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La Révolution
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André grandier
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MessagePosté le: 17/10/2006 20:29:09    Sujet du message: La Révolution Répondre en citant

La Journée des tuiles



Le 7 juin 1788 des émeutes à Grenoble marquent le début de la Révolution française.


Grenoble vit dans une agitation extrême qui a pour origine une récolte qui s'annonce mauvaise en raison de la pluie et qui provoque une hausse du prix du pain. Plusieurs familles protestent contre la hausse des prix d'aliments de première nécessité et chargent les membres du parlement du Dauphiné de faire remonter leurs revendications auprès du Roi de France Louis XVI. Mais ces parlementaires progressistes qui acceptent de faire remonter les doléances du peuple se font sévèrement semoncer par les ministres parisiens. Ils sont ainsi forcés de quitter la ville de Grenoble sur ordre d'un chancelier royal. L'agitation du peuple grenoblois ne fait qu'augmenter progressivement jusqu'à atteindre son paroxysme le 7 Juin 1788.

Ce jour là, l'agitation est telle que le gouverneur du Dauphiné est obligé d'envoyer sa garnisons pour réprimer les débordements. Une partie des émeutiers grenoblois monte sur les toits et c'est une pluie de tuiles qui s'abbat sur les soldats aux abords du collège Jésuite (actuel lycée Stendhal), dans l'actuelle rue Raoul Blanchard (où passe actuellement le tram A entre la place Verdun et l'office du tourisme).

La journée des Tuiles sera suivie de l'assemblée de Vizille (près de Grenoble); elle répandra l'idée que le tiers état est un ordre aussi important que le clergé et la noblesse.
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MessagePosté le: 17/10/2006 20:29:09    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: 17/10/2006 20:46:48    Sujet du message: Réunion des états généraux Répondre en citant

Réunion des états généraux





Le 21 juillet 1788, les États généraux du Dauphiné se réunissent.

Cette réunion des États généraux du Dauphiné s'est faite sans l'autorisation royale à Vizille, près de Grenoble, dans le château de l'industriel Claude Périer. Une assemblée composée de 276 membres du Tiers État, 165 nobles et 50 ecclésiastiques du Dauphiné. Parmi ces membres étaient présents Antoine Barnave et Jean-Joseph Mounier.

Elle décide de convoquer les états de la province (avec doublement du tiers état), réclame la réunion rapide des États-généraux du royaume (avec également doublement du tiers état) et l'admission des roturiers à tous les emplois. Elle déclare que les impôts seront refusés jusqu'à leur vote par les États généraux, elle réclame le rétablissement des parlements.

Cette assemblée fut sucitée par l'opposition des parlementaires de l'assemblée provinciale du Dauphiné face à la réforme judiciaire de Maleshebres retirant aux Parlements l'enregistrement des édits royaux. Cette résistance avait déjà provoqué en juin 1788 la Journée des tuiles.
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Dernière édition par André grandier le 17/10/2006 20:55:17; édité 1 fois
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MessagePosté le: 17/10/2006 20:51:53    Sujet du message: Conspiration de la Cour Répondre en citant

Conspiration de la Cour




La conspiration de la Cour, c'est ainsi que l'on nommé la tentative du roi Louis XVI de dissoudre les états généraux et de rétablir le calme à Paris en faisant venir des troupes autour de Paris et de Versailles au début de 1789. Cet épisode culmina après le renvoi de Jacques Necker et la prise de la Bastille (14 juillet 1789), puis la reculade du roi.

On peut difficilement parler d'un complot de la Cour mais plutôt une tentative avortée du roi pour rétablir son autorité pleine et entière.
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MessagePosté le: 17/10/2006 21:04:59    Sujet du message: Cahier de doléance de l'Ahuillé Répondre en citant

Cahier de doléances de l'Ahuillé




Rappel


du latin 'dolere' : souffrir, se plaindre.

Les Cahiers de doléances sont des registres dans lesquels les assemblées chargées d'élire les députés aux États Généraux notaient vœux et doléances. Cet usage remonte au XIVe siècle. Les plus fameux cahiers de doléances restent ceux de 1789.

La rédaction de ces cahiers débutait dans les villages et les paroisses urbaines avec la rédaction de « Cahiers de Paroisses ». On établissait ensuite dans chaque baillage des Cahiers de baillage réduit à douze « Cahiers de Gouvernements ». Ces douze cahiers étaient eux-mêmes compilés pour donner trois « Cahiers de doléances », un par ordre.

En 1789, les cahiers de doléances ont presque valeur de sondage. Un résumé des cahiers est lu devant l'Assemblée constituante le 27 juillet 1789 par le comte de Toulouse. À noter que nombre de « griefs populaires » notés dans les cahiers de paroisses ne figurent pas dans les cahiers de baillage. Cette forme de censure est le fait des bourgeois qui n'ont pas vraiment les mêmes intérêts que le petit peuple.

Les cahiers de 1789 sont denses et on peut y trouver à peu près tout et son contraire. On notera toutefois que les cahiers ne remettaient pas du tout en cause le loyalisme au roi ou la propriété, notamment. La notion centrale de la Révolution est toutefois clairement identifié dans les Cahiers : l'Égalité. Égalité devant l'impôt et devant la loi sont des revendications bourgeoises ; elles triompheront à l'occasion de la Révolution.


Ahuillé (Mayenne) : cahier de doléances 1er mars 1789

Les habitants de la paroisse d’Ahuillé demandent d’une voix unanime :

1° La suppression totale de la gabelle, afin de faire cesser les désordres, brigandages et meurtres qu’elle occasionne sans cesse, et ramener la douceur et la pureté des murs nécessaires à la société.

2° Le reculement des traites sur les frontières du royaume.

3° Que les frais pour le recouvrement des impositions soient diminués, et que l’argent passe plus immédiatement dans les affaires du Roi.

4° Qu’il y ait plus de proportion entre les impositions des autres élections et celle de Laval.

5° Qu’il n’y ait dans tout le royaume qu’un poids, une aune et une mesure.

6° Que les biens nobles ou roturiers se partagent également entre des enfants à qui la nature a donné un droit égal.

7° Qu’on fasse examiner le chemin du bourg d’Ahuillé à Laval afin de constater la nécessité de le rendre praticable.

8° Que les curés soient tenus de déposer tous les ans, une somme entre les mains du syndic qui sera chargé de faire les réparations du presbytère et annexes.

9° Que les municipalités ayent la direction de la police, et ayent assez d’autorité pour empêcher le libertinage qui se commet dans des endroits nommés musse-pots, où on vend à boire encore plus la nuit que le jour, et où la jeunesse des deux sexes se corrompt et s’énerve plus que jamais, et ce qui est une des principales causes de la mendicité qu’on cherche à détruire.

10° Qu’on fasse cesser ces assemblées où, certains jours de fête, plusieurs paroisses se rassemblent pour se livrer à l’intempérance la plus monstrueuse et finir par des querelles souvent très sanglantes.

11° Qu’il y ait un bureau de charité, et que tous les décimateurs contribuent au soulagement des misérables.

12° Que les contestations qui naissent à l’occasion du passage des bestiaux dans des pâturages étrangers, puissent être vidées par deux experts de la paroisse nommés par la municipalité, lesquels experts feront l’estimation gratis.

13° Qu’il y ait une sœur de charité qui puisse secourir les malades exposés à périr faute de remèdes ou à des remèdes donnés à contre-temps.

14° Qu’on obtienne justice promptement à moindres frais, en rapprochant les tribunaux des justiciables.

15° Qu’on oblige les blanchisseurs et ceux qui se servent des fourneaux, à user du charbon de terre, afin de faire diminuer le prix du bois qu’on paye en campagne onze et douze francs la chartée.

Fait et passé le premier mars mil sept cent quatre vingt neuf, en l’assemblée des habitants de la paroisse d’Ahuillé, dont quelques uns ont signé avec nous.

Signé : F. LANDAIS, syndic, GAUDOUX, député, J. ROYNEL, J. BOUVET, Jean GOUDARD, Maurice ROUSSEAU, BARON, député, G. MAILLARD, BOUVET, etc.

CHEVAUCHERIE, greffier
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MessagePosté le: 17/10/2006 21:10:39    Sujet du message: Présentation des états généraux Répondre en citant

Présentation des états généraux





La présentation par ordre des 1200 députés au roi a eu lieu le 2 mai 1789 à Versailles.

Grande procession d'ouverture des états généraux à Versailles.

Le 2 mai 1789, les députés ont été présentés au roi. Ils ne sont pas tous présents, les députés de Paris notamment, ne sont pas encore élus. Au total, il y aura 1139 députés : 291 du clergé, dont 208 curés, 47 évêques et 36 abbés ; 270 de la noblesse ; 578 du tiers-état.

Pour la procession, ils ont dû se vêtir d'habits bien spécifiques selon les ordres :

costume noir pour les tiers-état
habit noir avec parements d'or, chapeau à plume pour la noblesse
costume ecclésiastique d'apparat pour le clergé.
De cette façon, Louis XVI démontre qu'il veut maintenir la distinction entre les trois ordres, donc le vote par ordre.
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MessagePosté le: 17/10/2006 21:36:41    Sujet du message: Etats généraux Répondre en citant

Etats généraux



Les États généraux de 1789 sont les derniers de l'Ancien Régime français.


Le contexte

Début 1788, tout le monde souhaite la tenue des états généraux, mais pour des objectifs, le plus souvent, incompatibles entre eux :


Les « privilégiés »

L'aristocratie souhaite en finir avec la monarchie absolue imposée par Louis XIV et incarnée par Louis XVI, et reprendre ainsi ses pouvoirs d'autrefois.
Le haut-clergé, qui profite globalement du système, désire (en majorité) le maintien du statu-quo. Aux états généraux la noblesse est représentée par 270 députés (dont 90 libéraux). Le clergé est représenté par 291 députés (dont 220 curés), la plupart acquis aux idées de réforme. Le clergé et la noblesse sont majoritaires en voix aux états généraux (2 contre 1), et toute décision a des chances de leur être favorable. Mais il existe déjà dans ces deux « États », d'ardents réformateurs qui ne sauraient tarder à devenir encore beaucoup plus engagés (cependant, à cette époque personne ne parle encore de révolution).
Le clergé et la noblesse ne forment pas des ordres totalement homogènes ; il faut noter la présence du bas-clergé, traditionnellement favorable au monde paysan, ainsi que l'existence d'une petite noblesse rurale -par exemple en Bretagne -, dont les perspectives sont bien différentes de celles de la Cour.


Le Tiers

578 députés, (207 officiers et hommes de loi, 211 hommes de loi de profession libérale parmi lesquels 160 avocats, et 110 commerçants, agriculteurs et industriels) forment le tiers état aux états généraux du 5 mai 1789. Concernant son « manque de représentation et de considération » (Beaumarchais), le Tiers est lui-même divisé sur nombre d'autres questions qui sont évoquées dans les cahiers de doléances :

La bourgeoisie, plutôt urbaine, enrichie par le commerce ou la finance, ouverte aux Lumières voit sa force économique naissante bloquée par ses origines roturières et réclame une égalité de traitement : les nobles seuls ont accès aux postes d'officiers ou de la haute fonction publique, et sont dispensés de taxes. Ces revendications sont à la fois sociales et économiques.
La paysannerie n'est pas représentée, mais s'appuie sur le Tiers-Etat. Elle vit de ses maigres récoltes en fonction des aléas du temps, et croule sous la pression fiscale qui lui est infligée : elle demande un rééquilibrage du système fiscal et son extension aux privilégiés mais aussi le droit de chasse... Tout cela pourrait se faire à l'occasion des états généraux, à condition que le tiers état y soit mieux représenté et que le vote s'y fasse par tête plutôt que par Ordre ;






Le Roi

Le roi lui-même, confronté à une dette de l'État sans précédent, doit trouver une solution pour faire rentrer rapidement de l'argent dans les caisses. Dans son idée, la délégation de cette décision aux états généraux lui permet de se dissocier d'une mesure qui sera à coup sûr impopulaire.


Convocation des états généraux (janvier)

Le 8 août 1788, le marasme financier et la dégradation de la situation dans tout le pays amènent Louis XVI à convoquer les états généraux du royaume pour le 1er mai 1789. Le 27 décembre 1788, le Conseil d'État décide que le bailliage sera l'unité électorale de base, qu'il y aura au moins 1 000 députés en fonction de la population et du montant des contributions de chaque baillage, et surtout qu'il y aura doublement de la représentation du Tiers-État.

L'élection des représentants a lieu en janvier 1789 et suscite une participation très variable. Les représentants du Tiers-État sont désignés de façon indirecte. Seuls les hommes de plus de 25 ans et payant l'impôt ont le droit de voter. Le 14 janvier, le roi adresse la lettre de convocation suivante :

Lettre de convocation des états généraux à Versailles :

« De par le Roi,
Notre aimé et féal.
Nous avons besoin du concours de nos fidèles sujets pour Nous aider à surmonter toutes les difficultés où Nous Nous trouvons relativement à l'état de Nos finances, et pour établir, suivant nos voeux, un ordre constant et invariable dans toutes les parties du gouvernement qui interessent le bonheur de nos sujets et la prospérité de Notre royaume. Ces grands motifs Nous ont déterminé à convoquer l'Assemblée des Etats de toutes les provinces de notre obéissance, tant pour Nous conseiller et Nous assister dans toutes les choses qui seront mises sous nos yeux, que pour Nous faire connaitre les souhaits et doléances de nos peuples, de manière que par une mutuelle confiance et par un amour réciproque entre le souverain et ses sujets, il soit apporté le plus promptement possible un remède efficace aux maux de l'Etat, que les abus de tous genre soient réformés et prévenus par de bons et solides moyens qui assurent la félicité publique et qui nous rendent à Nous particulièrement, le calme et la tranquillité dont Nous sommes privés depuis si longtemps.
Donné à Versailles, le 24 janvier 1789. »

Ouverture des états généraux (mai)

L'ouverture des états généraux a lieu le 5 mai dans une salle aménagée dans l'hôtel des Menus-Plaisirs à Versailles et dénommée pour la circonstance salle des trois ordres. Cette date marque le début de la Révolution française.

Sur 1139 députés, 291 appartiennent au clergé et 270 à la noblesse. La première séance, le 5 mai, est présidée par Louis XVI en personne, le clergé s'assied à la droite du trône, la noblesse à gauche, le Tiers-État en face. Les orateurs sont le roi, le garde des sceaux, Barentin, et le ministre des finances, Jacques Necker.

Sous les applaudissements unanimes des trois ordres, Anne Louis Henri de La Fare, l'évêque de Nancy, prononce le discours d'ouverture des états généraux.

Necker prononce un discours qui dure trois heures et durant lequel le roi lui-même s'endort. Ce discours fait prendre conscience aux députés que la situation financière du royaume est désastreuse. Il fait apparaître que la situation générale en France est beaucoup plus confuse qu'on ne le pensait ; le gouvernement est totalement désorienté.

Barentin, le garde des Sceaux, fait ensuite dans son discours un éloge du roi. Seul le contrôleur des finances aborde les raisons pour lesquelles les états généraux sont réunis : le déficit du budget. Mais il affirme qu'il sera aisé d'y remédier. Il ne parle pas du problème qui préoccupe le plus les députés : le vote par ordre, ou par tête, à l'issue de la séance solennelle, qui conditionne toute réforme.


Les dissensions

Des dissensions éclatent très rapidement sur la manière de voter. Le clergé et la noblesse souhaitent que le vote ait lieu par ordre, ce qui leur assure la majorité ; le tiers-état réclame le vote par tête, ce qui lui assurerait l'égalité et que les débats aient lieu en commun. Le tiers fait valoir qu'il représente à lui seul la Nation, et refuse ainsi de quitter la place. Le 17 juin, le tiers état invite les députés des deux autres ordres à les rejoindre. Certains d'entre eux, des nobles libéraux (Lafayette) et des clercs proches du peuple, s'unissent au troisième ordre. On assiste ainsi à une révolution à caractère juridique : la suppression des ordres face au roi, auxquels se substitue une représentation nationale en une seule assemblée. Le groupe ainsi constitué se proclame donc Assemblée nationale, sur la motion de l'abbé Sieyès. Devant ce premier acte révolutionnaire, Louis XVI, contre l'avis de Necker, fait fermer la salle des états que préside Bailly.


La nouvelle Assemblée nationale trouve un autre lieu de réunion à Versailles, une salle de jeu de paume, sur la proposition du Dr Guillotin. Lors de la séance dite du Serment du Jeu de Paume, le 20 juin 1789, les députés promettent de ne pas se séparer avant d'avoir rédigé une constitution pour le pays : l'Assemblée nationale constituante siègera ainsi jusqu'au 30 septembre 1791 et exercera en même temps le pouvoir législatif. Lors de la séance royale du 23 juin 1789, le roi ordonna la dispersion de l'Assemblée. Le grand maître des cérémonies alla porter l'ordre à Bailly, doyen du Tiers. Mirabeau aurait alors, selon la légende, prononcé cette phrase célèbre : « Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes. »

Des citoyens français appelèrent aussi à la convocation d'un « quatrième ordre : celui des pauvres journaliers, des infirmes, des indigents », etc., ou l'ordre sacré des infortunés, ce qui, à l'époque, était constitué d'un nombre important de personnes.

Une révolution bourgeoise et pacifique venait ainsi de s'accomplir, une monarchie constitutionnelle se substituant à l'absolutisme royal de l'Ancien Régime.
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MessagePosté le: 17/10/2006 21:45:26    Sujet du message: Serment du jeu de paume Répondre en citant

Serment du jeu de paume




Le Serment du Jeu de paume est un engagement d'union prêté le 20 juin 1789 entre les 577 députés du tiers état face aux pressions du roi Louis XVI jusqu'à l'écriture de la Constitution.

Le 20 juin 1789, sous prétexte de réparations à faire pour la prochaine séance, les gardes interdisent aux députés du tiers état l'accès à la salle des Menus-Plaisirs, où se tenaient les États généraux. Les députés se réunissent alors dans la salle du jeu de paume à Versailles. Aidé par le député Jean-Joseph Mounier, l'abbé Emmanuel-Joseph Sieyès s'empressa de rédiger la formule du célèbre Serment du Jeu de Paume « de ne jamais se séparer, et de se rassembler partout où les circonstances l'exigeront, jusqu'à ce que la constitution du royaume soit établie et affermie sur des fondements solides ». Ce texte fut lu par Jean-Sylvain Bailly. Il ne s'agissait de rien de moins que d'emporter la décision des hésitants et les contraindre en quelque sorte à aller de l'avant. Ce serment fut voté à l'unanimité moins une voix (Martin d'Auch). L'Assemblée nationale se déclarait Constituante. Ce fut un acte révolutionnaire et une affirmation politique d'autodétermination du peuple par leurs représentants plutôt que par le monarque.






À l'origine, avant ce 20 juin 1789, cette salle se nommait « Tripot ». Elle fut construite par Nicolas Cretté en 1686 pour permettre aux membres de la Cour de s'adonner au jeu de paume, l'ancêtre du tennis.

Cet événement est considéré comme la naissance de la Révolution française. Il est suivi par la séance royale du 23 juin 1789.
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MessagePosté le: 17/10/2006 21:49:45    Sujet du message: Séance Royale Répondre en citant

Séance Royale




La séance royale du 23 juin 1789 se déroule pendant les États généraux de 1789, dans la salle des Menus-Plaisirs de Versailles, suite au serment du Jeu de paume. Elle marque un tournant dans les préludes de la Révolution française.


Jacques Necker, ministre des Finances, est absent, ce qui marque sa désapprobation. Comme dans toute séance royale, Louis XVI annonce qu'il va faire connaître ses volontés.

Le roi expose un programme de réformes qui sera souvent repris par les aristocrates ou monarchistes à l'Assemblée constituante, notamment par Louis XVIII. Elle passera en partie dans la Charte de 1814 : vote par tête dans les affaires d'intérêt général, mais vote par ordre, sur certains critères réservés, en particulier les « droits antiques et constitutionnels des trois ordres, l'organisation des futurs États généraux, qui seront périodiques. Les propriétés féodales et seigneuriales, les privilèges honorifiques. »

Le roi déclare que le clergé est prêt à faire des sacrifices, à condition que rien de ce qui touche à la religion ne soit changé sans son accord — ce qui suppose le maintien des dîmes. Louis XVI admet que les impôts et les emprunts soient votés par les États généraux, qui pourront établir le budget. Il consent à l'égalité devant l'impôt, à la liberté individuelle, à la liberté de la presse, à la création dans toute la France d'États provinciaux. Il donne son accord pour la réorganisation de la justice et des douanes et l'abolition totale du servage.

Son discours se termine par: « Si vous m'abandonnez dans une telle entreprise, seul je ferai le bonheur de mes peuples », ce qui semble impliquer la dissolution des États généraux. Le roi ajoute : « Je vous ordonne, Messieurs, de vous séparer tout de suite et de vous rendre demain matin chacun dans les chambres affectées à votre ordre pour y reprendre vos séances. »

La noblesse se retire immédiatement. Le Tiers État et une partie du bas clergé restent immobiles. Surpris, quelques membres de la noblesse s'attardent sur l'estrade. Le Tiers reste environ une heure silencieux, alors que les ouvriers commencent à déplacer sièges et tentures. Le grand maître des cérémonies, Henri-Évrard de Dreux-Brézé, s'adresse alors à Bailly, doyen de l'Assemblée, pour lui rappeler l'ordre du roi. C'est alors que, selon la légende, Mirabeau se serait avancé pour dire : « Nous sommes ici par la volonté du peuple, et nous ne quitterons nos places que par la force des baïonnettes. »

Dreux-Brézé l'annonce à Louis XVI qui aurait répondu « Eh bien foutre ! Qu'ils restent ! » L'Assemblée constituante prend aussitôt trois décrets fondamentaux : confirmation de sa constitution en Assemblée nationale, proclamation de l'inviolabilité de ses membres, décision d'interrompre le paiement des impôts si l'Assemblée constituante venait à être dissoute.
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MessagePosté le: 17/10/2006 21:52:44    Sujet du message: Renvoi de Necker Répondre en citant

Renvoi de Necker




Le 12 juillet 1789 à neuf heures du matin, la nouvelle du renvoi de Jacques Necker se répand dans Paris.

A midi, Camille Desmoulins, un avocat et journaliste encore inconnu harangue la foule au Palais-Royal et l'appelle aux armes contre le gouvernement. Nombreuses sont les manifestations dans les rues de Paris et dans le jardin des Tuileries, les bustes de Jacques Necker et de Louis Philippe d'Orléans (1747-1793), duc d'Orléans, sont portés en tête des cortèges. Le Royal-Allemand, régiment de cavalerie, charge la foule aux Tuileries, il y eut plusieurs blessés, peut-être un mort.

A vingt heures le baron de Besenval, commandant les troupes massées à Paris, se décide à faire intervenir les régiments Suisses cantonnés au Champ-de-Mars.
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MessagePosté le: 17/10/2006 22:00:28    Sujet du message: Emeutes Répondre en citant

Emeutes




Emeutes des 12 et 13 juillet 1789.

La nouvelle du renvoi de Jacques Necker se répand dans Paris.

Emeutes du dimanche 12 juillet 1789

Midi

Camille Desmoulins, un avocat et journaliste encore peu connu harangue la foule au Palais-Royal et l'appelle aux armes contre le gouvernement royal. Nombreuses manisfestations rue de Paris et dans le jardin des Tuileries, les bustes de Jacques Necker et de Philippe, duc d'Orléans (1747-1793) sont portés en cortège. Le Royal-Allemand, régiment de cavalerie, charge la foule aux Tuileries. Plusieurs blessés, peut-être des tués.


20 heures

Pierre-Victor de Besenval, commandant les troupes massées à Paris, se décide à faire intervenir les régiments suisses cantonnés au Champ-de-Mars.


Emeutes du lundi 13 juillet 1789

Incendie de quarante des cinquante-quatre barrières donnant accès sur Paris : les émeutiers veulent ainsi faire baisser le prix des grains et du pain - qui est à son niveau le plus élevé du siècle -.


6 heures

Pillage du couvent Saint-Lazare où on dit que les grains seraient stockés.


8 heures

Les "électeurs" de Paris (c'est à dire ceux qui, au deuxième degré, ont élu les députés aux États généraux se réunissent à l' Hôtel de Ville de Paris. Ils forment un "comité permanent" et décident de crééer une "milice bourgeoise" de 48 000 hommes. Ils porteront une marque distinctive, une cocarde aux couleurs de la ville de Paris (rouge et bleu). Pour les armer la foule pille le garde-meuble où sont conservées des armes, mais anciennes et de collection.


17 heures

Une délégation des "électeurs" parisiens se rend aux Invalides pour demander les armes de guerre qui y sont stockées. Refus du gouverneur.

Le lendemain se déroulera la prise de la Bastille.
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MessagePosté le: 17/10/2006 22:15:56    Sujet du message: Prise de la bastille Répondre en citant

Prise de la Bastille





Bien que ce jour fut institué fête nationale en France parce que c'était par coïncidence celui de la Fête de la Fédération, la prise de la Bastille n'est pas un acte si glorieux qu'il paraît. Le peuple avait logé à la Bastille beaucoup de victimes, mais on dut se rendre à l'évidence lors de sa chute, le 14 juillet 1789, qu'elle ne comptait qu'une poignée de faussaires, un fou, un noble incestueux et un complice de Robert-François Damiens, le régicide de Louis XV de France. L'image révolutionnaire a largement contribué à entretenir le mythe d'une Bastille abritant des cachots où pourrissaient les victimes de la monarchie. En fait, la Bastille avait perdu sa fonction de prison d'État. Louis XVI de France avait pris la décision de la démolir. Apporter la preuve que l'on était présent lors de la prise de la Bastille joua un grand rôle dans la carrière de ceux qui se dirent patriotes. 863 brevets de vainqueur de la Bastille furent délivrés comme preuve de civisme. La Bastille n'était que le symbole de la tyrannie monarchique.

L’importance de la prise de la Bastille a été fortement exagérée par les historiens romantiques, comme Jules Michelet, qui ont voulu en faire un symbole fondateur de la République. En fait, d’après les textes de l’époque (des lettres d'un participant aux événements, principalement), la prise du bâtiment se fit quasiment sans heurts et dans une ambiance bon enfant. Mille personnes tout au plus composaient une bande d’émeutiers qui voulut envahir le bâtiment pour y quérir des armes. Celui-ci n'était défendu que par une poignée d’hommes et le seul mort que l’histoire a retenu est celle du gouverneur, M. de Launay.


Les prémices de la prise de la Bastille

Le peuple de Paris était inquiet depuis plusieurs jours, craignant que les troupes étrangères stationnant autour de Paris ne finissent par être utilisées pour réprimer la révolution. Une milice de 48 000 hommes avait été constituée, mais sans armes.


Dimanche 12 juillet 1789

Le matin du 12 juillet 1789, les Parisiens sont informés du renvoi de Necker, la nouvelle se répand dans Paris.


Midi

Au Palais-Royal, un avocat et journaliste peu connu, Camille Desmoulins, monte sur une table et harangue la foule des promeneurs et l'appelle à prendre les armes contre le gouvernement du roi. Dans les rues de Paris et dans le jardin du Palais-Royal de nombreuses manifestations ont lieu, les bustes de Jacques Necker et de Philippe d'Orléans (1747-1793) sont portés en tête des cortèges. Le régiment de cavalerie, le Royal-allemand charge la foule amassée aux Tuileries. On compte plusieurs blessés, peut-être un tué parmi les émeutiers.


20 heures

Pierre-Victor de Besenval à la tête des troupes installées à Paris, donne l'ordre aux régiments Suisses cantonnés au Champ-de-Mars d'intervenir.


Lundi 13 juillet 1789

1 heure

A 1 heure du matin, quarante des cinquante barrières (postes d'octroi) qui permettent l'entrée dans Paris sont incendiées. La foule des émeutiers exige la baisse du prix des grains et du pain - prix qu'il n'avait jamais atteint au cours du siècle.


6 heures

Une rumeur circule dans Paris, au couvent Saint-Lazare sont entreposés les grains, le couvent est pillé.


8 heures

Réunion des "électeurs" de la capitale à l'Hôtel de Ville (ceux qui, au deuxième degré, ont élu les députés des États généraux). A leur tête se trouve le prévôt des marchands, Jacques de Flesselles. Au milieu d'une foule déchaînée, ils décident de former un «comité permanent» et prennent la décision de créer une «milice bourgeoise» de 48 000 hommes, afin de limiter les désordres. Chaque homme portera comme marque distinctive une cocarde aux couleurs de Paris, rouge et bleu. Pour armer cette milice, les émeutiers mettent à sac le Garde-Meuble où sont entreposées des armes, mais de collection ou anciennes. Sur ordre de Jacques de Flesselles 50 000 piques furent forgées. La foule obéissant aux ordres qui semblaient provenir du Palais-Royal, parlaient de prendre la Bastille.


17 heures

Une délégation des électeurs parisiens se rend aux Invalides pour réclamer les armes de guerre qui y sont entreposées. Le gouverneur refuse. La Cour ne réagit pas. Les électeurs n'obtiennent pas les armes des Invalides.


Prise de la Bastille

Les émeutiers s'emparent des 30 à 40 000 fusils entreposés aux Invalides : 10 heures

Devant le refus du gouverneur des Invalides, une foule énorme (40 à 50 000 personnes) se présente devant les Invalides pour s'en emparer de force. Pour défendre l'Hôtel des Invalides il existe des canons servis par des invalides, mais ceux-ci ne paraissent pas disposés à ouvrir le feu sur les Parisiens. À quelques centaines de mètres de là, plusieurs régiments de cavalerie d'infanterie et d'artillerie campent sur l'esplanade du Champ-de-Mars, sous le commandement de Pierre-Victor de Besenval. Celui-ci réunit les chefs des corps pour savoir si leurs soldats marcheraient sur les émeutiers. Unanimement, ils répondent non. C'est l'évènement capital de la journée. La foule, que rien désormais ne peut arrêter, escalade les fossés des Invalides, défonce les grilles descend dans les caves et s'empare des 30 000 à 40 000 fusils qui y sont stockés ainsi que 12 pièces de canons et d'un mortier. Les Parisiens sont désormais armés. Ils ne leur manquent que de la poudre et des balles. Le bruit court qu'il y en a au château de la Bastille.


Une délégation se rend à la Bastille pour demander des balles et de la poudre : 10 heures 30

Pressés par la foule des émeutiers, les électeurs de la ville de Paris en réunion à l'Hôtel de Ville, envoient une délégation au gouverneur de la Bastille, Bernard-René Jordan de Launay, avec pour mission de demander la distrubution de la poudre et des balles aux Parisiens qui doivent former une «milice bourgeoise». Cette délégation est reçue avec amabilité, elle est même invitée à déjeuner, mais repart bredouille.


Une deuxième délégation repart pour la Bastille : 11 heures 30

A 11 heures 30 une seconde délégation conduite par Jacques Alexis Thuriot et Louis Ethis de Corny se rend au château de la Bastille. Elle ne peut rien obtenir. La foule des émeutiers armée des fusils pris aux Invalides s'agglutine devant la Bastille.


Les défenseurs de la Bastille ouvrent le feu sur les assiégeants : 13 heures 30

Les quatre-vingt-deux invalides défenseurs de la Bastille et trente deux soldats suisses détachés du régiment de Salis-Samade obéissant aux ordres de René-Bernard Jordan de Launay ouvrent le feu sur les émeutiers.


Une troisième délégation se rend à la Bastille : 14 heures

Une troisième délégation se rend à la Bastille, dans cette députation se trouve l'abbé Claude Fauchet.


Une quatrième délégation se rend à la Bastille : 15 heures

Une quatrième délégation se rend à la Bastille avec de nouveau Louis Ethis de Corny, elle se présente devant René Bernard Jordan de Launay mais n'obtient toujours rien. Les soldats de la garnison de la Bastille et les assiégeants se tirent les uns sur les autres.


61 Gardes Françaises se présentent devant la Bastille avec cinq canons : 15 heures 30

Un détachement de soixante et un Gardes-Françaises sous le commandement de Pierre-Augustin Hulin, ancien sergent aux Gardes-Suisses se présente devant la forteresse de la Bastille. Ils ont emmené avec eux cinq canons provenant des Invalides. Ces canons sont mis en batterie contre les portes et le pont-levis du château.







Capitulation de la Bastille : 17 heures

La garnison de la Bastille rend les armes, sur promesse des assiégeants qu'aucune exécution n'aura lieu s'il y a reddition. Les émeutiers envahissent la forteresse, libèrent les sept captifs qui y étaient emprisonnés, s'emparent de la poudre et des balles. La garnison de la Bastille, prisonnière, est emmenée à l'Hôtel de Ville. Sur le chemin, René-Bernard Jordan de Launay est massacré, sa tête sera dit-on, découpée au couteau. Plusieurs des invalides trouvent aussi la mort pendant le trajet. Jacques de Flesselles est assassiné sur l'accusation de traîtrise. Les assiégeants eurent une centaine de tués et soixante-treize blessés.

En dehors des prisonniers, la forteresse héberge les archives du lieutenant de police de Paris qui sont soumises à un pillage systématique. Ce n'est qu'au bout de deux jours que les mesures sont prises par les autorités afin de conserver ces traces de l'histoire. Même Beaumarchais, dont la maison est située juste en face, n'avait pas hésité à puiser dans les papiers. Dénoncé, il doit d'ailleurs les restituer.


Louis XVI ordonne aux troupes d'évacuer Paris : 18 heures

Ignorant la chute de la Bastille, Louis XVI donne l'ordre aux troupes stationnées dans Paris d'évacuer la capitale. Cet ordre sera apporté à l'Hôtel de Ville à deux heures du matin.


Les têtes décapitées sont promenées dans Paris

Les têtes décapitées de René-Bernard Jordan de Launay et de Jacques de Flesselles et d'autres furent promenées au bout d'une pique dans les rues de Paris, et ce jusqu'au Palais-Royal.

La Prise de la Bastille, cette forteresse symbole du despotisme, fit l'effet d'un séisme, en France comme en Europe, jusque dans le lointain empire de Russie.


15 juillet 1789, 8 heures

A Versailles, au moment de son réveil, le duc François Alexandre Frédéric de La Rochefoucauld-Liancourt informe Louis XVI de la prise de la Bastille. Le dialogue suivant aurait eu lieu :

« C'est une révolte ? » demande Louis XVI.

« Non sire, ce n'est pas une révolte, c'est une révolution. » répond le duc de La Rochefoucauld.
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MessagePosté le: 17/10/2006 22:22:39    Sujet du message: Déclaration des droits de l'homme Répondre en citant

Déclaration des droits de l'homme




La Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen, adoptée dans son principe dès le 14 juillet 1789 est, avec les décrets des 4 et 11 août 1789 sur la suppression des droits féodaux, un des textes fondamentaux votés par l’Assemblée nationale constituante formée à la suite de la réunion des États généraux. Adoptée définitivement le 26 août 1789, c'est l'un des textes fondateurs de la démocratie et de la liberté en France. Citée dans le préambule de la Constitution du 4 octobre 1958, elle a valeur constitutionnelle dans la Ve République depuis les décisions des 16 juillet 1971 et 27 décembre 1973 du Conseil constitutionnel. Elle fait partie du "bloc de constitutionnalité".

Elle a été proposée à l'Assemblée nationale française par le Marquis de La Fayette.

Elle comporte un préambule et 17 articles qui mêlent des dispositions concernant l’individu et la Nation. Elle définit des droits « naturels et imprescriptibles », énoncés dès son préambule et avant tout autre article, qui constituent son fondement, à savoir les quatre droits suivants :

la liberté,
la propriété,
la sûreté,
la résistance à l'oppression.


Histoire

Le concept de droits de l'homme est ancien, mais il a évolué pendant l’Histoire. Des droits naturels ou intrinsèques à l'homme sont déjà explicitement mentionnés dans des textes religieux (comme les Dix Commandements qui reconnaissent le droit à la vie, à l'honneur, etc.), littéraires (comme la pièce de théâtre Antigone de Sophocle (naît en 495 ou 496 av. J.-C.), ou purement philosophiques (comme dans les textes de l’école de pensée des stoïciens).

En particulier, le Cylindre de Cyrus (VIe s. av. J-C) est largement mentionné comme la "première charte des droits de l'homme". En 1971, l'ONU l'a traduit en toutes ses langues officielles. Le cylindre décrète les thèmes normaux de la règle persane : tolérance religieuse, abolition de l'esclavage, liberté de choix de profession et expansion d'empire.

Un événement marquant dans cette évolution a été la Magna Carta (1215), considérée dans le monde anglo-saxon comme la base du concept actuel de droit de l'homme.

La première déclaration des droits de l’homme de l’époque moderne est celle de l’État de Virginie (États-Unis), écrit par George Mason et adopté par la Convention de Virginie le 12 juin 1776 (appelée en anglais le Bill of Rights).

Elle a été largement copiée par Thomas Jefferson pour la déclaration des droits de l’homme inclue dans la Déclaration d’Indépendance des États-unis (4 juillet 1776), par les autres colonies pour la rédaction de leurs déclarations des droits de l’homme, et par l’Assemblée française pour la Déclaration française des Droits de l’homme et du citoyen, ainsi qu'elle aura inspiré largement la Déclaration universelle des Droits de l'Homme votée par l'ONU en 1948.


Genèse et contenu

L’Assemblée nationale, dès qu’elle s’est déclarée constituante, décide de rédiger une déclaration. La discussion débute le 9 juillet et débouche sur un vote le 26 août 1789, sous l’influence des leaders du Tiers État et de la Noblesse libérale. Ratifiée seulement le 5 octobre par Louis XVI sous la pression de l’Assemblée et du peuple accouru à Versailles, la déclaration de 1789 servira de préambule à la première Constitution de la Révolution Française, adoptée en 1791. Elle est promulguée par le roi le 3 novembre 1789.

Les constituants jugent nécessaire de voter un texte contenant les principes généraux de valeur souveraine légitimant leur action. Ce texte résume aussi leur programme et prépare le travail constitutionnel.

Au niveau du contenu, la DDHC s’inspire des déclarations des droits précédant les Constitutions des différents États américains, elles-mêmes inspirées de la tradition de Locke (Du Gouvernement civil, 1690) et Montesquieu (De l’Esprit des Lois, 1750). La Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen s’inspire aussi des thèmes des remontrances des Parlements. Elle résume l’individualisme libéral développé au cours des siècles. C’est une œuvre de circonstance, une proclamation universelle, un texte tourné vers le passé avec pour objectif précis d’abolir idéologiquement l’Ancien régime.

Elle pose les vrais principes de la société, base de la nouvelle légitimité. Chaque article condamne les principes, les institutions, les pratiques de l’Ancien régime (absolutisme, administration centralisée, système criminel d’Ancien régime) : « La souveraineté réside dans la Nation ». La Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen légitime la rébellion des députés contre la monarchie en déclarant droits imprescriptibles de l’homme la « résistance à l’oppression ».

Elle a une portée universelle et orientée vers l’avenir. Les constituants déclarent quels sont les droits qui appartiennent à tout individu de par la nature même (Préambule : « droits inhérents à la nature humaine » ie ce ne sont pas des droits créés par les Révolutionnaires, mais constatés). C’est l’aboutissement de la philosophie des Lumières du XVIIIe siècle tournée vers l’universalisme et l’abstraction.








Le Préambule a été rédigé sous l’influence de Mirabeau, et de Mounier, député du Tiers qui a fait adopter le serment du Jeu de Paume, chef des « Monarchiens », partisan d’une Monarchie constitutionnelle à l’anglaise. Mirabeau joue un double jeu car il protège et affirme avec force les principes de la Révolution mais touche de l’argent de la Monarchie pour protéger les intérêts de celle-ci. L’invocation à l’ « Être suprême » a été rajoutée au cours des séances pour tenir compte des convictions chrétiennes de presque tous les citoyens. Le Préambule se prolonge dans l’article 2 qui énumère les droits naturels et imprescriptibles de l’homme, présentés selon la conception du libéralisme du XVIIIe siècle : -liberté -propriété (Révolution bourgeoise) -sûreté -résistance à l’oppression Ces droits naturels et imprescriptibles sont antérieurs aux pouvoirs établis.

De nombreux articles sont consacrés à la liberté : l’article 1er (« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », les articles 4 et 5 (qui cherchent à définir et à circonscrire la liberté, limitée seulement par la loi et définie par « tout ce qui ne nuit pas à autrui »), les articles 7, 8 et 9 (qui précisent les caractères de la liberté individuelle : présomption d’innocence, non rétroactivité de la loi), les articles 10 et 11 (liberté d’opinion, de presse, de conscience). L’égalité est affirmée à l’article 1er, l’égalité devant l’impôt à l’article 13 (satisfaction des revendications dans les cahiers de doléances), l’égalité face à la loi à l’article 6 (égalité dans l’accès aux charges publiques sans autres distinctions que les capacités individuelles).

La propriété est un droit individuel inviolable et sacré (article 2). Selon l’article 17, « Nul ne peut être privé de la propriété sauf nécessité publique légalement constatée et sous condition d’une juste et préalable indemnité ». Les articles qui définissent le citoyen dans l’organisation du système politique sont beaucoup plus vagues, et orientés par la défiance vis-à-vis de l’Ancien régime. Selon l’article 6, la loi est l’expression de la volonté générale, l’expression de la souveraineté, source des pouvoirs publics, qui sont divisés selon l’article 18 (séparation des pouvoirs). Selon l’article 13, l’impôt est voté par la Nation ou ses représentants. Selon l’article 15, les agents publics sont responsables de leur administration puisque la société a le droit de leur en demander compte. Il n’est pas question par contre de droits sociaux (conception étrangère à l’individualisme)


Postérité du texte

Cette Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen ouvre la voie vers les régimes futurs sans que les rédacteurs ne s’en aperçoivent. Elle rend un son très nettement laïc. Toute la conception du pouvoir et de l’homme est étrangère à la tradition chrétienne (paradoxe dans la France profondément très chrétienne). Elle rend un son très républicain : les mots de « citoyen » et de « Nation » remplacent les mots de « Roi » ou « Monarchie ». Pourtant, les rédacteurs ne pensent pas encore à la République. Elle rend un son démocratique : l’égalité juridique est un principe alors que les députés vont s’orienter vers un régime oligarchique. Elle rend un son libertaire : la proclamation du droit à la résistance (droit à la révolte) est un principe commandé pour justifier la Révolution mais c’est un principe que tout régime doit écarter pour durer.

Les Constituants manient des idées générales, des concepts théoriques bien plus qu’à connaître les conditions concrètes de gouvernement d’un peuple. Ils ont posé des principes qui transcendent leurs vues et leurs intérêts. La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen a une valeur d’espoir pour tous les hommes. Elle est le « credo du Nouvel Âge », mais rien n’est précisé quant à son application concrète. Ce texte sera révéré par tous les régimes qui se rattachent à la tradition républicaine.

La Déclaration de 1789 a inspiré, au XIXe siècle, un grand nombre de textes similaires dans de nombreux pays d’Europe et d’Amérique latine. La tradition révolutionnaire française est également présente dans la Convention européenne des Droits de l’homme signée à Rome le 4 novembre 1950.


Mémoire du monde

Depuis 2003, l'ensemble des documents divers ayant trait à la proclamation et à l’entrée en vigueur du texte de la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen est classée par l'Unesco sur la Liste Mémoire du monde recensant les collections du patrimoine documentaire d’intérêt universel, dans le but d'en assurer la préservation.

Cet ensemble de documents, qui prennent sens l’un par rapport à l’autre, est conservé par les Archives nationales et la Bibliothèque nationale de France, qui ont fait une proposition de classement conjointe. C’est par leur réunion que l’on comprend la portée tant symbolique que politique de la Déclaration, ainsi que le contexte historique dans lequel elle a été rédigée.

Les archives possèdent un ensemble de documents, dont la version originale manuscrite de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. De la confrontation de toutes les variantes existantes du texte de la Déclaration, il ressort que l’on se trouve en présence de six états différents, depuis le début des débats jusqu’à la promulgation de la Constitution de 1791 et non, comme semblent toujours l’indiquer les historiens et le laisser penser la mémoire collective, d’un texte unique. Figure également dans cet ensemble, un billet autographe de Louis XVI portant acceptation du texte précédent: « J’accepte purement et simplement les articles de la Constitution et la Déclaration des Droits de l’Homme que l’Assemblée nationale m’a présentés. Le 5 octobre 1789. Louis ».
La Bibliothèque nationale possède, quant à elle, la première édition de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen mise au point au cours de l’été 1789 par l’Assemblée nationale à Paris. Cette édition est le premier élément de diffusion auprès de la classe politique ainsi que la première trace imprimée des premiers articles constitutionnels existant en France. Au plan historique, l’importance de cet exemplaire est capitale. Extrait des procès-verbaux de l’Assemblée nationale, des 20, 21, 22, 23, 24, 26 août et 1er octobre 1789, Déclaration des droits de l’homme en société S.l.n.d. (publié par Baudoin, imprimé à Versailles en 1789). Cette pièce complète l’ensemble du Centre historique des Archives nationales. Elle est sans doute la toute première édition des procès-verbaux en question. En effet, Baudoin, membre de l’assemblée du Tiers état de Paris pour l’élection aux États généraux de 1789, avait été nommé imprimeur de l’Assemblée nationale en juin 1789 et avait été chargé de l’édition de l’impression des procès-verbaux des séances.
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MessagePosté le: 17/10/2006 22:26:50    Sujet du message: La Cocarde Répondre en citant

Adoption de la cocarde par Louis XVI





Le 17 juillet 1789, Louis XVI, accompagné de quelques courtisans, quelques gardes du corps et de 32 députés tirés au sort se rend à l'Hôtel de Ville de Paris où il reçoit la cocarde tricolore.

Louis XVI s'avança au milieu de la Révolution en armes : 100 000 gardes nationaux qui ne criaient pas Vive le roi ! mais Vive la nation ! Il fut reçu à l'Hôtel de Ville par le nouveau maire Jean-Sylvain Bailly. L'ambassadeur des États-Unis en France, Thomas Jefferson écrit : « c'était une scène plus dangereuse que toutes celles que j'ai vues en Amérique et que celles qu'a présentée Paris pendant les cinq derniers jours. Elle place les États généraux absolument hors de toute attaque et on peut considérer qu'ils ont carte blanche."

Joseph-Gilbert Motier, marquis de La Fayette remet à Louis XVI la nouvelle "cocarde tricolore" aux couleurs de la ville de Paris, rouge et bleu. La Fayette avait fait ajouter le blanc par révérence envers Louis XVI, le blanc étant la couleur des Bourbons. Louis XVI la met à son chapeau, et dit en balbutiant qu'il approuve la nomination de Jean-Sylvain Bailly à la mairie de Paris ainsi que la formation de la garde nationale, avec à sa tête le marquis de La Fayette.
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MessagePosté le: 17/10/2006 22:29:34    Sujet du message: Grande peur Répondre en citant

La grande peur




La Grande peur est un mouvement populaire qui eut lieu en France du 20 juillet au 4 août 1789.

Il trouve son origine en province et se fonde sur les rumeurs de complot aristocratique et l'émotion provoquée chez les paysans par les nouvelles en provenance de Paris. Le bruit se répandait en effet que des brigands étaient recrutés par l'aristocratie pour parcourir les campagnes afin de couper les blés verts et anéantir ainsi la récolte. C'est l'idée du "complot aristocratique". On croyait de plus que les propriétaires nobles "accaparaient" les grains pour les vendre au plus haut prix au moment de la "soudure". La peur des brigands se répandit rapidement et les révoltes éclatèrent quasi simultanément : six paniques éclatèrent en Franche-Comté à l'explosion d'une réserve de poudre au château de Quincey, près de Vesoul ; en Champagne, la poussière soulevée par un troupeau de moutons fut prise pour celle d'une troupe de soldats en marche ; dans le Beauvaisis, dans le Maine ; dans la région de Nantes et dans celle de Ruffec, les moines mendiants furent pris pour des bandits.

Partout pillages, émeutes, attentats, incendies éclataient : à Marseille, à Lyon, à Grenoble, à Strasbourg, à Rennes, à Saint-Malo, au Havre, à Dijon, mais aussi dans les bourgades et les villages campagnards, comme dans le Mâconnais, dont les propriétés seigneuriales furent dévastées par les « Brigands », nom qu'on donna aux paysans révoltés. Les paysans s'armèrent et formèrent des milices pour se défendre contre les brigands, mais aussi pour investir les châteaux et les abbayes, emportant les grains et brûlant les archives. Ainsi la "peur" de Ruffec se répandit très vite. Commencée le 28 juillet 1789, elle gagna vers le Nord Civray et Châtellerault, vers l'Ouest Saintes, vers l'Est Confolens et Montluçon, et vers le Sud Angoulême, Limoges, Cahors, Brive le 30 juillet, Montauban le 31 juillet, Toulouse et Rodez le 1 août, Lombez le 2 août, Pamiers, Saint-Girons, Saint-Gaudens le 3 août, Foix et Tarbes le 5 août. Des régions entières restèrent cependant à l'abri de cette grande peur : la Bretagne, l'Alsace, le Languedoc et le Bordelais.

Les paysans, une fois armés, ne rencontrèrent pas de "brigands". Ils s'en prirent aux châteaux et réclamèrent, pour les brûler, les vieilles chartes sur lesquelles étaient inscrits les droits féodaux dont ils avaient demandé la suppression dans les cahiers de doléances : les « terriers » (pour « livre terrier »). Quand on leur résista, ils allèrent parfois jusqu'à incendier les vieilles demeures seigneuriales. Les insurgés se firent peur mutuellement et firent peur aux "aristocrates". Georges Lefebvre en décrit cinq courants dans son livre La Grande peur de 1789. Il semble n'y avoir eu aucune concertation entre ces divers courants qui furent pourtant animés par des causes et des buts communs. La Grande peur engendra une révolte armée anti-féodale. En brûlant les châteaux et en détruisant les terriers, les paysans envoyèrent à l'assemblée le symbole de leur souhait : la suppression de la féodalité. C'est pour mettre fin à cette révolte que l'assemblée nationale décréta l'abolition des privilèges le 4 août 1789.

Selon Mary Matossian, l'ergot de seigle, présent en grande quantité dans la farine de l'époque et présentant des caractéristiques hallucinatoires, aurait fait partie des causes de la Grande Peur
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MessagePosté le: 17/10/2006 22:32:32    Sujet du message: Nuit du 4 Août Répondre en citant

Nuit du 4 Août




Le 3 août 1789 le duc d'Aiguillon lança l'idée au Club Breton d'une abolition des droits seigneuriaux. Le lendemain, en fin de soirée, Le Vicomte de Noailles propose à l'Assemblée Nationale de supprimer les privilèges pour ramener le calme dans les provinces. Le Duc d'Aiguillon proposa l'égalité de tous devant l'impôt et le rachat des droits féodaux. Dans une ambiance indescriptible tour à tour, Le Guen de Kerangal, Le vicomte de Beauharnais, Lubersac, l'évêque de La Fare vont surenchérir en supprimant les banalités, les pensions sans titre, les juridictions seigneuriales, le droit de chasse, l’abolition des privilèges ecclésiastiques.

Le duc du Châtelet proposa le rachat de la dîme. Enfin Lally-Tollendal termina la séance en apothéose en proclamant Louis XVI « restaurateur de la liberté française ». En une nuit les fondements du système par ordres s'effondèrent. Les jours suivants le clergé essaya de revenir sur la suppression de la dîme mais le président de l'assemblée Le Chapelier n'ayant accepté que des discussions sur la forme, les décrets du 4 août furent définitivement rédigés le 11.

Dès le lendemain Louis XVI écrivit à l’archevêque d’Arles : « Je ne consentirai jamais à dépouiller mon clergé, ma noblesse. Je ne donnerai pas ma sanction à des décrets qui les dépouilleraient ; c’est alors que le peuple français pourrait m’accuser d’injustice et de faiblesse. Monsieur l’archevêque, vous vous soumettez aux décrets de la Providence ; je crois m’y soumettre en ne me livrant point à cet enthousiasme qui s’est emparé de tous les ordres, mais qui ne fait que glisser sur mon âme. Si la force m’obligeait à sanctionner, alors je céderais, mais alors il n’y aurait plus en France ni monarchie ni monarque. »

Louis XVI n'accordera sa sanction à ces décrets que contraint le 5 octobre. Ainsi disparaissent les privilèges des ecclésiastiques, des nobles, des corporations, des villes, des provinces, etc.


Décret relatif à l'abolition des privilèges

Art. 1er L'Assemblée nationale détruit entièrement le régime féodal. Elle décrète que, dans les droits et les devoirs tant féodaux que censuels, ceux qui tiennent à la main-morte réelle ou personnelle, et à la servitude personnelle, et ceux qui les représentent, sont abolis sans indemnité ; et tous les autres sont déclarés rachetables, et le prix et le mode de rachat seront fixés par l'Assemblée nationale. Ceux desdits droits qui ne sont points supprimés par ce décret continueront néanmoins d'être perçus jusqu'au remboursement.

Art. 2. Le droit exclusif des fuies et colombiers est aboli. Les pigeons seront enfermés aux époques fixées par les communautés durant lequel temps, ils seront regardés comme gibier, et chacun aura le droit de les tuer sur son terrain.

Art. 3. Le droit exclusif de la chasse ou des garennes ou vertes est pareillement aboli, et tout propriétaire a le droit de détruire ou faire détruire, seulement sur ses possessions, toute espèce de gibier, sauf à se conformer aux lois de police qui pourront être faites relativement à la sûreté publique. Toute les capitaineries même royales, et toutes réserves de chasse, sous quelque dénomination que ce soit, sont pareillement abolies ; et il sera pourvu, par des moyens compatibles avec le respect dû aux propriétés et à la liberté, à la conservation des plaisirs personnels du Roi. M. le président est chargé de demander au Roi le rappel des galériens et des bannis pour simple fait de chasse, l'élargissement des prisonniers actuellement détenus, et l'abolition des procédures existantes à cet égard.

Art. 4. Toutes les justices seigneuriales sont supprimées sans aucune indemnité, et néanmoins les officiers de ces justices continueront leurs fonctions jusqu'à ce qu'il ait été pourvu par l'Assemblée nationale à l'établissement d'un nouvel ordre judiciaire.

Art. 5. Les dîmes de toute nature, et les redevances qui en tiennent lieu, sous quelques dénominations qu'elles soient, connues et perçues, même par abonnement, possédées par les corps séculiers et réguliers, par les bénéficiers, les fabriques, et tous les gens de main-morte, même par l'ordre de Malte, et d'autres ordres religieux et militaires, même celles qui auraient été abandonnées à des laïques, en remplacement et pour option de portions congrues, sont abolies, sauf à aviser aux moyens de subvenir d'une autre manière à la dépense du culte divin, à l'entretien des ministres des autels, au soulagement des pauvres, aux réparations et reconstructions des églises et presbytères, et à tous les établissements, séminaires, écoles, collèges, hôpitaux, communautés et autres, à l'entretien desquels elles sont actuellement affectées. Et cependant, jusqu'à ce qu'il y ait été pourvu, et que les anciens possesseurs soient entrés en jouissance de leur remplacement, l'Assemblée nationale ordonne que lesdites dîmes continueront d'être perçues suivant les lois et en la manière accoutumée. Quant aux autres dîmes, de quelque nature qu'elles soient, elles seront rachetables de la manière qui sera réglée par l'Assemblée ; et jusqu'au règlement à faire à ce sujet, l'Assemblée nationale ordonne que la perception en sera aussi continuée.

Art. 6. Toutes les rentes foncières perpétuelles, soit en nature, soit en argent, de quelque espèce qu'elles soient, quelle que soit leur origine, à quelques personnes qu'elles soient dues, gens de main-morte, domanistes, apanagistes, ordre de Malte, seront rachetables ; les champarts de toute espèce, et sous toutes dénominations le seront pareillement, au taux qui sera fixé par l'Assemblée. Défense seront faites de plus à l'avenir de créer aucune redevance non remboursable.

Art. 7. La vénalité des offices de judicature et de municipalité est supprimée dès cet instant. La justice sera rendue gratuitement. Et néanmoins les officiers pourvus de ces offices continueront d'exercer leurs fonctions et d'en percevoir les émoluments jusqu'à ce qu'il ait été pourvu par l'Assemblée aux moyens de leur procurer leur remboursement.

Art. 8. Les droits casuels des curés de campagne sont supprimés, et cesseront d'être payés aussitôt qu'il aura été pourvu à l'augmentation des portions congrues et à la pension des vicaires, et il sera fait un règlement pour fixer le sort des curés des villes.

Art. 9. les privilèges pécuniaires, personnels ou réels, en matière de subsides, sont abolis à jamais. La perception se fera sur tous les citoyens et sur tous les biens, de la même manière et de la même forme ; et il va être avisé aux moyens d'effectuer le payement proportionnel de toutes les contributions, même pour les six derniers mois de l'année de l'imposition courante.

Art. 10. Une constitution nationale et la liberté publique étant plus avantageuses aux provinces que les privilèges dont quelques-unes jouissaient, et dont le sacrifice est nécessaire à l'union intime de toutes les parties de l'empire, il est déclaré que tous les privilèges particuliers de provinces, principautés, pays, cantons, villes et communautés d'habitants, soit pécuniaires, soit de toute autre nature, soient abolis sans retour, et demeureront confondus dans le droit commun de tous les Français.

Art. 11. Tous les citoyens, sans distinction de naissances, pourront être admis à tous les emplois et les dignités ecclésiastiques, civiles et militaires, et nulle profession utile n'emportera dérogeance.

Art. 12. À l'avenir il ne sera envoyé en cour de Rome, en la vice-légation d'Avignon, en la nonciature de Lucerne, aucuns deniers pour annales ou pour quelque cause que ce soit ; mais les diocésains s'adresseront à leurs évêques pour toutes les provisions de bénéfices et dispenses, lesquelles seront accordées gratuitement, nonobstant toutes réserves, expectatives et partages de mois, toutes les églises de France devant jouir de la même liberté.

Art. 13. Les déports, droits de cotte-morte, dépouilles, vacat, droits censaux, deniers de Saint-Pierre, et autres du même genre établis en faveur des évêques, archidiacres, archiprêtres, chapitres, curés primitifs et tous autres, sous quelque nom que ce soit, sont abolis, sauf à pourvoir, ainsi qu'il appartiendra, à la dotation des archidiaconés et des archiprêtres qui ne seraient pas suffisamment dotés.

Art. 14. La pluralité des bénéfices n'aura plus lieu à l'avenir, lorsque les revenus du bénéfice ou des bénéfices dont on sera titulaire excèderont le somme de 3 000 livres. Il ne sera pas permis non plus de posséder plusieurs pensions sur bénéfices, ou une pension et un bénéfice, si le produit des objets de ce genre que l'on possède déjà excède la même somme de 3 000 livres.

Art. 15. Sur le compte qui sera rendu à l'Assemblée nationale de l'état des pensions, grâces et traitements, qu'elle s'occupera, de concert avec le Roi, de la suppression de celles qui seraient excessives, sauf à déterminer à l'avenir une somme dont le Roi pourra disposer pour cet objet.

Art. 16. L'Assemblée nationale décrète qu'en mémoire des grandes et importantes délibérations qui viennent d'être prises pour le bonheur de la France, une médaille sera frappée, et qu'il sera chanté en actions de grâces un "Te deum" dans toutes les paroisses et églises du royaume.

Art. 17. L'Assemblée nationale proclame solennellement le Roi Louis XVI Restaurateur de la liberté française.

Art. 18. L'Assemblée nationale se rendra en corps auprès du Roi, pour présenter à Sa Majesté l'arrêté qu'elle vient de prendre, lui porter hommage de sa plus respectueuse reconnaissance, et la supplier de permettre que le "Te deum" soit chanté dans sa chapelle, et d'y assister elle-même. L'assemblée nationale s'occupera, immédiatement après la constitution, de la rédaction des lois nécessaires pour le développement des principes qu'elle a fixés par le présent arrêté, qui sera incessamment envoyé par MM. Les députés dans toutes les provinces, avec le décret du 10 de ce mois, pour y être imprimé, publié même au prône des paroisses, et affiché partout où besoin sera.
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MessagePosté le: 11/12/2016 15:50:43    Sujet du message: La Révolution

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