié ces atrocités de "mariages républicains".


D'octobre 1793 à janvier 1794, soit en l'espace de 4 mois, Jean-Baptiste Carrier fait procéder à Nantes à 4 000 exécutions par un procédé qu'il nommera Mariages républicains.

Il imagine un procédé radical qu’il appelle la déportation verticale : au lieu de les envoyer vers des îles lointaines, il fait embarquer les condamnés sur des barques à fonds plats qui sont coulées au milieu de la Loire, au niveau de Chantenay.

Les premiers exécutés sont des prêtres. Des milliers d'hommes, de femmes, d’enfants suivent dans ce que Carrier appelle la « baignoire nationale ». Pour se distraire, il fait lier nus face à face, un homme et une femme étrangers l’un à l’autre avant de les noyer. Il appelle cette mise en scène morbide « mariage républicain ». Les exécutions ont lieu de nuit pour plus de discrétion, mais les corps flottent ensuite en surface pendant des jours.


Quatrième noyade (23 décembre 1793)

La noyade du 23 décembre 1793 (3 nivôse an II) est attestée de trois façons, au moins, deux témoignages très sûrs et confirmés. Pierre Robin, Fouquet et d'autres chargèrent environ huit cents individus de tout âge et de tout sexe sur deux bateaux, qui furent conduits vis-à-vis de Chantenay et furent noyés.


Noyades des galiotes

Du 29 décembre 1793 (9 nivôse an II) au 18 janvier 1794 (29 nivôse an II) ce furent les "noyades des galiotes", des navires hollandais restés à Nantes par suite du blocus et qu'on déplaça pour la circonstance vers la prison de l'Entrepôt des cafés. Impossible de dire s'il y eut deux ou trois expéditions. A chaque fois deux cents à trois cents victimes, hommes, femmes et enfants mêlés. Il semble que l'ultime noyade, destinée à vider la prison de l'Entrepôt des cafés ait été perpétrée dans la nuit du 29 au 30 janvier 1794 (10-11 nivôse an II) et ait concerné quatre cents détenus environ.


Nombre exact des victimes des noyades

Il est impossible de déterminer le nombre exact des victimes des noyades collectives. Pour Lallié, elles furent 4 860, pour Gaston Martin 1 800 environ
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André grandier
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MessagePosté le: 19/10/2006 14:35:26    Sujet du message: Chute de Robespierre Répondre en citant

Chute de Robespierre



La chute de Robespierre, le 9 Thermidor an II, est le résultat d'une série d'actes politiques, qui commencèrent en mars 1794.


Le renforcement de la Terreur

Au printemps 1794, alors que s'annonce une campagne décisive pour la République, le gouvernement révolutionnaire, dont la figure de proue est Robespierre, est confronté à la double opposition des Hébertistes à sa gauche et des Indulgents à sa droite.

En mars 1794, devant la menace d'une nouvelle insurrection et d'un nouveau massacre de prisonniers, les comités de salut public et de sûreté générale décident de se débarasser des Hébertistes (dirigés par Hébert), qui sont les membres les plus radicaux de la Commune de Paris. Dans la nuit du 23 au 24 ventôse (13-14 mars 1794), les principaux chefs du club des Cordeliers sont arrêtés. Ils seront condamnés à mort par le Tribunal révolutionnaire et exécutés.

Fin mars 1794, ils ordonnent l'arrestation des principaux Indulgents, Danton et Desmoulins, qui veulent arrêter la Terreur, signer la paix avec les monarchies coalisées et pactiser avec l'aristocratie. Suite à un long procès, Danton et Desmoulins seront guillotinés avec leurs amis le 5 avril 1794.

Après l'élimination des factions, le Comité de salut public reprend sa politique pour asseoir la République, en faisant voter successivement les décrets de Ventôse (par lesquels les biens des ennemis de la République doivent être confisqués et distribués aux indigents), les décrets de Germinal qui centralisent à Paris le jugement des suspects et la loi du 22 prairial an II (10 juin 1794), présentée par Couthon, qui établit que les suspects, dont le dossier (selon les décrets précédents) devait avoir été étudié par des commissions populaires (dont une partie seulement avait vu le jour, le 9 thermidor), sont jugés sans avocat par le Tribunal révolutionnaire, qui a le choix entre l'acquittement, la déportation ou la peine de mort.

La création du bureau de police et des commissions populaires crée des jalousies dans le comité de sûreté générale, qui ne supporte pas les empiètements du comité de salut public. Dans celui-là même, des disputes éclatent, notamment entre Saint-Just et Carnot sur la bataille de Fleurus, entre Robespierre et Collot d'Herbois ou Billaud-Varenne. De même, au sein de la Convention, une opposition se développe parmi les envoyés en mission corrompus ou criminels rappelés en mai (Barras, Tallien, Bourdon de l'Oise, Fouché, Carrier ou Bernard de Saintes) et les amis de Danton. Par ailleurs, la disposition de la loi de Prairial qui permet d'envoyer devant le Tribunal révolutionnaire un député sans demander l'approbation de la Convention inquiète. De plus en plus de députés du Marais se montrent hostiles au maintien du gouvernement révolutionnaire et demandent le retour au libéralisme économique, surtout après la victoire de Fleurus, qui libère le territoire de la hantise de l'invasion. De plus, l'exécution des Hébertistes a créé des dissensions entre les membres de la commune de Paris.


Conflits au sein du gouvernement révolutionnaire

L'opposition entre le Comité de salut public et le Comité de sûreté générale se concrétise en mai, quand Vadier gonfle l'affaire Catherine Théot - il lit un rapport devant la convention le 14 Juin 1794 - pour atteindre, par ricochet, Robespierre et ridiculiser le culte de la Raison et de l'Être Suprême. L'Incorruptible récupère le dossier, permettant ainsi à la vieille dame et aux autres inculpés d'échapper à la guillotine. Mais son intervention exacerbe les rancunes, d'autant que sa popularité rend jaloux ses collègues, et, lors d'une séance du comité de salut public, il se fait traiter de « dictateur ». Il quitte alors la réunion et cesse pratiquement de paraître aux séances du Comité de salut public (durant les dernières semaines, il ne signe que quelques décrets), favorisant ainsi ses adversaires.
Après l'échec des tentatives de réconciliation entre les 2 comités (4 et 5 Thermidor), Robespierre décide de porter le conflit devant la Convention.


Le 8 Thermidor

Le 8 Thermidor, Robespierre prononce devant la convention un discours accusant certains membres du Comité de sûreté générale des excès de la Terreur notamment en province. Il ne cite pas de nom, mais vise clairement les organisateurs de la Terreur en province, principalement Paul Barras, Jean-Lambert Tallien, Fouché et Jean-Baptiste Carrier, organisateurs de massacres notamment à Bordeaux, Lyon et Nantes.
Le soir même, les membres du Comité de sûreté générale, craignant leur élimination, s'allient aux députés du Marais, leur promettant la fin de la Terreur.
Une conspiration visant la chute de Robespierre s'organise.


Le 9 Thermidor

Le 9 Thermidor, Saint-Just prend la parole à la convention, mais il est interrompu par Tallien, puis par Billaud-Varenne qui l'empêchent de continuer son discours. Robespierre tente alors de prendre la parole afin de convaincre le Marais de se rallier à lui, mais il est interrompu par certains députés qui scandent: "Non! A bas le tyran!". Le président de la convention, Collot d'Herbois, loin de rétablir l'ordre, lui refuse la parole. À la proposition de Tallien, les députés décrètent l'arrestation de Robespierre, Saint-Just, Couthon. Le Bas et Augustin Robespierre demandent à être joints dans le décret. C'est alors que l'Incorruptible aurait prononcé la fameuse phrase : « La République est morte ; les brigands triomphent. » Saint-Just, au contraire de Robespierre, reste muré dans un silence méprisant. Certains historiens pensent que ce silence était dû à une lassitude et à une sorte de renonciation, d'autres parlent d'inexpérience politique, d'autres encore d'une façon de marquer son mépris pour ses ennemis. Mis en état d'arrestation, les cinq députés sont conduits à cinq heures du soir dans les locaux du Comité de Sûreté générale, aux Tuileries.

À la même heure, les nouvelles de la séance parviennent à la Maison commune (l'Hôtel de Ville). Le maire, Fleuriot-Lescot appelle à l'insurrection. On ferme les barrières, on bat la générale, le tocsin sonne, les sections sont convoquées à la Maison commune, les compagnies de canonniers et les effectifs de la gendarmerie et de la Garde nationale sont appelés, les poudres de l'Arsenal sont réquisitionnées. Sans attendre de renfort, le commandant de la Garde nationale, Hanriot, court aux Tuileries pour libérer les cinq prisonniers, mais il est arrêté lui-même par les gendarmes qui les gardent. Il est environ cinq heures et demie. On fait alors passer les prisonniers dans la salle voisine, où on leur sert à souper, puis, à sept heures, on les dirige vers des prisons différentes (Robespierre l'aîné à la prison du Luxembourg).

Pendant ce temps, les premiers renforts se massent sur la place de Grève. Apprenant l'échec d'Hanriot, la Commune insurrectionnelle charge Coffinhal de le libérer, et ordonne aux concierges des prisons de refuser de recevoir tout nouveau prisonnier. Ainsi, à son arrivée au Luxembourg, Robespierre est conduit à la mairie du quartier, alors quai des Orfèvres, où il est libéré. Les autres députés, cependant, ont été écroués. Robespierre refuse d'abord de se rendre à la Maison commune, pour ne pas se mettre hors la loi, mais indique le plan de bataille que doit suivre la Commune insurrectionnelle.

Entre huit heures et demie et neuf heures, Coffinhal arrive aux Tuileries, où il enlève les postes de garde, rallie les piquets de service, pénètre dans le comité de sûreté générale et délivre Hanriot. Les membres des comités, affolés, se rendent dans la salle des séances, où ils annoncent que tout est perdu. Mais, au lieu d'envahir la salle, Coffinhal et Hanriot se retirent et rejoignent la Maison commune. La Convention confie alors à Barras la charge de rallier les sections avec le commandement militaire. Avec les deux Bourdon, Tallien, Rovère et Fréron, il parvient à obtenir des troupes des sections bourgeoises de l'ouest. En attendant le rassemblement des troupes, Barère fait décréter la mise hors la loi des insurgés. Dès lors, la comparution devant le Tribunal révolutionnaire est inutile.

La commune en est prévenue entre dix heures et dix heures et demie. Devant la nouvelle, les rangs se vident petit à petit parmi les insurgés. Pour empêcher le revirement des sections, les députés libérés, enfin parvenus à la Maison commune (Robespierre le jeune, son aîné, Le Bas et Saint-Just, Couthon le dernier, vers une heure du matin), multiplient les messages pour rétablir la confiance dans la victoire et demander l'appui des Jacobins du camp des Sablons.

L'insurrection piétine, les hommes massés sur la place de Grève s'impatientent. Vers deux heures du matin, une colonne conduite par Léonard Bourdon et composée de gendarmes et d'artisans de la section des Gravilliers (celle de Bourdon et de Jacques Roux) débouche sur la place. Grâce à une trahison, Bourdon a obtenu le mot de passe et se faufile à l'intérieur.

Le Bas se tire un coup de pistolet et meurt sur le coup. Augustin Robespierre se jette par la fenêtre et ne réussit qu'à se briser une cuisse. Saint-Just se laisse arrêter sans résistance. Couthon, saisi et brutalement poussé dans l'escalier, tombe et se blesse gravement à la tête. Quant à Maximilien Robespierre, soit qu'il ait tenté de se suicider, soit qu'il ait été atteint par la balle du gendarme Merda, il est blessé à la mâchoire. On amène ensuite les prisonniers aux Tuileries, où les blessés sont sommairement pansés, puis on les conduit à la conciergerie, et, de là, à la guillotine.

L'après-midi du 10 thermidor, Robespierre et vingt et un de ses compagnons sont guillotinés sur la place de la Révolution (actuelle place de la Concorde). Le lendemain, soixante-dix autres les suivront dans la mort. Au total, 117 insurgés seront exécutés, pour l'essentiel des membres de la Commune insurrectionnelle.


Les principaux thermidoriens

Voici une liste non exhautive des principaux acteurs de la chute des Montagnards.

- Paul Barras
- Jean-Lambert Tallien
- Fouché
- Marc Vadier
- Billaud-Varenne
- Collot d'Herbois
- Jean-Baptiste Carrier
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MessagePosté le: 19/10/2006 14:45:00    Sujet du message: Exécution de Danton Répondre en citant

Exécution de Danton




Exécution de Georges Danton et des Dantonistes, le 15 germinal an II ( 5 avril 1794).

Après la lecture de leur condamnation à mort Georges Jacques Danton et les autres condamnés subissent le rituel de la toilette.


La toilette

François Chabot est très abattu et marche avec peine, car il avait tenté de s'empoisonner à la Prison du Luxembourg. il était seul, au milieu du bourreau ,de ses aides et des gendarmes et a murmuré plusieurs fois : "Et les autres". On l'a lié, on lui a coupé les cheveux. Lorsque Claude Basire est entré à son tour dans l'avant-greffe, François Chabot a couru vers lui, en s'approchant pour l'embrasser, il pleurait et lui disait :"Mon pauvre Basire c'est à cause de moi que tu vas mourir". Claude Basire l'a serré dans ses bras sans aucun mot de reproche. Les frères Junius Frey et Emmanuel Frey, Joseph Delaunay, l' Abbé d'Espagnac, et Disdericksen ont été amenés ensuite. Après eux sont venus successivement Pierre Philippeaux, Jean-François Delacroix,François-Joseph Westermann et Fabre d'Églantine, deux guichetiers soutenaient ce dernier qui était malade. Jean-François Delacroix regardait autour de lui avec un air morne. Pierre Philippeaux était très calme. Georges Danton arriva à son tour. Il criait : "Ton jugement, je m'en f.., je ne veux pas l'écouter ; nous autres révolutionnaires c'est la postérité qui nous juge, elle mettra mon nom au Panthéon et les votres aux gémonies". l'huissier Ducray reprit sa lecture de jugement, Danton l'interrompit encore, se répandant en invectives contre la tyrannie, contre le Tribunal révolutionnaire, contre le peuple qu'il accusait d'imbécillité. On ne put le faire taire et Ducray dut achever sa lecture sans que Danton l'entende. Poussé par les guichetiers, trâiné par les gendarmes, il a été amené dans l'avant-greffe. Aussitôt qu'il aperçut les condamnés déjà liés et les bourreaux, sa figure changea brusquement. Il avait pris un air indifférent, presque froid ; il marcha d'un pas décidé vers le bourreau, se laissa tomber sur une chaise, arracha le col de sa chemise, en disant: "Fais ta besogne, citoyen Sanson ". Charles-Henri Sanson le prépara lui-même. Danton avait les cheveux raides et durs comme du crin. Jean-Marie Hérault de Séchelles et Camille Desmoulins ont été amenés ensemble. Hérault de Seychelles était indifférent ; Camille Desmoulins pleurait et parlait de sa femme et de son fils avec des mots qui tiraient les larmes des yeux ; sitôt qu'il vit les bourreaux il se rua sur les aides ; il les repoussa et les frappa ; ses vêtements furent déchirés dans la lutte qui finit que lorsque les gendarmes s'en mêlèrent. Pour lui couper les cheveux, il fallut le maintenir à quatre sur sa chaise ; tantôt il se lançait en avant, tantôt il se renversait en arrière, faisant tomber ceux qui l'entouraient. En se débattant, il insultait les bourreaux ; ses amis ont essayé de le calmer. Fabre d'Églantine avec des paroles douces, Georges Danton avec autorité ; ce dernier lui dit : "Laisse ces hommes ; pourquoi t'en prendre à ces valets de la guillotine ? Ils font leur métier, fais ton devoir". alors il se mit à pleurer, il criait :"Lucile, à moi Lucile!"


Le parcours de la cour de Mai à la Place de la Révolution

Ducray donna le signal à 16 heures. On plaça un condamné entre chaque gendarmes, les autres gendarmes formant une seconde haie autour d'eux. Ils pénètrèrent dans la cour de Mai ainsi.


Première charrette

François-Joseph Westermann prit place dans la première charrette ainsi que Georges Danton qui était debout devant Charles-Henri Sanson et aux côtés de Jean-Marie Hérault de Seychelles, derrière eux, se trouvaient Fabre d'Églantine, Camille Desmoulins et Pierre Philippeaux ; François Chabot était le seul qui se soit assis, il souffrait beaucoup, il vomit plusieurs fois pendant le trajet. Claude Basire s'agenouilla auprès de lui, aidant le fils de Charles-Henri Sanson (Henri Sanson) à le soutenir et à l'encourager.


Deuxième charrette

Joseph Delaunay, les frères Junius et Emmanuel Frey, Andres Maria de Guzman, Disdericksen, l'abbé d'Espagnac et quatre aides bourreaux ont pris place dans la deuxième charrette.

L'escorte était aussi forte que celle de Marie-Antoinette d'Autriche et des Girondins. Fabre d'Églantine se lamentait encore sur la perte de sa comédie. Georges Danton l'entendit, il lui dit en riant :"Des vers avant huit jours tu en feras plus que tu ne voudras, et nous aussi". En sortant de la Conciergerie, l'escorte avait été entourée de la foule des hommes et des femmes de guillotine qui les attendaient. Abrutie par l'évènement, elle n'applaudit guère et ne proteste pas. Son indifférence contrastant avec les injures dont elle venait d'accabler les Hébertistes, a frappé les contemporains. En passant devant un café, les condamnés ont vu un homme assis sur le bord d'une fenêtre qui dessinait les condamnés sur un carton. Ceux-ci ont levé la tête et on dit :"David, David ! "Georges Danton a élevé la voix et lui a crié : "Te voilà valet : va apprendre à ton maître, comment meurt les soldats de la Liberté ! "David a continué à dessiner. Portes, fenêtres, volets, tout était fermé dans la maison de Maurice Duplay. Lorsqu'ils sont arrivés devant la maison, les condamnés ont envoyé mille moqueries à l'adresse de Maximilien de Robespierre qui était retranché dans la maison Duplay. "vil tartuffe" disait Fabre d'Églantine. Delacroix criait : "Le lâche, il se cache comme il s'est caché le 10 août". Camille Desmoulins : "Monstre, auras-tu soif après t'être gorgé de mon sang, faudra-t-il celui de ma femme !" La voix de Georges Danton dominait toutes les autres, sa figure qui avait toujours été rouge devenait violette : "Robespierre ; c'est en vain que tu te caches, tu y viendras, et l'ombre de Danton rugira de joie dans son tombeau quand tu seras à cette place !" Il ajoutait de grosses injures dont celle de J..F.. était la moindre.


Exécution

Au moment où les charrettes débouchèrent sur la place de la Révolution, Georges Danton aperçut l'échafaud ; les couleurs de son visage s'effacèrent, et ses yeux devinrent humides. Charles-Henri Sanson le regarda avec attention et cela déplut à Georges Danton qui poussa le bourreau rudement du coude en lui disant : "N'as-tu pas une femelle et des petits ?" Charles-Henri Sanson lui répondit que oui : alors il a reprit avec le même accent : "Moi aussi : eh bien ! pensant à eux, je redeviens un homme". Il baissa la tête et murmura : "Ma femme bien-aimée, je ne te reverrai plus ; mon enfant, je ne te verrai donc pas" (mais Mme Danton (Louise Gély) n'était cependant pas enceinte à l'époque de la mort de son mari; elle n'aura de descendance que de son deuxième mariage avec Claude Etienne Dupin, futur préfet des Deux-Sèvres sous l'Empire et baron sous la Restauration). La charette en s'arrêtant l'a rappelé à lui ; il a secoué sa tête et il est descendu en disant : "Danton, point de faiblesse". Invisible dans la foule qui entoure l'échafaud, le fidèle abbé Grayo de Keravenant, prêtre non-jureur rescapé du massacre des Carmes en 1792, est venu assister aux derniers instants de Georges Danton qu'il a marié religieusement, dans le secret, en juin 1793. Joseph Delaunay, François Chabot, Claude Basire, les frères Junius et Emmanuel Frey, Guzmann, Disdericksen, l'abbé d'Espagnac sont les premiers à mourir. Lorsque Camille Desmoulins arriva près de Charles-Henri Sanson, il lui demanda de lui rendre un dernier service ; il dit au bourreau de prendre dans sa main une mèche de cheveux et de la porter à la mère de sa femme, Mme Duplessis. Il a pleuré en prononçant ces derniers mots. A ce moment on relevait le couperet qui venait d'ôter la vie à François Chabot ; il a regardé le fer tâché de sang, et murmura : "Ma récompense, ma récompense". Il a regardé le ciel et s'est laissé conduire sur la bascule, il a répété à plusieurs reprises le nom de Lucile. Charles-Henri Sanson fit le signe et le couperet est tombé. Fabre d'Églantine, Jean-François Delacroix, François-Joseph Westermann, Pierre Philippeaux ont été exécutés après Camille Desmoulins. Westermann a crié plusieurs fois : "Vive la République ! " Fabre d'Églantine se disait à lui-même : "Sachons mourir". Hérault des Seychelles est monté ensuite, et Georges Danton avec lui sans attendre qu'on lui commandât et sans que personne n'osât s'y opposer. Les aides avaient déjà saisi Hérault des Seychelles quand Georges Danton s'est approché pour l'embrasser. Jean-Marie Hérault des Seychelles poussé vers la bascule, ne put lui rendre ce dernier adieu, Georges Danton s'écria : "Les imbéciles ! Empêcherez-vous nos têtes de se baiser au fond du panier ?" Il a regardé mourir son ami avec un grand sang-froid ; pas un muscle de son visage n'a bougé. La bascule n'était pas encore débarrassée, la lunette nettoyée, qu'il s'avançait ; Charles-Henri Sanson l'a retenu, il lui a conseillé de se retourner pendant qu'on enlevait le cadavre, il a haussé les épaules avec une expression dédaigneuse : "Un peu plus, un peu moins de sang sur ta machine, qu'importe ? a-t-il dit au bourreau ; n'oublie pas surtout de monter ma tête au peuple, il n'en voit pas tous les jours de pareille !" Puis ce fut la fin. Lorsque, selon son dernier vœu, on a promené la tête de Georges Danton autour de l'échafaud, on a crié : Vive la République ! mais les cris étaient circonscrits dans les alentours de la guillotine.


Inhumation

Le Cimetière de la Madeleine où sont inhumés Louis XVI de France, Marie-Antoinette d'Autriche et les Girondins ayant été fermé par décision du département, les quinze cadavres des Dantonistes ont été portés dans un enclos limitrophe de l'ancien cimetière de la Madeleine, puis à la nuit, jetés au Cimetière des Errancis que l'on vient d'ouvrir. Plus tard, lorsque les travaux seront effectués pour aménager le carrefour Malesherbes vers 1860, les ossements seront déposés pêle-mêle aux catacombes de Paris
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MessagePosté le: 19/10/2006 14:48:28    Sujet du message: Conspiration de Bicêtre Répondre en citant

Conspiration de Bicêtre




Conspiration de Bicêtre, le 28 prairial an II (16 juin 1794).


Le nombre des détenus n'a cessé d'augmenter dans les prisons de Paris. Armand Herman, l'instigateur du "Complot des prisons" s'en était même inquiété auprès de Fouquier-Tinville la Conciergerie ne peut accueillir que 400 détenus et ils sont 600 entassés. Il trouvèrent un moyen de désengorger les prisons en inventant le "Complot des prisons".

Ce sont quarante-deux victimes qui viennent de la Prison de Bicêtre. Armand Herman, ministre de la Justice, a en effet inventé une nouvelle manière d'augmenter le rythme des condamnations. Ce fut la "Conspiration des prisons". On introduisit des "moutons" à la solde du Tribunal révolutionnaire, chargés d'expionner et de dénoncer les "conspirateurs". Le choix des espions, presque tous précedemment condamnés comme voleurs ou assassins a sans doute été prémédité : on espère étouffer l'intérêt que pourraient exciter ceux qui viendront après, et il en viendra ; On répand que les prisonniers s'agitent.


Mise en place de la conspiration

Les nommés François-Norbert Lucas et Pierre Balin sont des compagnons serruriers, tous deux condamnés l'un à dix ans, l'autre à dix-huit ans de fers pour vol. Ils avaient préparé leur évasion. Ils avaient reçu du dehors dans un pain une lime avec laquelle ils avaient commencé à scier les barreaux d'une fenêtre donnant sur le mur de ronde. Ils eurent l'imprudence d'annoncer tout haut que le lendemain ils seraient libres et de proposer à un denommé Valagnos, ouvrier peintre, de s'enfuir avec eux Valagnos était un espion ; il les fit causer et leur opposer qu'une fois parvenus dans les chemins de ronde ils auraient à tromper la surveillance des factionnaires. Valagnos fit son rapport. Dupaumier, administrateur de police pratiqua une perquisition dans le cachot de François-Norbert Lucas et de Pierre Balin ; il y découvrit une lime et une échelle, des morceaux de lisières de draps réunis et tordus. Sur ce projet d'évasion, Dupaumier et Valagnos, son second, échafaudèrent un romanesque complot qui tendait (texte de la prison) - qu'à forcer les postes de prisons à s'emparer des citoyens composant la force armée qui gardait la prison de Bicêtre, à se rendre à la Convention pour égorger les représentants du peuple membres des Comités -. Tous les détenus qu'il a plu à Valagnos de dénoncer ont été jugés par le Tribunal révolutunnaire et condamnés à mort.


Jugement des "conspirateurs"

Le jugement des "conspirateurs" fut fait en bloc dans la salle dite de la Liberté (grand'chambre), il était au nombre de 35, ils furent accusés "de conspiration contre la République avec le dessein de renverser le pouvoir au profit de menées révolutionnaires" On y adjoindra 5 prévenus, condamnés dans la salle dite de l'Égalité : Sébastien Filoux (prêtre), un instituteur, Jacques Lamarche (jardinier), Jules-Henry Bulhem (clerc de 18 ans), Eugénie Minette (couturière) condamnée pour n'avoir pas voulu donner son livre de prières.


Liste des noms des condamnés

Pierre Balin (serruier) ; Nicolas Belleguelle (courrier de dépêches; Jean-Paul Grand (tisseur de gazes); Joseph Leroy (buffletier) ; François Dupont (marchand forain) ; Jacques-Hyppolyte Curon (domestique) ; Etienne Bridier (ex-valet de chambre) ; Constant Bourquien ((abbé) ; Nicolas Janiot (fondeur); Paul Berson (dit Sans-Souci, cordonnier) ; Louis Laforge (boutonnier) ; Etienne Prevost (patissier) ; Pierre Chevalier (marchand de chevaux) ; Jacques Valention (porteur d'eau) ; Pierre-Joseph Masse (menuisier) ; Lucien-Joseph Richet (tanneur) ; Pierre-Louis-Chéri Bonne (menuisier) ; Georges Offroy (ex-secrétaire de la Section des Invalides ; Casimir-Prosper Neveux (charron) ; François-Xavier Delattre (cordonnier) ; Jean Ladrey (menuisier) ; Frédéric Paulet (marchand forain) ; Charles Quitre (tapissier) ; Jacques-Gabriel Arpillot (ouvrier en soie) ; Nicolas Poirier (cordonnier) ; Louis Legrand (domestique) ; Ernest Berton (marchand de vin) ; Grégoire Tournier (brocanteur) ; Jean-Baptiste Delvaux (chiffonier) ; François-Norbert Lucas (serrurier) ; Pierre Dumont (boulanger) ; André Salef (fabricant de cordes à violon) ; Benjamin-Louis Mauclair (libraire) ; Alexandre Bénard (sculpteur en marbre) ; Lucien Veyssier (marchand de chevaux) ; Maurice Guyard (menuisier) ; Charles-Robert Staplère (jardinier). Ont été exécuté avec eux : Sébastien Filoux (curé de Mortemart (Haute-Vienne) ; Louis-Charles Horion (musicien) ; Jacques Lamarche (jardinier) ; Jules-Henry Bulhem (Clerc) ; Charles Rabourbin (vicaire) ; Eugénie Minette (couturière).


Toutes ces victimes furent inhumées au Cimetière de Picpus le 16 juin 1794
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MessagePosté le: 19/10/2006 14:59:34    Sujet du message: Exécution des Chemises rouges Répondre en citant

Exécution des chemises rouge




Le 29 prairial an II (17 juin 1794), ce jour sont jugées 61 victimes, connues sous le nom de "Chemises rouges". pour ces condamnés, on a fabriqué en toute hâte de la toile de sac des "chemises rouges", tenues d'infamie réservées jusqu'alors aux seuls assassins.

A l'origine seuls Henri Admirat, André Santonax, Cécile Renault, son père, Antoine Renault, son frère, Antoine-Jacques Renault, et sa tante Edme-Jeanne Renault (ex-religieuse), devaient porter ses chemises rouges, lorsque l'ordre arriva du Comité de sûreté générale d'en revêtir les 54 condamnés sans exception.

A Henri Admirat et à Cécile Renault, on avait donné un grand cortège de comparses, dont certains était compromis dans le grand complot financier dont Jean de Batz fut le premier agent. Parmi ces complices bien que plusieurs d'entre eux eux étaient sous les verrous lorsque les deux assassins avaient tenté leur coup, se trouvaient Jean-Baptiste Michonis, compromis dans le Complot de l'Oeillet, Charles-Marie-Antoine Sartine (fils de l'ancien lieutenant de police), André Saintenax (étudiant en chirurgie); dde grands seigneurs, la veuve du conseiller du Parlement de Paris, Françoise-Antoinette d'Espremenil. Ce complot de Jean de Batz fut rattaché aux tentatives d'assassinat de Cécile Renault et d'Henri Admirat par un tour de force que seul Fouquier-Tinville connaissait.


Procès

Les membres du Comité de salut public ont donné un grand retentissement à ce procès qu'on a appelé le procès des assassins de Robespierre, Comme si Jean-Marie Collot d'Herbois n'avait pas été frappé aussi bien que lui ; et, en même temps que, par la pompe, l'éclat du supplice de ses assassins, ils le désignaient comme aspirant à la toute-puissance, ils ont tenté de saper la réputation qui fait la force de Maximilien de Robespierre.

Ils ont introduit dans cette affaire deux femmes, la comtesse de Sainte-Amaranthe et sa fille Louise, avec lesquels Augustin Robespierre avait des relations, et ils ont propagé divers bruits : que l'une de ces femmes avait été la maîtresse de Maximilien de Robespierre, qui aurait demandé sa tête parce que, dans une débauche, elle avait surpris le secret de ses aspirations à la royauté ; que Louise de Sainte-Amaranthe était envoyée à la guillotine parce qu'elle avait refusé les avances de Louis Antoine Léon de Saint-Just.


Toutes ces victimes sont inhumées au Cimetière de Picpus à Paris
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MessagePosté le: 19/10/2006 15:08:30    Sujet du message: Conspiration des prisons Répondre en citant

Conspiration des prisons




La Conspiration des prisons désigne une série d'exécutions lors des derniers jours de la Terreur, les 19, 21, 22, 25 messidor et les 5 ,6 ,8 thermidor an II (7, 9 - 10, 13, 23 - 24 et 26 juillet 1794).


Contexte

Le Comité de Salut public et le Comité de sûreté générale se livrent à un effroyable assaut de patriotiques exterminations et ce sont des malheureux suspects qui en font les frais ; c'est avec les têtes de ces derniers que se marqueront les points de celui qui gagnera ou perdra la partie.

À l'affaire de Bicêtre, organisée par le Comité de sûreté générale, les Robespierristes du Comité de salut public ripostent par l'affaire du Luxembourg ; au chiffre de 74, ils pourront opposer celui de 154 ; des hommes flétris par des condamnations antérieures vénérables magistrats, des nobles, des prêtres, des grands seigneurs, de véritables aristocrates enfin.

Ce fut Armand Herman qui se chargea de mener à bien la conspiration.


Mise en place de la conspiration

Un des administrateurs de la Prison du Luxembourg, Wiltcherich, qui n'était pas à son premier coup d'essai, qui déjà avait fabriqué le grand complot d'Arthur de Dillon et de la femme de Camille Desmoulins (Lucile Desmoulins) (5 au 13 avril 1794), l'aida beaucoup dans sa tâche ; Wiltcherich s'assura de collaborateurs subalternes ; un capitaine, Pierre Joseph Boyenval que l'armée révolutionnaire avait trouvé indigne d'elle ; Beaussire, pamphlétaire, dont l'épouse – Nicole Leguay, soi-disante baronne d'Oliva – était surtout célèbre pour avoir été mêlée à l'Affaire du collier de la reine (1784-1785) ; un guichetier nommé Vernay ; un ancien aide de camp du général Jean-François Carteaux, nommé Amans, un voleur « bon pour le gibet ». Réunis en concile, les quatre « brigands » font leur choix ; ils se consultent, ils trient, ils épurent. Ce ne sont pas seulement les titres qui désignent les coupables à la dénonciation vengeresse de ces honnêtes citoyens, ce sont des rancunes, des caprices ou d'amoureuses fantaisies. Tel a conspiré parce qu'il avait refusé de laisser un des quatre hommes se servir dans sa tabatière, tel autre parce qu'il n'était pas généreux avec le guichetier, un troisième parce qu'il était le mari d'une femme que Boyenval daignait trouver agréable (il avait inscrit sur la liste des condamnés un nommé Gant dont l'épouse était également enfermée à la prison du Luxembourg. Il déposa contre Gant et le soir il était aux pieds de la femme apeurée ; deux jours après on le voyait donner le bras à celle dont il venait d'envoyer le mari à la guillotine).

Lorsque le nombre de conspirateurs eut atteint le nombre de 154, on s'arrêta. La liste fut expédiée au nom du Comité de salut public, du bureau de police générale que présidait Armand Herman à Fouquier-Tinville sans avoir été soumise au Comité de salut public. Fouquier-Tinville conclut qu'il jugera d'un seul coup les 154.


Jugement des conspirateurs de la prison du Luxembourg

Les conspirateurs de la prison du Luxembourg furent partagés par Armand Herman en trois catégories qui durent être jugées en trois séances.


Première séance - 19 messidor (7 juillet 1794)

Jamais même devant le Tribunal révolutionnaire, procédure n'avait été conduite avec un tel mépris de la plus vulgaire équité. Cinquante-neuf accusés étaient sur les bancs, cinquante neuf furent guillotinés et parmi eux un homme de 80 ans, Jean-Baptiste-Augustin de Salignac Fénelon. Denis-Pierre-Jean de Papillon dit « de la Ferté », Guillaume-Joseph Dupleix de Banquourt ci-devant intendant de Bourgongne, Antoine-François-Marie Randon de la Tour (administrateur du Trésor public), Louis-Joachim-Paris Potier de Gesvres (duc et pair) et (compatriote de Louis-Antoine-Léon Saint-Just), Charles-Alexandre-Marc-Marcellin de Boussu de Chimay, prince d'Hénin, Aymar-Charles- Nicolaï(ex-premier président de la Chambre des Comptes) partagèrent son sort.


Deuxième séance - 21 messidor an II (9 juillet 1794)

Cette séance se composait de cinquante accusés. Elle eut cette chose de remarquable que deux des prévenus furent acquittés ; l'un d'eux, il est vrai, était un enfant de 14 ans.


Troisième séance - 22 messidor an II (10 juillet 1794)

Dans cette séance était présent Georges-Louis Leclerc de Buffon (fils du célèbre naturaliste Georges Louis Leclerc, comte de Buffon) qui lorsqu'il monta à l'échafaud cria avec reproche : « Je suis le fils de Buffon. » Jacques-Raoul Caradeuc de la Chalotais était dans un état de démence connue. À dater du 25 messidor an II (13 juillet 1794), le chiffre des victimes quotidiennes ne descend jamais au-dessous de trente, quelque fois il atteint celui de soixante. Tous les noms illustres de l' Ancien Régime figurent sur la liste des accusés. Mais, chose surprenante, sur cette liste figurent de misérables journaliers, des soldats, des laboureurs qui sont majoritaires chez les accusés.


Jugement des conspirateurs des prisons des Carmes et de Saint-Lazare

On avait « purgé » la prison du Luxembourg, de la même façon on l'appliqua à d'autres maisons de détention. Ce fut encore le bureau d'Armand Herman qui provoqua les dénonciations. Elles amenèrent devant le Tribunal révolutionnaire cinquante et un prisonniers de la Prison des Carmes et soixante-dix-sept de la Prison Saint-Lazare.


Séance du 5 thermidor an II - (23 juillet 1794)

Les premiers détenus de la prison des Carmes furent jugés le 5 thermidor an II ; quarante-six ont été condamnés à mort. Parmi eux : André-Jean Boucher d'Argis (ex-lieutenant particulier au Châtelet) ; François-Charles-Antoine d'Autichamps (chanoine à Notre-Dame) et frère du général vendéen ; Louis de Gouy d'Arcy (ancien député à l'Assemblée constituante) ; Le général Alexandre François Marie de Beauharnais ; Joachim-Charles de Soyecourt ; Louis-Armand-Constantin, prince de Rohan-Montbazon ; Gilles de Santerre (banquier) ; et Louis de Champcenetz (collaborateur au journal royaliste Les Actes des Apôtres). Les détenus des Carmes furent accusés d'avoir formé le projet de s'évader.


Comparution des détenus de la prison Saint-Lazare

Séance du 6 thermidor an II - (24 juillet 1794)

Les détenus de la prison de Saint-Lazare comparaissent à leur tour. Ce fut à cette séance que Fouquier-Tinville fit un affreux jeu de mot resté tristement célèbre. Marie-Louise de Laval-Montmorency âgée de soixante-douze ans était sourde. Jean-Baptiste Coffinhal, qui présidait l'ayant interrogée elle garda le silence et comme Fouquier-Tinville lui adressait la parole à son tour, un des accusés lui fit observer que la prévenue n'entendait pas. Fouquier-Tinville murmura : « C'est bon, c'est bon, nous mettrons sur la sentence qu'elle a conspiré sourdement. » Les écrivains sont aussi assis sur les bancs des accusés. André-Marie Chénier et Jean-Antoine Roucher. Avec ces écrivains comparaissent le baron Frédérik de Trenck, âgé de soixante-dix ans, l'ancien conseiller Louis-Valentin Goesman. Parmi les vingt-quatre condamnés on remarque encore le marquis Gratien de Montalembert et de Roquelaure, le duc Charles-Alexandre de Créqui de Montmorency, le comte Henri-joseph de Bourdeille, le frère Joseph Raoul.


Séance du 8 thermidor an II - (26 juillet 1794)

Le 26 juillet 1794 le marquis Louis-Armand-Joseph d'Usson (soixante-quatorze ans) ; le comte de Beausset ; Desfossés (ex-député de l'Assemblée constituante) ; Nicaut (ex-conseiller au parlement de Dijon) ; Athanase-Jean Boucher (secrétaire de Jean-Sylvain Bailly) ; Dorothée de Cambon (femme d'un ex-président du parlement de Toulouse) ; les deux frères Trudaine (Charles-Louis et Charles-Michel) et dix-sept accusés furent condamnés à mort. Une deuxième séance, réunie aux vingt-deux de la conspiration de Saint-Lazare, porte le nombre total des exécutés du 8 thermidor an II à cinquante trois. Ces cinquante trois condamnés firent partie de la célèbre dernière charrette de la Terreur.


Toutes les victimes de la conspiration des prisons furent inhumées au Cimetière de Picpus.

Après la chute de Maximilien de Robespierre le 9 thermidor an II (21 juillet 1794) les prisons furent ouvertes et les prisonniers libérés
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MessagePosté le: 19/10/2006 15:14:06    Sujet du message: Insurrection d'avril 95 Répondre en citant

Insurrection d' avril 95




Insurrection du 12 germinal an III (1er avril 1795)


Insurrection jacobine et populaire à Paris dirigée contre la Convention thermidorienne. Les manifestants réclamaient du pain et la Constitution démocratique de l'an I (1793). Les manifestants furent sévèrement dispersés, sur ordre de la Convention par le général Jean-Charles Pichegru qui était de passage à Paris.


Les derniers Montagnards furent déportés Jacques Nicolas Billaud-Varenne, Bertrand Barère de Vieuzac. Cet échec populaire, avec celui des journées du 1er prairial an III (1795) marqua la fin du mouvement révolutionnaire.
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MessagePosté le: 19/10/2006 15:18:33    Sujet du message: Insurrection de mai 95 Répondre en citant

Insurrection de mai 95




Insurrection du 1er prairial an III (20 mai 1795).


Origine


Nom donné lors de la Révolution française, à l'insurrection jacobine et populaire à Paris contre la Convention thermidorienne, alors dirigé par François-Antoine de Boissy d'Anglas. Elle fut provoquée par la misère et la disette consécutives à une importante hausse des prix, due à la grave dépréciation des assignats.


Insurrection

Entraînés par les sections jacobines de Paris (Faubourg Saint-Antoine et Saint-Marceau, les émeutiers, aux cris de "du pain et la Constitution de l'an I" (constitution de 1793) envahirent, le 20 mai 1795, la Convention. Ils assassinent Jean Féraud, député des Hautes-Pyrénées, sa tête coupée est mise au bout d'une pique et présentée au président de la Convention qui la salue. Quelques Montagnards tentèrent de restaurer le gouvernement révolutionnaire, mais les troupes commandées par le général Jacques-François Menou refoulent les insurgés les 21 et 22 mai 1795 et les désarment. La majorité de la Convention fait arrêter les derniers montagnards (parmi lesquels Charles-Gilbert Romme). Une dizaine de députés montagnards furent exclus de la Convention. La garde nationale fut épurée et ne compta plus que des bourgeois aisés, les sociétés populaires et les clubs furent fermés.

Pour la première fois depuis 1789, l'armée bien qu'issue de la Révolution, a réprimé une insurrection populaire
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MessagePosté le: 19/10/2006 15:23:33    Sujet du message: Débarquement des émigrés à Quibéron Répondre en citant

Débarquement des émigrés à Quibéron





Le débarquement des émigrés à Quiberon débuta le 23 juin et fut définitivement repoussé le 21 juillet 1795. Organisé afin de prêter main-forte à la Chouannerie et à l'armée catholique et royale en Vendée, il espérait soulever tout l'Ouest de la France afin de mettre fin à la Révolution française et de permettre le retour de la monarchie. Cette opération militaire de contre-révolution eut un grand retentissement, et porta un coup funeste au parti royaliste.

Louis XVIII de France et le comte d’Artois (futur Charles X de France) s’étaient partagés les affaires et les zones d’’activités contre-révolutionnaires:

à Louis XVIII, en dehors de la politique générale, la région s’étendant des Alpes aux Pyrénées et englobant Lyon,
au comte d’Artois les provinces de l’Ouest : Vendée, Bretagne, Normandie.
Le comte d'Artois nomma Joseph de Puisaye général en chef de Bretagne, choix qui n'était pas mauvais puisque ce général joignait aux talents militaires une expérience certaine en matière de politique et de diplomatie. Charles Alexandre Léon Durand de Linois y perd un œil.


Les erreurs commises dans la préparation du débarquement

Première erreur

Joseph de Puisaye joua à fond la carte "anglaise". Ce fut sous sa direction qu'on prépara le débarquement à Quiberon. Mais sumultanément, à Paris fonctionnait l'alliance royaliste pour le compte de Louix XVIII. Elle avait un représentant à Londres et fit tant que Joseph de Puisaye se trouva à demi discrédité avant le départ de l'expédition. On lui imposa un second choisi par l'alliance de Paris : le comte Louis Charles d'Hervilly. On délivra à celui-ci des instructions si ambiguës qu'il était à même de contester les ordres de Joseph de Puisaye, voire de revendiquer le commandement suprême.


Deuxième erreur

Ce ne fut point la seule maladresse commise. Nombre d'émigrés préféraient que le débarquement eut lieu en Vendée, mais c'eût été davantage François de Charette qui se posait en rival de Joseph de Puisaye. On choisit donc la presqu'île de Quiberon en dépit des inconvénients qu'elle présentait : ce n'était qu'une étroite lande de terre : les hauts-fonds interdisaient l'accès d'une partie de ses côtes.


Troisième erreur

Une autre erreur fut d'habiller les volontaires en soldats britanniques : les Bretons n'aimaient guère les vestes rouges et pour cause.


Quatrième erreur

La dernière faute fut de compléter les effectifs par des prisonniers républicains détenus sur les pontons britanniques : il était évident qu'ils retourneraient leur veste à la première occasion, car ils détestaient les Britanniques autant que les émigrés.

Le comte d'Artois n'avait même pas été consulté sur le choix ni sur la date de l'expédition. C'était cependant en son nom que Joseph de Puisaye agissait puisque le comte d'Artois assumait théoriquement la responsabilité des opérations dans l'Ouest de la France.


Expédition de Quiberon

Deux escadres appareillèrent, transportant deux divisions d'émigrés. Elles étaient commandées par les amiraux Bridport et Warren. Louis Thomas Villaret de Joyeuse sortit de Brest et attaqua l'escadre de Warren à la hauteur des îles de Glénan, le 22 juin 1795, il dut retraiter promptement vers l'île de Groix et perdit deux vaisseaux de ligne. les Britanniques étaient désormais maîtres de la mer.


Négociation entre les deux chefs français

Le 26 juin 1795, ils mouillèrent l'ancre devant Quiberon. Le débarquement pouvait commencer. Ce fut alors que le comte Louis Charles d'Hervilly sortit sa lettre de nomination et revendiqua le commandement suprême. Une journée entière fut perdue en discussions orageuses, en négociation entre les deux chefs. Le comte Louis Charles d'Hervilly finit par se soumettre, mais l'effet de surprise fut manqué. Pendant ce temps-là, les émigrés manifestaient leur impatience, et leur étonnement devant cet inexplicable retard. Quant aux Chouans bretons rameutés par Georges Cadoudal, ils soupçonnaient déjà une trahison. L'effet moral s'avérer désastreux. Ce retard d'une journée fut l'ultime faute du commandement royaliste ; il laissa le temps aux Bleus de l'armée des côtes de Brest de se rassembler. Les premiers succès firent illusion.


Débarquement

Le débarquement s'opéra sans difficulté. Le fort Penthièvre qui barrait la route vers le nord de la presqu'île opposa une résistance insignifiante. La jonction avec les bandes chouannes se fit comme prévu. Des villages furent occupés. Mais le général Lazare Hoche eut le temps de regrouper ses unités. Aucune opération d'ensemble ne fut entreprise par Joseph de Puisaye assez vite pour l'inquiéter. Lazare Hoche fit bientôt de Quiberon une véritable ratière. Les divisions chouannes placées en avant du dispositif de Joseph de Puisaye furent toutes balayées. On ne les avaient pas amalgamées aux divisions royalistes, ce qui était une erreur de plus. Le comte d'Hervilly ne daigna pas les soutenir en temps utile. Malgré de furieux assauts, on ne put rompre l'encerclement républicain. Lazare Hoche put alors passer à la contre-attaque. Le fort de Penthièvre lui fut livré par trahison. Joseph de Puisaye jugeant la situation désepérée, se rendit à bord du vaisseau amiral afin de limiter la défaite : on l'accusa par la suite d'avoir déserté pour sauver sa vie.


Exécution des royalistes

Lazare Hoche avait promis verbalement que les royalistes seraient considérés comme prisonniers de guerre. Cette promesse ne fut pas tenue. L'héroïque Charles de Virot, marquis de Sombreuil et 750 de ses compagnons furent jugés par un tribunal militaire et fusillés à Auray. Ils étaient tous nobles : beaucoup d'entre eux avaient servi dans la marine de Louis XVI.

La Charteuse d'Auray conserve la liste gravée en hâte et un caveau contenant les restes de 952 prisonniers de l'armée royale passés aux armes du 1er au 25 août 1795 après la défaite du débarquement de Quiberon.


À l'endroit des exécutions, le Champ des martyrs, leurs dépouilles demeurèrent enfouies sur place jusqu'en 1814. En 1829, on édifia une chapelle expiatoire en forme de temple.
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MessagePosté le: 19/08/2017 14:56:08    Sujet du message: La Révolution

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