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Famille Royale

 
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André grandier
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MessagePosté le: 15/10/2006 20:12:45    Sujet du message: Famille Royale Répondre en citant




Maria Antonia Josepha Johanna von Habsburg-Lothringen, plus connue sous le nom de Marie-Antoinette (°Vienne, 2 novembre 1755 – † Paris, 16 octobre 1793). Archiduchesse d'Autriche, princesse impériale, princesse royale de Hongrie et de Bohême, dauphine de France, reine de France et de Navarre (1774–1793), épouse de Louis XVI de Bourbon, roi de France. Elle est la sœur de Joseph II d'Autriche et de Léopold II d'Autriche.


À Vienne

Marie-Antoinette est la quinzième et avant-dernière enfant de l'empereur François Ier de Lorraine et de l'impératrice d'Autriche Marie-Thérèse, et leur plus jeune fille. Née le 2 novembre 1755 au palais de la Hofburg, à Vienne, elle est baptisée sous les prénoms de Maria Antonia Josepha Johanna. Elle est aussitôt confiée aux "ayas", les gouvernantes de la famille royale, (Mme de Brandeiss puis la sévère Mme de Lerchenfeld) sous stricte supervision de l'impératrice, qui a des idées très arrêtées sur l'éducation des enfants : hygiène sévère, régime strict, endurcissement du corps.

Elle partage son enfance entre le palais de la Hofburg à Vienne et le château de Schönbrunn. Mais finalement elle est élevée dans un cadre plus souple que la cour de France, près de la nature presque sous les préceptes de Jean-Jacques Rousseau : elle à du mal à lire à 10 ans ainsi qu' écrire en allemand, parle peu et difficillement le français auquel elle préfère l' allemand et très peu l' italien — trois langues qui étaient parlées couramment dans la famille impériale.

Elle apprend aussi quelques rudiments de latin.La jeune Maria Antonia Josepha est très proche de sa plus jeune soeur aînée, Marie-Caroline qui deviendra reine de Naples en épousant Ferdinand Ier des Deux-Siciles.Marie Antoinette reçoit une éducation où le port (maintien), la danse, la musique et le paraître sont l'essentiel de son instruction.





Elle ne bénéficie pas d' une éducation politique.À cette époque, la cour d'Autriche possède une étiquette beaucoup moins stricte que celle de Versailles, les danses y sont moins compliquées, le luxe y est moindre et la foule moins nombreuse.La légende veut aussi que la jeune Marie-Antoinette ait rencontré l'enfant prodige Mozart à cette cour, et qu'il l'aurait demandé en mariage.

Sa mère Marie-Thérèse, comme tous les souverains de l'époque, met le mariage de ses enfants au service de sa politique. Ainsi, parmi les sœurs aînées de Marie-Antoinette, Marie-Christine, Statthalterin der Niederlande (1742-1798) épouse en 1766 Albrecht von Sachsen, Herzog von Teschen (1738-1822) régent des Pays-Bas, Marie-Amélie (1746-1804) épouse Ferdinando di Borbone, duca di Parma (1751-1802), prince de Parme, et Marie-Caroline (1752-1814) épouse en 1768 Ferdinando I di Borbone, le roi de Naples et des Deux-Siciles (1751-1825).

Après la conclusion d'un traité de paix entre la France et l'Autriche, le mariage entre le dauphin, le futur Louis XVI, et Marie-Antoinette est décidé. Marie-Antoinette quitte Vienne en avril 1770, à l'âge de quatorze ans. Dés son arrivée à Versailles, tous ses biens venant d'Autriche, même ses vêtements, lui seront retirés.





Dauphine

Le 17 avril 1770, Marie-Antoinette renonce officiellement à ses droits sur le trône impérial autrichien et, le 16 mai 1770, épouse le dauphin à Versailles. Le jour même des noces, un scandale d'étiquette a lieu : les princesses de Lorraine, arguant de leur parenté avec la nouvelle dauphine, ont obtenu de danser avant les duchesses, au grand dam du reste de la noblesse, qui murmure déjà contre « l'Autrichienne ».

La jeune fille, au physique agréable quoiqu'incomplétement développé est assez petite et ne possède pas encore la "gorge" si appréciée en France. Un nez un peu long, l'inévitable lèvre des Hasbourg, au mieux boudeuse au pire dédaigneuse, n'empêchent pas la jeune dauphine d'avoir beaucoup de grâce et une légereté presque dansante dans sa façon de se mouvoir. Héritière des Habsbourg et d'un arbre généalogique impressionnant, elle attise aussi dès son arrivée les jalousies du petit monde de la noblesse versaillaise aux multiples alliances douteuses.

Mais, la jeune dauphine a du mal à s'habituer à sa nouvelle vie, son esprit se plie mal à la complexité et à la rouerie de la « vieille cour », au libertinage du roi Louis XV et de sa maîtresse la comtesse du Barry. Son mari la fuit, partant très tôt chasser (le mariage n'est consommé qu'en août 1777), elle peine à s'habituer à l'étiquette et au cérémonial français, elle répugne à tenir sa cour.





Elle est manipulée par les filles du roi Louis XV qui lui enseignent l'aversion de "la du Barry" ce qui a pour effet d'agacer Louis XV. En outre, elle est téléguidée depuis Vienne par le biais de la volumineuse correspondance qu'entretient sa mère avec le comte de Mercy-Argenteau, ambassadeur d'Autriche à Paris. Ce dernier est le seul sur lequel elle peut compter, car le Choiseul, celui qui avait permis le rapprochement de la France avec l'Autriche, est tombé moins d'un an après le mariage, victime d'une cabale montée par Mme du Barry, la toute-puissante maîtresse de Louis XV.

Cette fameuse correspondance secrète de Mercy-Argenteau est une source d'information formidable sur tous les détails de la vie de Marie-Antoinette depuis son mariage en 1770 jusqu'au décès de Marie Thérèse Ire en 1780. Selon l'auteur du livre regroupant cette correspondance :

« Ces documents originaux ne se contentent pas de nous introduire dans son intimité, ils nous révèlent aussi comment Marie-Antoinette, dépourvue d'expérience et dénuée de culture politique, fut manipulée par sa famille autrichienne à laquelle elle demeura toujours attachée ».


Reine de France

Le 10 mai 1774, Louis XV meurt et Marie-Antoinette devient reine de France et de Navarre. Son comportement pourtant ne change guère. Dès l'été 1777, les premières chansons hostiles circulent. S'entourant d'une petite cour de favoris (la princesse de Lamballe, le baron de Besenval, le duc de Coigny puis la comtesse de Polignac), elle suscite les jalousies des autres courtisans, multiplie les toilettes et les fêtes coûteuses, organise des séances de jeu (lansquenet et pharaon) où l'on joue gros.

Pour retrouver à Versailles ce qu'elle a connu à Vienne - une vie plus détendue en famille avec ses amis -, Marie-Antoinette oublie qu'elle est reine de France. Elle se réfugie alors au Petit Trianon et au Hameau. Dans son petit théâtre, elle ose jouer Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, pièce tellement critiquée contre la société de l'Ancien Régime que le roi l'avait interdite. Pour s'être entourée de quelques favoris, Marie-Antoinette va vite se faire des ennemis, même à la cour de Versailles.





Sa vie à la cour

Elle tente d'influencer la politique du roi, de faire et défaire les ministres, mais c'est au fil de ses humeurs et des conseils souvent intéressés de ses amis. Ainsi, en s'immisçant sur un coup de tête dans l'affaire de Guines (le comte de Guines, ambassadeur à Londres, accusé de malversations), elle fait tomber Turgot. Le baron Pichler, secrétaire de Marie-Thérèse Ire, résume poliment l'opinion générale en écrivant :

« Elle ne veut être ni gouvernée ni dirigée, ni même guidée par qui que ce soit. C'est le point sur lequel toutes ses réflexions paraissent jusqu'à présent s'être concentrées. Hors de là, elle ne réfléchit encore guère, et l'usage qu'elle a fait jusqu'ici de son indépendance le prouve assez, puisqu'il n'a porté que sur des objets d'amusement et de frivolité. »

Une véritable coterie se monte contre elle dès son accession au trône, des pamphlets circulent, on l'accuse d'avoir des amants (le comte d'Artois son beau-frère, le comte suédois Hans Axel de Fersen) ou même des maîtresses (la comtesse de Polignac), de dilapider l'argent public en frivolités ou pour ses favoris, de faire le jeu de l'Autriche, désormais dirigée par son frère Joseph II.





Il faut dire qu'elle a tout fait pour combattre le parti anti-autrichien, pour démettre D'Aiguillon, et rappeler Choiseul, mais sans succès. Versailles se dépeuple, fui par des courtisans dédaignés par la reine, et qui n'ont plus les moyens de soutenir les dépenses de la vie de cour.

Enfin, le 19 décembre 1778, Marie-Antoinette accouche de son premier enfant, Marie Thérèse, dite « Madame Royale ». Le 22 octobre 1781, c'est le tour d'un dauphin, Louis Joseph Xavier François. Mais cela ne sert pas forcément Marie-Antoinette, car les libelles ont vite fait d'accuser l'enfant de n'être pas de Louis XVI. Elle reprend vite sa vie de plaisir : elle surveille la construction du Hameau à Versailles, ferme miniature où la reine croit découvrir la vie paysanne. Le 27 mars 1785, elle accouche d'un second garçon, Louis-Charles, titré duc de Normandie.


L'affaire du Collier

En juillet 1785 éclate l'affaire du Collier : le joaillier Bohmer réclame à la reine 1,5 million de livres soit 12 millions d' euros de 2006, pour l'achat d'un collier de diamants dont le cardinal de Rohan a mené les tractations, au nom de la reine. Elle n'est pas responsable. La reine insiste pour faire arrêter le cardinal puisque celui-ci l'insulte, et le scandale éclate.

Le roi confie l'affaire au Parlement, l'affaire est jugée par Étienne François d'Aligre, qui conclut à la culpabilité d'un couple d'aventuriers, les prétendus « comte et comtesse de la Motte » et disculpe le cardinal de Rohan, abusé mais innocent.





La reine, bien qu'innocente elle aussi, en sort grandement déconsidérée par le peuple. Toute une littérature, y compris la moins recommandable, s'empare des aventures de la reine et du roi : Les Amours de Charlot et Toinette, caricatures du couple royal, sont, avant 1789, un succès de librairie.

Marie-Antoinette se rend enfin compte de son impopularité, et tente de réduire ses dépenses, notamment en réformant sa maison, ce qui déclenche plutôt de nouveaux éclats quand ses favoris se voient privés de leur charge. Rien n'y fait, les critiques continuent, la reine gagne le surnom de « Madame Déficit » et on l'accuse d'être à l'origine de la politique anti-parlementaire de Louis XVI et de faire et défaire les ministres.

De fait, c'est elle qui, en 1788, décide le roi à renvoyer l'impopulaire Loménie de Brienne et à rappeler Necker. Il est pourtant déjà trop tard, Louis XVI a peut-être été trop faible.


La Révolution

En 1789, la situation de la reine est mauvaise. Un bruit court selon lequel Monsieur, frère du roi (futur Louis XVIII) aurait déposé à l'assemblée des notables de 1787 un dossier prouvant l'illégitimité des enfants royaux. La rumeur mentionne une retraite de la reine au Val-de-Grâce. L'abbé Soulavie, dans ses Mémoires historiques et politiques du règne de Louis XVI, écrit que l'on pensait qu'elle « emporterait avec elle toutes les malédictions du public et que l'autorité royale serait par le seul fait totalement et subitement allégée et restaurée. »

Le 4 mai 1789 s'ouvrent les États généraux. Lors de la messe d'ouverture, Mgr de La Fare, qui est à la chaire, attaque Marie-Antoinette à mots à peine couverts, dénonçant le luxe effréné de la cour et ceux qui, blasés par ce luxe, cherchent le plaisir dans « une imitation puérile de la nature » (rapporté par Adrien Duquesnoy, Journal sur l'Assemblée constituante), allusion évidente au Petit Trianon.

Le 4 juin, le petit dauphin meurt. Pour éviter la dépense, on sacrifie le cérémonial de Saint-Denis. L'actualité politique ne permet pas à la famille royale de faire son deuil convenablement. Bouleversée par cet événement, et désorientée par le tour que prennent les États généraux, Marie-Antoinette se laisse convaincre par l'idée d'une contre-révolution.





En juillet, Necker démissionne. Le peuple interprète cette démission comme un renvoi de la part du roi. La reine brûle ses papiers et rassemble ses diamants, elle veut convaincre le roi de quitter Versailles pour une place-forte sûre, loin de Paris.

Il faut dire que, depuis le 14 juillet, un livre de proscription circule dans Paris. Les favoris de la reine y sont en bonne place, et la tête de la reine elle-même est mise à prix. On l'accuse de vouloir faire sauter l'Assemblée avec une mine, et de vouloir faire donner la troupe sur Paris.

Le 1er octobre, c'est un nouveau scandale : lors d'un banquet donné par les gardes du corps de la Maison militaire, au régiment de Flandre qui vient d'arriver à Paris, la reine est acclamée, des cocardes blanches sont arborées, et selon la presse révolutionnaire des cocardes tricolores auraient été foulées. Paris est outré par ces manifestations contre- révolutionnaires, et par la tenue d'un banquet alors que le pain manque.





Le 5 octobre, une manifestation de femmes marche sur Versailles, réclamant du pain, disant aller chercher « le boulanger » (le roi), « la boulangère » (la reine) et le « petit mitron » (le dauphin). De nombreux hommes armés se sont glissés dans le cortège.

Le roi, revenu de la chasse, oscille entre plusieurs options, notamment le départ de Versailles vers un autre château sécurisé, le blocage des insurgés avant leur arrivée à Versailles qu'il refuse pour ne pas risquer de faire couler du sang ou encore la simple attente.

Après une certaine confusion, la famille royale reste à Versailles et le roi reçoit une délégation de femmes. En soirée La Fayette arrive avec la garde nationale et répond de la sécurité du roi. La famille royale part se coucher. Le lendemain matin, des émeutiers armés de piques et de couteaux pénètrent dans le château, tuent deux gardes du corps et menacent la famille royale. La reine notamment échappe de peu aux assaillants et elle doit plus tard se montrer au balcon.

Personne finalement ne lui tire dessus mais la famille royale est alors contrainte de se rendre à Paris, escortée par les troupes du marquis de La Fayette et les émeutiers. Sur le trajet, on menace la reine, et lui montrant une corde et en lui promettant un réverbère de la capitale pour la pendre.





La monarchie constitutionnelle

Le 10 octobre, Louis XVI prend le titre de « Roi des Français ». Avec Marie-Antoinette, ils se seraient résolus à demander de l'aide aux souverains étrangers, le roi d'Espagne Charles IV et Joseph II, frère de la reine. Mais le roi d'Espagne répond évasivement et le 20 février 1790, Joseph II meurt. Des doutes et des controverses entre historiens subsistent sur ce possible appel à l'étranger.

La Fayette suggère froidement à la reine le divorce. D'autres parlent à mots à peine couverts d'un procès en adultère, et de prendre la reine en flagrant délit avec le comte de Fersen.

Breteuil propose alors, fin 1790, un plan d'évasion. L'idée est de quitter les Tuileries et de gagner la place-forte de Montmédy, proche de la frontière. La reine est de plus en plus seule, surtout depuis qu'en octobre 1790, Mercy-Argenteau a quitté la France pour sa nouvelle ambassade aux Pays-Bas et que Léopold II, le nouvel empereur, un autre de ses frères, élude ses demandes d'aide, car monarque philosophe, il pousse au contraire sa sœur à jouer le jeu de la nouvelle Constitution.

Le 7 mars, une lettre de Mercy-Argenteau à la reine est interceptée et portée devant la Commune. C'est le scandale, une preuve, pense-t-on, du « comité autrichien », des tractations de la reine pour vendre la patrie à l'Autriche.





Le 20 juin débute la maladroite tentative d'évasion, stoppée le lendemain par l'arrestation à Varennes-en-Argonne. Très vite, Paris s'aperçoit de la fuite. Toutefois La Fayette réussit à faire croire que le roi a été enlevé par des contre-révolutionnaires. L'explication varie selon les historiens : pour certains il cherchait à protéger les fugitifs, pour d'autres il cherchait simplement un motif juridique valable pour les arrêter.

La famille royale, hors de Paris, ne se cache plus guère. Malheureusement, leur berline est en retard de plus de trois heures, et quand elle arrive au premier rendez-vous, au relais de Pont-de-Somme-Vesle, les troupes promises sont reparties, pensant que le roi a changé d'avis. Peu avant midi, la berline est arrêtée à Varennes-en-Argonne. Le maître de poste du relais précédent, à Sainte-Menehould, a reconnu le roi. Il y a un moment d'hésitation, personne ne sachant que faire, et pendant ce temps, la foule accourt à Varennes.

Finalement, la famille royale, sous les menaces et dans un climat de violence sourde, est ramenée à Paris.





Après Varennes

À son retour aux Tuileries, la reine a dit- on une surprise en se regardant dans le miroir : ses cheveux blonds cendrés sont devenus blancs. Interrogé à Paris par une délégation de l'Assemblée constituante, Louis XVI répond évasivement. Ces réponses, rendues publiques, suscitent le scandale, et certains révolutionnaires réclament la déchéance du roi.

Marie-Antoinette, elle, voit secrètement Barnave, qui veut convaincre le roi d'accepter son rôle de monarque constitutionnel. Le 13 septembre, Louis XVI accepte la Constitution. Le 30, l'Assemblée constituante se dissout et est remplacée par l'Assemblée législative, cependant que les bruits de guerre avec les monarchies alentour, au premier rang desquelles l'Autriche, se font plus pressants. Le peuple est alors monté contre Marie-Antoinette. Les pamphlets et journaux révolutionnaires la traitent de « monstre femelle » ou encore de « Madame Veto », et on l'accuse de vouloir faire baigner la capitale dans le sang.

En avril 1792, la France déclare la guerre à la Prusse et elle subit dans un premier temps de sérieux revers.

Le 3 août 1792, le manifeste de Brunswick, largement inspiré par Fersen, achève d'enflammer une partie de la population.

Le 10 août, c'est l'insurrection. Les Tuileries sont prises d'assaut, le roi doit se réfugier à l'Assemblée, qui vote sa suspension provisoire et son internement au couvent des Feuillants. Le lendemain, la famille royale est finalement transférée à la prison du Temple.





Pendant les massacres de septembre, la princesse de Lamballe, proche amie de la reine et victime symbolique, est sauvagement assassinée, démembrée, et sa tête est brandie au bout d'une pique devant les fenêtres de Marie-Antoinette pendant que divers morceaux de son corps sont brandis en tromphée dans Paris. Peu après, la Convention déclare la famille royale otage.

Début décembre, a lieu la découverte officielle de l'« armoire de fer » dans laquelle Louis XVI cachait ses papiers secrets et dont l'existence est aujourd'hui sujette à débats. Le procès est désormais inévitable.

Le 26 décembre, la Convention vote la mort avec une majorité étroite. Louis XVI est exécuté le 21 janvier 1793.

Le 27 mars, Robespierre évoque le sort de la reine pour la première fois devant la Convention.

Le 13 juillet, le dauphin est enlevé à sa mère et confié au savetier Simon.

Le 2 août, c'est Marie-Antoinette qui est séparée des princesses et conduite à la Conciergerie.





Lors du transfert, alors qu'elle s'est violemment cognée la tête, elle répond à ses geôliers qui s'en inquiètent son fameux « Rien à présent ne peut plus me faire du mal ».

Son interrogatoire commence le lendemain.


Le procès

Le 3 octobre 1793, Marie-Antoinette comparait devant le Tribunal révolutionnaire, mené par l’accusateur public Fouquier-Tinville. Si le procès de Louis XVI avait conservé quelques formes de procès équitable, ce n'est pas le cas de celui de la reine. Le dossier est monté très rapidement, il est incomplet, Fouquier-Tinville n'ayant pas réussi à retrouver toutes les pièces de celui de Louis XVI.

Pour charger l'accusation, il imagine de faire témoigner le dauphin contre sa mère. Devant le Tribunal, le jeune garçon accuse sa mère et sa tante de l'avoir initié à la masturbation et de l'avoir contraint à des jeux sexuels. Indignée, Marie-Antoinette en appelle aux femmes de l'assistance. L’émeute est évitée de justesse.

On l’accuse également d’entente avec les puissances étrangères. Comme la reine nie, Hermann, président du Tribunal, l’accuse d’être « l’instigatrice principale de la trahison de Louis Capet » : c’est donc bien un procès en haute trahison.





Le préambule de l’acte d'accusation déclare également : « Examen fait de toutes les pièces transmises par l'accusateur public, il en résulte qu’à l'instar des Messalines Brunehaut, Frédégonde et Médicis, que l’on qualifiait autrefois de reines de France et dont les noms à jamais odieux ne s’effaceront pas des fastes de l’histoire, Marie-Antoinette, veuve de Louis Capet, a été, depuis son séjour en France, le fléau et la sangsue des Français. »

Les dépositions des témoins à charge s’avèrent bien peu convaincantes. Marie-Antoinette répond qu'elle « n’était que la femme de Louis XVI, et qu’il fallait bien qu’elle se conforma à ses volontés ».

Fouquier-Tinville réclame la mort et fait de l’accusée « l’ennemie déclarée de la nation française ». Les deux avocats de Marie-Antoinette, Tronçon-Ducoudray et Chauveau-Lagarde, jeunes, inexpérimentés et n’ayant pas eu connaissance du dossier, ne peuvent que lire à haute voix les quelques notes qu'ils ont eu le temps de prendre.


Quatre questions sont posées au jury :

« 1. Est-il constant qu’il ait existé des manœuvres et des intelligences avec les puissances étrangères et autres ennemis extérieurs de la République, lesdites manœuvres et des intelligences tendant à leur fournir des secours en argent, à leur donner l’entrée du territoire français et à leur faciliter le progrès de leurs armes ?
2. Marie-Antoinette d’Autriche (…) est-elle convaincue d'avoir coopéré à ces manœuvres et d’avoir entretenu ces intelligences ?
3. Est-il constant qu’il ait existé un complot et une conspiration tendant à allumer la guerre civile à l’intérieur de la République ?
4. Marie-Antoinette est-elle convaincue d’avoir participé à ce complot et à cette conspiration ? »

Aux quatre questions, le jury répond « oui ».

S'il en était encore besoin, ce verdict est la preuve de ce que le procès de la reine n'a pas été équitable. En effet lorsque le jury rend son verdict il n'existe aucune preuve de l'accusation de haute trahison que l'on impute à la reine. Le dossier est vide de toute pièces. Bien sûr Marie-Antoinette a communiqué des documents militaires confidentiels à l'Autriche. (plan de campagne des armées françaises). Mais la preuve de ceci ne sera découverte que plus tard avec la découverte de la trahison de Mirabeau.





En réalité il fallait condamner la "veuve Capet". Robespierre n'a pas hésité à intégrer au jury le médecin qui soignait la reine à la conciergerie, lequel a indiqué aux autres jurés que de toutes façons Marie-Antoinette était condamnée médicalement à brève échéance. (ce qui était vraisemblable. La reine martyre souffait de forts épanchements sanguins laissant augurer d'un cancer de l'utérus)

Marie-Antoinette est condamnée à mort pour haute trahison le 16 octobre vers quatre heures du matin, elle écrivit alors à Madame Élisabeth, la sœur de Louis XVI : « Je viens d'être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l'est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère ».

Le jour même, elle est emmenée mains liées sur une charrette — Louis XVI avait eu droit à un carrosse — elle s'est comportée dignement, montrant à la population son courage jusqu'à ses ultimes instants et sa rencontre avec « la Veuve ».

À midi un quart, elle est guillotinée, après avoir refusé de se confesser au prêtre constitutionnel qu’on lui a donné.





Elle est enterrée au cimetière de la Madeleine, rue d’Anjou-Saint-Honoré. Son corps fut exhumé le 18 janvier 1815 et transporté le 21 à Saint-Denis.

À sa décharge, il semblerait que la reine n'ait eu de fait aucune influence politique sur le roi, ce qui transparaît dans une lettre écrite à son frère : « Je sais que, surtout pour la politique, je n'ai pas grand ascendant sur l'esprit du roi. Serait-il prudent à moi d'avoir avec son ministre des scènes sur des objets sur lesquels il est presque sûr que le roi ne me soutiendrait pas ? Sans ostentation ni mensonge je laisse croire au public que j'ai plus de crédit que je n'en ai véritablement parce que si on ne me croyait pas, j'en aurais encore moins ».

"Le premier crime de la Révolution," dit Chateaubriand, "fut la mort du Roi, mais le plus affreux fut la mort de la Reine".

Et Napoléon a dit de son côté : " La mort de la Reine fut un crime pire que le régicide."

Crime purement gratuit, puisqu' il n' y avait "aucun prétexte à alléguer comme excuse; " crime éminemment impolitique, puisqu'il frappait "une princesse étrangère", le plus sacré des otages" crime souverainement lâche puisque la victime était une femme, " qui n' avait eu que des honneurs sans pouvoirs;" de toutes façons crime fatal, dont les conséquences ont dépassé peut être les limites de ceux qui l' ont exécuté ou permis.

Ce ne fut qu'après son exécution que la guerre fut déclarée entre la France et l'Autriche mettant fin à l'alliance établie par Bernis et Choiseul, alliance qui avait su résister jusque-là.



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MessagePosté le: 15/10/2006 20:12:45    Sujet du message: Publicité

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André grandier
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MessagePosté le: 15/10/2006 20:31:11    Sujet du message: Louis XVI Répondre en citant





Louis XVI, Roi de France et de Navarre (1774–1789) puis Roi des Français (1789–1792). Né le 23 août 1754 à Versailles, guillotiné le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution (anciennement, Place Louis XV) à Paris.

Louis Auguste est le fils du dauphin Louis de France (1729-1765) et de sa seconde épouse Marie-Josèphe de Saxe (1731–1767), et le petit-fils de Louis XV et de la reine Marie Leszczyńska.

Il est d'abord titré duc de Berry jusqu'au 20 décembre 1765, date de la mort de son père, à partir de laquelle il devient dauphin, son frère aîné Louis Joseph Xavier (1751-1761), duc de Bourgogne, étant mort. Il devient roi le 10 mai 1774. Sacré à Reims le dimanche 11 juin 1775 par l'archevêque de Reims, Mgr de La Roche-Aymon


Famille

Louis XVI épousa le mercredi 16 mai 1770 à Versailles, par Mgr de La Roche-Aymon, archevêque de Reims officiant, l’archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche (1755–1793), onzième fille des seize enfants de l'empereur François Ier de Lorraine et de son épouse Marie-Thérèse de Habsbourg, "roi" de Hongrie, reine de Bohême et archiduchesse souveraine d'Autriche. Le couple eut quatre enfants :

Louis Joseph Xavier François (22 octobre 1781 - 4 juin 1789), premier dauphin ;
Marie Thérèse (19 décembre 1778 - 19 octobre 1851), dite Madame Royale, qui épouse en 1799 son cousin germain le duc d’Angoulême (1775-1844) ;
Marie Sophie Hélène (29 juillet 1786 - 19 juin 1787) ;
Louis Charles (27 mars 1785 - 8 juin 1795), duc de Normandie, 2e dauphin et futur Louis XVII, qu'on surnommera pendant sa captivité l'Enfant du Temple.
Il était passionné par la marine, la géographie et la serrurerie. Il mandata La Pérouse pour faire le tour du monde et le cartographier. Bien sûr ses intentions étaient aussi de contrer l'avance des Britanniques sur ce sujet.


Un roi simple ?

Louis XVI a longtemps été caricaturé comme un roi un peu simplet, manipulé par ses conseillers, peu à même des questions de pouvoir, avec des petites marottes ridicules comme la serrurerie. En fait, cette image est en partie due à son attitude envers la Cour. Le caractère "étourdi" qui lui a quelque fois été attribué s'explique en partie par une forte myopie qui "l'isolait" du monde.

Louis XVI était en fait un homme en avance sur son temps, une personne studieuse et érudite qui était passionnée de marine, d'histoire et de sciences diverses. Loin de s'interésser qu'aux serrures, il avait une connaissance théorique de la marine si pointue, qu'il se plaisait, quand il vit pour la première fois la mer, à faire des remarques dont la pertinence stupéfiait ses interlocuteurs. D'autres "clichés" révèlent un Roi petit, alors que celui-ci mesurait plus d'1 mètre 90 !!

Depuis Louis XIV, la noblesse est domestiquée via la Cour. Des principes, l'étiquette, régissent la vie de la cour, en faisant du Roi, et surtout de la Reine, le centre d'un cérémonial très strict. Cette construction de Louis XIV rendait un rôle à une noblesse en crise : la Fronde l'avait profondément marqué alors qu'il était enfant. Louis XVI hérite donc de ce système : grâce à la Cour, la noblesse voyait son rôle, sa participation à la vie de la nation, légitimée : la noblesse servait le Roi et aidait ainsi la Couronne. Même si la majorité des nobles n'avait pas les moyens de vivre à la Cour, les textes montrent bien l'attachement des nobles de province au rôle de la Cour. Cette élite nobiliaire représentait l'ensemble de l'ordre.

Louis XVI n'entra jamais dans cette logique. Ce n'était pas par manque d'éducation : premier monarque français à parler couramment anglais, nourri des philosophes des Lumières, il aspirait à trancher avec l'image « Louisquatorzienne » du roi en constante représentation. Cette image du Roi simple rejoint celle des despotes éclairés de l'Europe, comme Frédéric II de Prusse.

Le refus d'entrer dans le grand jeu de l'étiquette explique la très mauvaise réputation que lui fera la noblesse : en la privant du cérémonial, le roi la privait de son rôle dans la société. Ce faisant, il se protégeait également : si à l'origine la Cour servait à contrôler la noblesse, la situation devint très vite différente : le Roi se trouvait lui-même prisonnier du système établi par lui. Pour asseoir son contrôle, il devait avoir un rôle actif dans l'étiquette, centrée sur lui, et ne disposait guère de possibilité d'évasion. Louis XIV et Louis XV se réservaient quelques moments de ce type, comme les dîners d'après la chasse, quand le roi sélectionnait les convives selon son désir et non selon le protocole, il s'aménageait un espace de liberté où il restait le maître.

La mauvaise gestion de Louis XVI de cette cour, en fait sa non-adaptation à un système bien établi depuis Louis XIV, le desservira dans son image : beaucoup de pamphlets le ridiculisant viennent de la noblesse, le décrivant non pas comme le roi simple qu'il était, mais comme un roi simplet. En 1770, il va épouser Marie-Antoinette. Elle est la fille de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche. Les époux n'ont que 14 ans.


Sous la Révolution

1789

L'Assemblée nationale décréta le 10 octobre 1789, lors de la discussion sur le mode de promulgation des lois, que la formule serait : Louis, par la grâce de Dieu, & la loi constitutionnelle de l'État, Roi des Français à tous présents et à venir, salut. Pour certains, le nouveau titre du chef de l'État serait donc roi des Français à partir de cette date. Rien pourtant d'anormal qu'à partir du 6 novembre 1789, il fit commencer ses actes officiels (lettres patentes, lois, etc.) par la formule Louis, par la grâce de Dieu, & par la Loi constitutionnelle de l'État, Roi des Français, puisqu'il se conformait à la formule de promulgation qui avait été décrétée le 10 octobre par l'Assemblée constituante. Le nouveau sceau royal, utilisé à partir de février 1790, porta l'inscription : Louis XVI par la grâce de Dieu et par la loy constitutionnelle de l'État roy des François.


La monarchie constitutionnelle

Pour d'autres, il n'aurait été déclaré roi des Français que par la Constitution du 3 septembre 1791 (chapitre II, article 2 : « le seul titre du roi est Roi des Français »), « acceptée » par le roi le 13 septembre 1791. Les pouvoirs du roi y sont en effet limités et précisés. Louis XVI n'est plus roi par la grâce de Dieu, mais roi des Français, c'est-à-dire non plus un souverain de droit divin, mais en quelque sorte le chef, le premier représentant du peuple français. Cette constitution maintenait en outre le changement du titre du dauphin en prince royal (qui avait eu lieu le 14 août 1791).

Le 14 septembre 1791, Louis XVI jure fidélité à ladite constitution.


Le roi s'enfuit

L'évasion manquée des 20 et 21 juin 1791 est un épisode à première vue mineur, mais en réalité symbolique et déterminant, dans le cours de la Révolution française. La fuite de la famille royale à laquelle certains conseillers avaient pensé dès le 6 octobre 1789, et à plusieurs reprises depuis, est cette fois minutieusement préparée par Hans Axel de Fersen. L'entourage de Louis XVI et de Marie-Antoinette d'Autriche avec au premier rang Axel de Fersen, favori de la reine, tenta d'organiser la fuite de la famille royale vers Metz, pour y rejoindre le marquis de Bouillé, général en chef des troupes de la Meuse, Sarre et Moselle, co-organisateur du plan d'évasion.

Plan d'évasion

Les modalités de la fuite furent préparées avec une certaine légèreté voire de la naïveté. Par exemple, le plan avait prévu de déguiser Louis XVI en intendant, sans que personne ne s'avise qu'un vrai domestique ne se serait probablement pas assis dans la cabine de la berline face à face avec sa maîtresse, "Mme de Korff". Ajouté au fait que le départ de l'équipage des Tuileries au matin du 20 juin 1791 n'ait pas eu lieu dans le plus grand secret, et l'on comprendra que la nouvelle de l'évasion de la famille royale ait pu précéder la berline de camouflage. Cette berline était peinte en vert bouteille avec le train et les roues jaunes citron.


Les passeports

Les passeports de Louis XVI, Marie-Antoinette d'Autriche, le Dauphin, Marie-Thérèse de France et de la marquise Louise Elisabeth de Croÿ de Tourzel:

Louis XVI : M. Durand (intendant de la baronne de Korff).
Marie-Antoinette d'Autriche : Mme Rochet (gouvernante des enfants de Mme de Korff).
Marie-Thérèse de France : Fille de Mme de Korff (elle reste habillée en fille).
Le Dauphin : Fille de Mme de Korff (il est vêtu en fille).
Louise-Elisabeth de Croy de Tourzel : la baronne de Korff.

Départ de Paris - 20 juin 1791

21 heures 45

Axel de Fersen arrête la berline, qu'il a fait construire spécialement, en haut du faubourg Saint-Martin, à l'entrée de la route de Metz. À la même heure, 180 dragons envoyés par le marquis de Bouillé viennent cantonner à Clermont-en-Argonne et 40 hussards à Sainte-Ménehould ; ils doivent protéger la route que suivra la voiture royale pour se rendre à Montmédy, et éventuellement en Belgique (territoire autrichien).


22 heures 30

Deux femmes de chambre de Marie-Antoinette, Madame Brunier et Madame Neuville, les premières dames de Madame et du Dauphin, quittent les Tuileries pour Claye-Souilly où elles doivent rejoindre la berline royale.


22 heures 50

Axel de Fersen emmène des Tuileries le dauphin (futur Louis XVII de France), sa sœur, Marie-Thérèse de France et leur gouvernante, Louise Elisabeth de Croÿ de Tourzel.


23 heures 30

Louis XVI et Marie-Antoinette font semblant de se coucher selon le cérémonial habituel.


Fuite de la famille royale : 21 juin 1791

Minuit dix

Louis XVI déguisé en valet de chambre, monte dans une "citadine" (voiture de ville) stationnée près des Tuileries. Il y trouve sa sœur Élisabeth de France et Marie-Antoinette les rejoint à 0 heures 30.


1 heure 50

La famille royale atteint la berline avec une heure et demie de retard sur l'horaire prévu. Marie-Antoinette s'était perdue dans les méandres des rues entourant le Louvre.


2 heures 30

Premier relais à Bondy : Axel de Fersen qui avait accompagné la famille royale la quitte.


4 heures

Un cabriolet avec les deux femmes de chambre rejoint la berline royale à Claye-Souilly.


7 heures

Le valet de chambre s'aperçoit que Louis XVI n'est pas dans la chambre aux Tuileries. Le comte de Provence (futur Louis XVIII de France) quitte Paris au petit matin avec son ami d'Avaray, arrive sans la moindre difficulté par Maubeuge et Avesnes, à Mons, en Belgique. De là il gagne Marche où il apprend l'arrestation de son frère Louis XVI.


8 heures

La nouvelle du départ de Louis XVI se répand dans Paris. L'Assemblée constituante déclare qu'il a été "enlevé".


10 heures

60 hussards arrivent à Varennes-en-Argonne.


11 heures

Les voitures royales s'arrêtent à Montmirail. Elles ont trois heures de retard sur l'horaire prévu. À Paris, La Fayette envoie des courriers dans toutes les directions pour arrêter la famille royale. À Sainte-Ménéhould et Clermont-en-Argonne, la population s'inquiète de l'arrivée des cavaliers, la garde nationale prend les armes.


16 heures

La berline royale arrive à Châlons-sur-Marne avec quatre heures de retard. Les cavaliers détachés sur la route las d'attendre le passage des voitures royales et menacés par les paysans, reçoivent l'ordre de se replier.


19 heures 55

Le cabriolet suivi de la berline royale, s'arrête devant le relais de Sainte-Ménéhould. Le maître de poste, Jean-Baptiste Drouet qui a séjourné à Versailles, et qui, selon la légende, compare le visage du "valet de chambre" à l'effigie royale d'un écu reconnaît le roi, mais ne réagit pas. Il ne se lance à la poursuite de la berline royale que lorsque les courriers de La Fayette annoncent la fuite de Louis XVI.


20 heures 10

Les deux voitures quittent le relais.


21 heures

Jean-Baptiste Drouet et son ami Guillaume montent à cheval et prennent par un raccourci le chemin de Varennes, vers laquelle se dirigent les voitures royales. À Sainte-Ménéhould, les dragons sont désarmés sans résistance par la population.


22 heures 50

La berline royale s'arrête à Varennes pendant qu'un postillon cherche le relais. Les voyageurs sont étonnés de ne trouver aucun des cavaliers qui devaient les escorter.


22 heures 55

Jean-Baptiste Drouet et Guillaume arrivent à Varennes, passent devant la berline arrêtée et avertissent le procureur-syndic, l'épicier Jean-Baptiste Sauce, que les voitures de la famille royale en fuite sont arrêtées en haut de la ville. Ils décident de barricader le pont de l'Aire, passage obligé.


23 heures 10

Les deux voitures de la famille royale sont mobilisées avant la barricade, sous la voûte de l'église Saint-Gégoult qui enjambe la rue, Jean-Baptiste Sauce oblige les voyageurs à descendre et les fait entrer dans sa maison qui est à quelques pas. Le tocsin sonne, la garde nationale est mise en alerte.


La nuit à Varennes

minuit trente - 22 juin 1791

Le juge Destez qui a vécu assez longtemps à Versailles et que Jean-Baptiste Sauce est allé chercher reconnaît formellement le roi. Les hussards, qui n'ont pas été rassemblés par leurs officiers (dont le lieutenant Bouillé, fils du marquis de Bouillé), pactisent avec la foule. Le chirurgien Mangin monte à cheval pour porter la nouvelle à Paris.


7 heures 45

Les patriotes de Varennes décident de renvoyer la famille royale à Paris. Alertée par le tocsin qui sonne partout une foule énorme vient border la route suivie par le cortège des "prisonniers".


Retour de la famille royale à Paris

22 heures -le 22 juin 1791

À Paris l'Assemblée constituante prévenue par Mangin de l'arrestation de la famille royale nomme trois commissaires Antoine Barnave, Jérôme Pétion de Villeneuve et Charles César de Fay de La Tour-Maubourg, pour ramener la famille royale à Paris.


23 heures

La famille arrive à Châlons-sur-Marne, où elle couche.


23 juin 1791 - 9 heures

Le cortège royal quitte Châlons-sur-Marne.


13 heures

Les trois députés de l'Assemblée constituante, accompagnés du colonel Mathieu Dumas rejoignent la famille royale à Boursault, près de Dormans. Ils couchent à Dormans. À Paris, le club des Cordeliers demande l'établissement de la République.


24 juin 1791 - 6 heures

Le cortège part pour Paris et s'arrête pour la nuit à Meaux. À Paris, une pétition signée de 30 000 noms réclame la République.


25 juin 1791- 7 heures

La famille royale quitte Meaux. À Paris, dés l'aube, une foule immense prend la direction de Meaux. La ville est inondée de pamphlets violents, injurieux pour le roi et la reine.


14 heures

Les premiers Parisiens rencontrent la famille à Villeparisis. L'Assemblée nationale décrète la suspension de Louis XVI.


18 heures

Le cortège royal arrive sur les "nouveaux boulevards" (actuels boulevards de La Chapelle, Rochechouart, Clichy, etc.). Pour éviter de trop violentes manifestations, la municipalité a décidé que les fugitifs feraient le tour de Paris et rentreraient aux Tuileries par les Champs-Elysées et la place de la Concorde. La Garde nationale forme la haie, mais la crosse en l'air, comme pour un enterrement. Le silence a été ordonné : "Quiconque applaudira le roi sera bâtonné, quiconque l'insultera sera pendu". Il est 22 heures.


19 heures

Lorsque la berline royale et sa double haie de gardes nationaux qui protégeaient la berline que précédait La Fayette, on se montrait sur les sièges les trois gardes du corps (Malden, Moustier et Valory) qui arrivaient les mains liées derrière le dos. La foule était immense, mais silencieuse, ou presque : on entendait quelques cris de "Vive Drouet ! Vive la Nation ! Vive la brave garde nationale !"


22 heures

Lorsque la voiture royale arriva aux Tuileries, la fureur de la foule éclata. Il s'en fallut de peu que Marie-Antoinette ne fut écharpée. Armand du Plessis de Richelieu, duc d'Aiguillon et Louis-Marie de Noailles la sauvèrent de justesse.





Après Varennes


Un mouvement important réclamait le départ du roi. Les Cordeliers rédigent plusieurs pétitions contre le roi, soutenus par des journaux comme Le Républicain. Les Jacobins décidèrent de suivre les Cordeliers, ce qui crée une rupture en leur sein. Une partie de leurs membres créèrent le club des Feuillants. C'est dans ce contexte que la constitution du 13 septembre 1791, évoquée ci-dessus, est proclamée.

Le jeu politique extrêmement complexe de l'année qui suivit conduisit à la déchéance du roi. Le pays subissait de très fortes tensions : dans les campagnes, les récoltes furent bonnes, mais la politique libérale conduite par l'assemblée entraina un stress alimentaire et de nombreuses émeutes, malgré des réserves souvent excédentaires. En plus de ces tensions sociales, la guerre fut le principal facteur des difficultés de la monarchie. Les défaites de l'armée française entrainèrent le vote de décrets plus radicaux auxquels le roi opposa son veto. Les débats qui s'en suivirent obligèrent l'Assemblée législative à décréter la suspension du roi.

Louis XVI est donc suspendu par l'Assemblée le 10 août 1792, et détrôné lors de la première séance de la Convention nationale qui décréte, le 21 septembre 1792 que « la royauté est abolie en France » et que « l'An I de la République française » partira du 21 septembre 1792.

Le retour aux Tuileries allait, dans les faits, sceller le destin tragique de la famille royale. Le ralliement de Louis XVI à la Constitution, et son serment de fidélité, ayant peu de poids face à de supposées trahisons, dont la tentative de fuite constituait un symbole éclatant.


Conséquences

Quinze mois après la fin « tragi-comique » de l'équipée le 21 juin 1791, le roi était déchu de son titre royal avec la proclamation de la République (21 septembre 1792), puis jugé devant la Convention nationale, condamné à mort et guillotiné le 21 janvier 1793, sort partagé ultérieurement par Marie-Antoinette et par Madame Élisabeth, sœur du roi, tandis que jeune dauphin, « Louis XVII », mourait de maladie, faute de soins, dans sa prison du Temple le 8 juin 1795.

Il est à remarquer cette arrestation d'un roi en fuite suivie de sa décapitation rappelle étrangement ce qui a été connu par l'Angleterre 140 ans plus tôt avec Charles Ier

Son procès

Séance du 11 décembre 1792

C'est Bertrand Barère de Vieuzac qui préside la Convention nationale l'acte énonciatif d'accusation rédigé par Robert Lindet et décrète l'interrogatoire de Louis XVI.

Louis XVI fait son entrée dans la salle de la Convention nationale. La plupart des députés ne peuvent retenir un mouvement de compassion. Ce n'est pas un roi vaincu qu'ils ont devant eux mais un homme marchant au supplice, sans espérance, sans fierté. Cette simplicité douloureuse les gène et les inquiète.

- « Louis, dit Bertrand Barère de Vieuzac, la nation vous accuse, l'Assemblée nationale a décrété le 3 décembre que vous serez jugé par elle ; le 6 décembre, elle a décidé que vous seriez conduit à la barre. On va vous lire l'acte énonciatif des délits qui vous sont imputés... Vous pouvez vous asseoir.


Les 11 chefs d'accusation :

1/ D'avoir tenté d'empêcher la réunion des États généraux, et par là avoir attenté à la liberté.
2/ D'avoir rassemblé une armée contre les citoyens de Paris de ne l'avoir éloignée qu'après la prise de la Bastille.
3/ De n'avoir pas tenu ses promesses à l'Assemblée constituante, d'avoir éludé l'abolition de la féodalité et laissé piétiner la cocarde tricolore provoquant ainsi les journées des 5 et 6 octobre 1789.
4/ D'avoir prêté serment lors de la fête de la Fédération pour essayer ensuite de corrompre l'Assemblée constituante en particulier par l'intermédiaire de Mirabeau.
5/ D'avoir trompé l'Assemblée constituante en lui adressant copie d'une lettre adressée aux agents diplomatiques indiquant qu'il avait accepté librement la Constitution, tout en prodiguant l'argent du peuple pour préparer l'affaire de Varennes.
6/ Convention passée entre Léopold II et le roi de Prusse pour rétablir la monarchie française.
7/ D'avoir envoyé des sommes considérables au marquis de Bouillé et aux émigrés.
8/ D'avoir eu une part dans l'insurrection du 10 août 1792.
9/ D'avoir ordonné le stockage de grains de sucre et de café.
10/ D'avoir opposé son veto au décret prévoyant la formation d'un camp de 20 000 fédérés.
11/ D'être responsable de la fusillade du Champ-de-Mars le 17 juillet 1791.

Louis XVI écouta les 11 chefs d'accusation assis dans le fauteuil où il avait accepté la Constitution. Après que le secrétaire lui ait donné lecture de l'acte énonciatif d'accusation, le président Bertrand Barère de Vieuzac reprend ensuite chaque article de l'accusation et questionne Louis XVI.

Réponses de Louis XVI aux 11 chefs d'accusation :

1/ Il n'existe pas de lois qui m'en empêchaient.
2/ Il était le maître de faire marcher des troupes dans ce temps-là ; mais je n'ai jamais eu l'intention de répandre le sang.
3/ Louis XVI se borne à nier les faits, notamment l'affaire de la cocarde.
4/ Il ne se rappelle pas ce qui s'est passé dans ce temps-là ; mais le tout est antérieur à l'acceptation que j'ai faite de la Constitution.
5/ Louis XVI déclare qu'il ignore tout sur la convention passée entre l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse, il déclare en avoir informé l'Assemblée dès qu'il en a eu connaissance.
7/ Il nie avoir fait passer des sommes considérables au marquis de Bouillé et aux émigrés. Il affirme même avoir désavoué les initiatives de ses frères d'Artois et de Provence à l'étranger.
8/ Louis XVI nie avoir eu une part quelconque à l'insurrection du 10 août 1792.
9/ Louis XVI nie avoir ordonné le stockage de grains, de sucre et de café, accusation ridicule et même déplacée dans un procès de cette nature.
10/ La Constitution me donne libre sanction des décrets et, dès ce temps-là, j'ai demandé la réunion d'un camp à Soissons.
11/ Louis XVI répond son ignorance des faits.

L'interrogatoire est terminé. « Louis avez-vous quelque chose à ajouter ? », lui demande Bertrand Barère de Vieuzac.

« Je demande communication des accusations que je viens d'entendre et des pièces qui y sont jointes et la facilité de choisir un conseil pour me défendre ». On lui présente les pièces produites à l'appui de l'acte énonciatif d'accusation.
Louis XVI dit : « Je ne les reconnais pas ». Il ne reconnait pas davantage sa signature et son cachet aux armes de France au bas d'une lettre à l'évêque de Clermont. Louis XVI ignore l'existence de « l'armoire de fer » aux Tuileries. L'audience est terminée.


La Convention nationale accorde des défenseurs à Louis XVI :

Le 12 décembre 1792, la Convention accorde des défenseurs à Louis XVI : François Denis Tronchet, Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, Gui-Jean-Baptiste Target, Raymond de Sèze.


Deuxième séance

Romain de Sèze fait sa plaidoirie en faveur de Louis XVI le 26 décembre 1792.

« Citoyens réprésentants de la Nation, commença-t-il, il est donc enfin arrivé ce moment «ù Louis accusé au nom du peuple français, peut se faire entendre au milieu de ce peuple lui-même ! Il est arrivé ce moment où entouré des conseils que l'humanité et la loi lui ont donnés, il peut présenter à la Nation une défense et développer devant elle les intentions qui l'ont toujours animé ! Citoyens je vous parlerai avec la franchise d'un homme libre : je cherche parmi vous des juges, et je n'y vois que des accusateurs ! Vous voulez prononcer sur le sort de Louis, et c'est vous mêmes qui l'accusez ! Vous voulez et vous avez déjà émis votre vœu ! Vous voulez prononcez sur le sort de Louis et vos opinions parcourent l'Europe ! Louis sera donc le seul Français pour lequel il n'existe aucune loi, ni aucune forme ! Il ne jouira ni de son ancienne condition ni de la nouvelle ! Quelle étrange et inconcevable destinée ! Français la révolution qui vous régénère a développé en vous de grandes vertus ; mais craignez, qu'elle n'ait affaibli dans vos âmes le sentiment de l'humanité, sans lequel il ne peut y en avoir que de fausses ! Entendez d'avance l'Histoire, qui redira à la renommée : "Louis était monté sur le trône à vingt ans, et à vingt ans il donna l'exemple des mœurs : il n'y porta aucune faiblesse coupable ni aucune passion corruptrice ; il fut économe, juste et sévère ; il s'y montra toujours l'ami constant du peuple. Le peuple désirait la destruction d'un impôt désastreux qui pesait sur lui, il le détruisit ; le peuple demandait l'abolition de la servitude, il commença par l'abolir lui-même dans ses domaines ; le peuple sollicitait des réformes dans la législation criminelle pour l'adoucissement du sort des accusés, il fit ces réformes ; le peuple voulait que des milliers de Français que la rigueur de nos usages avait privés jusqu'alors des droits qui appartient aux citoyens, acquissent ces droits ou les recouvrassent, il les en fit jouir par ses lois. Le peuple voulut la liberté, il la lui donna ! Il vint même au devant de lui par ses sacrifices, et cependant c'est au nom de ce même peuple qu'on demande aujourd'hui... Citoyens, je n'achève pas...
JE M'ARRÊTE DEVANT L'HISTOIRE : songez qu'elle jugera votre jugement et que le sien sera celui des siècles". En venant à la réfutation des chefs d'accusation, Romain de Sèze les divisa adroitement : tenant pour nuls ceux qui étaient antérieurs à la Constitution ou qui avaient été amnistés par elle, et ceux qui lui étaient postérieurs mais dont les ministres assumaient légalement, la responsabilité, il nia l'appel à l'étranger et déclara Louis XVI irresponsable des tractations menées par ses frères avec l'Autriche. Il nia pareillement l'envoi des subsides aux émigrés, l'accusation manquant à vrai dire de preuves formelles. Ce fut la partie la moins solide de la défense, ce qui importait d'ailleurs assez peu, les députés de la Convention ayant la conviction que Louis XVI avait pactisé avec l'ennemi. »


Déclaration de Louis XVI pour sa défense le 26 décembre 1792.

-« On vient de vous exposer mes moyens de défense, dit Louis XVI, je ne les nommerais point ! En vous parlant peut-être pour la dernière fois, je vous déclare que ma conscience ne me reproche rien, et que mes défenseurs ne vous ont dit que la vérité. Je n'ai jamais craint que ma conduite fut examinée publiquement, mais mon cœur est déchiré de trouver dans l'acte d'accusation, l'impression d'avoir voulu répandre le sang du peuple, et surtout que les malheurs du 10 août me soient attribués. J'avoue que les preuves multipliées que j'avais données dans tous les temps de mon amour pour le peuple, et la manière dont je m'étais toujours conduit me paraissait devoir pouvoir que je ne craignais pas de m'exposer pour épargner son sang, et d'éloigner à jamais de moi une pareille impression. »


Jacques Defermon des Chapellières demanda à Louis XVI s'il reconnaissait les trousseaux de clefs des Tuileries, Louis XVI ne les reconnut pas.


Le verdict

Il est déclaré coupable de « conspiration contre la liberté publique et la sûreté générale de l'État » par la Convention (auto-instituée en tribunal) et, avec une majorité étroite, condamné à mort au manège du château des Tuileries, à la suite de la « séance permanente du mercredi 16 et du jeudi 17 janvier 1793 » et du scrutin rectificatif du 18. Le scrutin a été en réalité manipulé puisqu'un décompte sérieux des voix ne donnait pas la majorité à la mort du Roi.

On commence à le surnommer « Louis le dernier »





Exécution de Louis XVI

Le 20 janvier 1793 Antoine Joseph Santerre, Dominique Joseph Garat, Pierre Henri Lebrun se rendent à la Tour du Temple pour signifier à Louis XVI de France sa condamnation à mort par la Convention

Parcours de Louis XVI entre le Temple et la place de la Révolution

En traversant le jardin du Temple, Louis XVI se retourna vers la sombre tour, comme pour adresser un ultime adieu à sa famille. A l'entrée de la seconde cour une voiture attendait. Louis XVI y prit place avec l'abbé Henri Essex Edgeworth de Firmont. Deux gendarmes s'installèrent en face d'eux.

Il n'était bruit à Paris que d'une tentative d'enlèvement. De fait, le baron Jean de Batz avait réuni 400 royalistes qui devaient attaquer la voiture. Mais le service d'ordre était tel qu'ils se retrouvèrent vingt-cinq. Au cours du trajet, qui dura plus d'une heure, l'abbé Edgeworth de Firmont prêta son bréviaire à Louis XVI. Tous deux récitèrent les psaumes convenant à la situation. La voiture précédée de tambours, escortée par une troupe de cavaliers sabre au clair, avançait entre plusieurs rangs de gardes nationaux et de sans-culottes. Les fenètres des maisons étaient fermées.

Ce fut au milieu d'un morne silence, sous le ciel bas de ce 21 janvier 1793 que la voiture parvint sur la place de la Révolution et s'arrêta dans l'espace que l'on avait aménagé au pied de l'échafaud, espace entouré de canons en batterie et d'une multitude de piques et de baïonnettes.

Louis XVI dit simplement : « Nous voilà arrivés, si je ne me trompe ? »

L'un des bourreaux ouvrit la portière. Louis XVI mit une main sur le genou de l'abbé Edgeworth de Firmont

- « Messieurs, leur dit Louis XVI d'un ton de maître, je vous recommande monsieur que voilà ; ayez soin qu'après ma mort il ne lui soit fait aucune insulte : je vous charge d'y veiller ».

Les bourreaux répondirent qu'ils en auraient soin et demandèrent à Louis XVI de les laisser faire. Sur le mur de la Bastille était marqué « Qui applaudira le Roi sera battu ; qui l'insultera sera pendu ».

Louis XVI demanda aux représentants de la Convention qui l'accompagnaient s'ils avaient reçu des nouvelles de la Pérouse, disparu depuis environ cinq ans début 1788. Il essaya aussi de discuter des Annales de Tacite, le dernier livre qu'il venait de lire ou de relire.


L' exécution

Les bourreaux voulurent alors dépouiller Louis XVI de ses habits. Il les repoussa fièrement, se deshabilla lui-même et défit le col de sa chemise. Ils voulurent lui lier les mains. Cette humiliation le révolta.

- « Que prétendez-vous ?

- Vous lier.

- Me lier ? Non, je n'y consentirai jamais. Faites ce qui est commandé, mais vous ne me lierez pas ; renoncez à ce projet.»

Ils allaient l'empoigner quand l'abbé Edgeworth de Firmont lui dit : « Sire, dans ce nouvel outrage je ne vois qu'un dernier trait de ressemblance entre Votre Majesté et le Dieu qui va être sa récompense ».

Louis XVI leva les yeux au ciel et dit : « Assurément, il ne faut rien de moins que Son exemple pour que je me soumette à pareil affront. »

Et se tournant vers les bourreaux, il dit : « Faites ce que vous voudrez ; je boirai le calice jusqu'à la lie. » Il se laissa dès lors lier les mains et couper les cheveux. S'appuyant sur l'abbé Edgeworth de Firmont, il monta calmement les marches qui le conduisaient à l'échafaud. L'abbé Edgeworth de Firmont craignait que le courage commençât à lui manquer.

Les derniers instants de Louis XVI nous sont particulièrement connus grâce à son bourreau, Charles-Henri Sanson. Dans les jours qui suivirent l'exécution, les journaux décrivirent un roi tremblant et sanglotant, qu'il faut traîner à son supplice ou menacer d'un pistolet sur la tempe pour le faire avancer.

Le journal le "Thermomètre du Jour" du 13 février, un journal républicain modéré, avait décrit un Roi criant : « Je suis perdu ! », en citant comme une source le bourreau Sanson. Il semble que Sanson ait réagi à cette publication et cinq jours plus tard, le rédacteur du "Thermomètre" invitait Sanson à lui répondre "au sujet de Louis Capet".

Le récit que fit Sanson dans une lettre du 20 février 1793 nous est parvenu: arrivé au pied de la guillotine, Louis XVI considéra un instant les instruments de son supplice et demanda à Sanson si les tambours s'arrêteraient de battre. Il s'avança pour parler. On cria aux bourreaux de faire leur devoir. Pendant qu'on lui mettait les sangles, il s'écria : « Peuple, je meurs innocent ! ». Ensuite, se tournant vers ses bourreaux, Louis XVI déclara: « Messieurs, je suis innocent de tout ce dont on m'inculpe. Je souhaite que mon sang puisse cimenter le bonheur des Français. » Le couperet tomba. Il était 10 heures 22. L'un des assistants de Sanson présenta la tête de Louis XVI au peuple, cependant que s'élevait un immense cri de : « Vive la Nation ! Vive la République ! » et que retentissait une salve d'artillerie qui parvint aux oreilles de la famille royale incarcérée.

Dans sa lettre, Sanson souligne qu'« il a soutenu tout cela avec un sang froid et une fermeté qui nous a tous étonnés. Je reste très convaincu qu'il avait puisé cette fermeté dans les principes de la religion dont personne plus que lui ne paraissait pénétré ni persuadé ». La sérénité du roi et son acceptation du sacrifice furent ensuite utilisés par les partisans de la monarchie, tandis que certaine réthorique républicaine entretenait l'image de lâcheté que les premiers comptes rendus avaient erronément donné.

Alexandre Dumas Père dans ses "Causeries" raconte une rencontre vers 1830 avec le fils de l'exécuteur, alors présent:

« Eh bien, vous disiez que vous désiriez quelque chose, monsieur Dumas ? - Vous savez combien les auteurs dramatiques ont besoin de renseignements précis, monsieur Sanson. Il se peut qu'il arrive un moment où j'aie à mettre Louis XVI en scène. Qu'y a-t-il de vrai dans la lutte qui s'engagea entre lui et les aides de votre père, au pied de l'échafaud ? - Oh ! je puis vous le dire, monsieur, j'y étais. - Je le sais, et c'est pour cela que je m'adresse à vous. - Eh bien, voici : le roi avait été conduit à l'échafaud dans son propre carrosse et avait les mains libres. Au pied de l'échafaud, on pensa qu'il fallait lui lier les mains, moins parce qu'on craignait qu'il ne se défendit que parce que, dans un mouvement involontaire, il pouvait entraver son supplice ou le rendre plus douloureux. Un des aides attendait donc avec une corde, tandis qu'un autre lui disait : "Il est nécessaire de vous lier les mains." À cette proposition inattendue, à la vue inopinée de cette corde, Louis XVI eut un mouvement de répulsion involontaire. "Jamais ! s'écria-t-il, jamais !" Et il repoussa l'homme qui tenait la corde. Les trois autres aides, croyant à une lutte, s'élancèrent vivement. De là le moment de confusion interprété à leur manière par les historiens. Alors, mon père s'approcha, et, du ton le plus respectueux : "Avec un mouchoir, Sire" dit-il. A ce mot Sire, qu'il n'avait pas entendu depuis si longtemps, Louis XVI tressaillit ; et, comme au même moment son confesseur lui adressait quelques mots du carrosse : "Eh bien, soit ; encore cela, mon Dieu !" dit-il. Et il tendit les mains. »

Cinq ministres du conseil exécutif provisoire et quelques autres personnes assistaient à l'exécution.


Inhumation de Louis XVI au cimetière de la Madeleine

Le cadavre de Louis XVI est immédiatement transporté à l'ancienne église de la Madeleine. La convention a en effet refusé que les restes de Louis XVI soient inhumés auprès de son père, Louis de France, le dauphin, à Sens. Dès lors que la guillotine a rencontré le corps de Louis XVI, le cadavre appartient à la République. Ce sont deux vicaires assermentés, fidèles à la Révolution, qui officient pour le court service funèbre célébré à l'église de la Madeleine. Le vicaire Damoureau témoignera qu'arrivé au cimetière, je fis faire le plus grand silence. Un détachement de gendarmes nous fit voir le corps. Il était vêtu d'un gilet blanc, d'une culotte de soie grise, les bas pareils. Nous psalmodiâmes les vêpres, les prières du service des morts. Le corps mis à découvert dans la bière, fut d'après les ordres du pouvoir exécutif, jeté au fond de la fosse, sur un lit de chaux, puis d'un lit de terre, le tout fortement battu et à plusieurs reprises. La tête de Louis XVI fut mise à ses pieds".

Le 21 janvier 1815, les restes de Louis XVI furent inhumés à la basilique Saint-Denis. En 1816, Louis XVIII fit élever un monument funéraire réalisé par Edme Gaulle.


Aujourd'hui

L'endroit où fut inhumé Louis XVI et plus tard Marie-Antoinette d'Autriche (16 octobre 1793) au cimetière de la Madeleine est aujourd'hui le Square Louis XVI. Louis XVIII de France en fit un lieu d'expiation, un symbole de la pérennité monarchique, un enclos de prière et de méditation. Une chapelle expiatoire y fut construite. L'autel de la crypte y marque l'endroit exact où Louis XVI fut inhumé.



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MessagePosté le: 15/10/2006 20:33:43    Sujet du message: Louis XV Répondre en citant




Louis XV dit le Bien-Aimé, né le 15 février 1710 et mort le 10 mai 1774, fut Roi de France de 1715 à 1774.


Louis XV naquit le 15 février 1710 à Versailles. Fils de Louis, duc de Bourgogne et de Marie-Adélaïde de Savoie, petit-fils du Grand Dauphin, arrière-petit-fils de Louis XIV, il fut titré à sa naissance duc d'Anjou. Conformément à la coutume, il fut élevé jusqu'à ses 7 ans par une femme, la gouvernante des Enfants de France, depuis 1704 la duchesse de Ventadour.

Le 14 avril 1711, il perdit son grand-père, puis en février 1712, ses deux parents. En mars de la même année, les deux enfants du couple défunt contractèrent la même maladie, une forme de rougeole. Les médecins s'acharnèrent sur le frère aîné, anciennement duc de Bretagne, qui mourut le 8 mars. Le duc d'Anjou fut sauvé par sa gouvernante qui l'arracha aux médecins et refusa énergiquement qu'on le saignât. À 2 ans, le duc d'Anjou devint le nouveau dauphin.

En 1714, il reçut un instituteur, l'abbé Perot. Celui-ci lui apprit à lire et à écrire, ainsi que des rudiments d'histoire et de géographie et, bien sûr, un enseignement religieux empreint de sulpicisme. En 1715, le jeune prince reçut également un maître à danser, puis un maître à écrire. C'est Mme de Maintenon qui se trouvait derrière toutes ces nominations. Elle surveilla dans l'ombre l'éducation du prince. En février 1715, il participa à sa première cérémonie, la réception d'un ambassadeur de Perse à Versailles. À 5 ans, on le jugeait bel enfant, doué d'une intelligence vive et d'une bonne mémoire, gai et farceur. Il était particulièrement attiré par l'histoire et la géographie. Rescapé d'une famille décimée, il trouva en Madame de Ventadour sa seule source d'affection, l'appelant « Maman Ventadour », voire « maman » tout court.

Le 1er septembre 1715, Louis XIV mourut, non sans lui avoir donné ses derniers conseils, principalement contre la guerre, « la ruine des peuples ». Le duc d'Anjou se retrouva roi à cinq ans, sous le nom de Louis XV. Le lendemain, le duc d'Orléans, neveu du feu roi, fut nommé régent.


La régence du duc d'Orléans

Les 3 et 4 septembre 1715, Louis XV accomplit ses premiers actes de roi, d'abord en se rendant à la messe de requiem célébrée pour le feu roi, à la chapelle de Versailles, ensuite en recevant l'assemblée du clergé venue célébrer son avènement. Le 12, il enchaîna sur un lit de justice, l'une des cérémonies les plus solennelles de la monarchie, le 14, sur les harangues du Grand Conseil, de l'Université de Paris et de l'Académie française, les jours suivants, sur les réceptions d'ambassadeurs venus présenter leurs condoléances, etc. Malgré son jeune âge, il dut se plier à la mécanique du gouvernement et de la cour et jouer son rôle de représentation.





Il continua d'être élevé par Madame de Ventadour, qui lui donna comme compagnons de jeux le fils d'un savetier parisien, et un jeune Iroquois. En 1717, ayant atteint l'âge de raison, il quitta ses lisères (sorte de laisse utilisée pour guider les enfants en bas âge) et les mains des femmes. Son éducation fut désormais confiée à un gouverneur, le duc de Villeroy, et un précepteur, André Hercule de Fleury, évêque de Fréjus. On lui apprit désormais le latin, les mathématiques, la cartographie, le dessin, des rudiments d'astronomie, mais aussi à chasser. L'éducation manuelle ne fut pas non plus négligée : en 1717, il apprit un peu de typographie, et en 1721, il s'initia à tourner le bois. Depuis 1719, il avait des maîtres de musique. Contrairement à Louis XIV, il n'avait que peu d'affinités pour la musique, et chantait faux.

Dès 1721, on songea à le marier. Philippe V, son oncle, roi d'Espagne, propose sa fille, l'infante Marie Anne Victoire, à peine âgée de 3 ans — Louis XV lui-même n'en ayant que 11. Néanmoins, le Régent accepta, et le 9 janvier 1722, les deux fiancés se rencontrèrent sur la Bidassoa, comme l'avaient fait Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche en 1660. Celle qu'on appelait désormais l'« Infante-Reine » s'installa au château de Versailles. En août 1722, Louis XV reçut la confirmation. Villeroy, qui tentait de protéger le roi du Régent, fut congédié peu après et remplacé par le duc de Charost. Ce fut désormais à lui qu'il incomba de donner au roi des notions de finance et de stratégie militaire.


Le règne

Le ministère du duc de Bourbon

Le 25 octobre 1722, le roi entrant dans sa treizième année, âge de la majorité (depuis une ordonnance de 1374 de Charles V), il fut couronné et sacré à Reims. C'est la fin de la Régence, mais le duc d'Orléans resta le plus important personnage du royaume après le roi. Le cardinal Dubois fut confirmé dans sa fonction de premier ministre, mais il mourut en août 1723. Le duc d'Orléans le suivit peu de temps après. C'est alors le duc de Bourbon qui le remplaça auprès du jeune roi. Pour se distraire, comme l'avaient fait presque tous les membres de sa famille, Louis XV se jeta à corps perdu dans la chasse. Le 3 novembre 1724, la chasse royale de la Saint-Hubert rassembla ainsi une centaine de sonneurs de trompe, plus de 900 chiens et un millier de chevaux.

Le roi devenant adulte, et apte à procréer, se posa la question de l'héritier du trône. L'Infante-reine n'avait alors que six ans. En 1725, on prit la décision de la renvoyer en Espagne, et de chercher une nouvelle fiancée. Ce fut, faute de mieux, et à la grande déception de la cour, Marie Leszczyńska, la fille du roi détrôné de Pologne Stanislas Leszczyński. Le mariage fut célébré le 5 septembre 1725 à Fontainebleau. Les deux jeunes mariés paraissaient alors très attachés l'un à l'autre, et le mariage fut consommé la nuit même.

Dès la rentrée de la cour à Versailles, Louis XV décida de se débarrasser du duc de Bourbon, qui était extrêmement impopulaire. Mgr de Fleury partit alors de la cour, bien décidé à être rappelé. En effet, quelques jours plus tard, Louis XV le fit rappeler, et exila le duc de Bourbon sur ses terres, à Chantilly. Le 16 juin 1726, Louis XV déclara au Conseil d'en haut sa décision de gouverner seul.


Le ministère du cardinal de Fleury

De 1726 jusqu'à sa mort en 1743, le cardinal dirigea la France avec l'accord du roi. C'est la période la plus pacifique et prospère du règne de Louis XV, malgré quelques troubles avec le parlement de Paris et les jansénistes. Après les pertes humaines et financières subies à la fin du règne de Louis XIV, le gouvernement de Fleury a souvent été qualifié de « réparateur ». Il est difficile de déterminer avec exactitude le degré d'intervention du roi dans les décisions de Fleury, mais il est certain que Louis XV a soutenu son ancien précepteur contre les intrigues de la cour et les conspirations de ses ministres.

Avec l'aide des contrôleurs généraux des finances Michel Robert Le Peletier des Forts (1726-1730) et surtout Philibert Orry (1730-1745), Fleury parvint à stabiliser la monnaie française (1726) et finit par équilibrer le budget du royaume en 1738. L'expansion économique était au cœur des préoccupations du gouvernement. Les voies de communications furent améliorées, avec l'achèvement en 1738 du canal de Saint-Quentin, reliant l'Oise à la Somme, étendu ultérieurement vers l'Escaut et les Pays-Bas, et principalement la construction systématique d'un réseau routier sur l'ensemble du territoire national. Le corps des ingénieurs des Ponts et Chaussées construisit un ensemble de routes modernes, partant de Paris selon le schéma en étoile qui forme encore l'ossature des routes nationales actuelles. Au milieu du XVIIIe siècle, la France s'était dotée de l'infrastructure routière la plus moderne et la plus étendue du monde. Le commerce fut également stimulé par le Bureau et le Conseil du Commerce. Le commerce maritime extérieur de la France grimpa de 80 à 308 millions de livres entre 1716 et 1748. Cependant, les lois rigides édictées auparavant par Colbert ne permirent pas à l'industrie de profiter pleinement de ce progrès économique.

Le pouvoir de la monarchie absolue s'exerça lors de la répression des oppositions jansénistes et gallicanes. L'agitation causée par des illuminés du cimetière Saint-Médard à Paris (un groupe de jansénistes qui prétendait que des miracles survenaient dans le cimetière) cessa en 1732. Sur un autre front, après l'exil de 139 parlementaires en province, le parlement de Paris dut enregistrer la bulle papale Unigenitus et fut dorénavant interdit de s'occuper des affaires religieuses.

En ce qui concerne les affaires étrangères, Fleury a recherché la paix à tout prix, en pratiquant une politique d'alliance avec la Grande-Bretagne tout en se réconciliant avec l'Espagne. En septembre 1729, après sa troisième grossesse, la reine donna finalement naissance à un garçon, Louis de France, qui devint aussitôt dauphin. Cette arrivée d'un héritier mâle, qui assurait la pérennité de la dynastie, fut accueillie avec une immense joie et célébrée dans toutes les sphères de la société française, et également dans la plupart des cours européennes. Le couple royal était à l'époque très uni, se manifestait un amour réciproque et le jeune roi était extrêmement populaire. La naissance d'un garçon écartait également le risque d'une crise de succession et le probable affrontement avec l'Espagne qui en aurait résulté.





En 1733, malgré la politique pacifiste de Fleury, le roi, convaincu par son secrétaire d'État aux Affaires étrangères Germain Louis Chauvelin (1727-1737), intervint finalement dans la guerre de Succession de Pologne, pour tenter de ramener son beau-père Stanislas Leszczynski sur le trône de Pologne. L'intervention sans conviction de la France ne permit pas de renverser le cours de la guerre, et Stanislas ne retrouva pas son trône. Parallèlement, la France décidait de récupérer le duché de Lorraine, le duc François III étant pressenti pour épouser la fille du l'Empereur du Saint-Empire : Charles VI, ce qui aurait amené la puissance autrichienne aux portes du royaume de France. Les troupes françaises occupèrent rapidement la Lorraine et la paix revint dès 1735. Par le traité de Vienne (novembre 1738), Stanislas obtint le duché de Lorraine en compensation de la perte de son trône polonais (avec l'objectif que le duché soit intégré au royaume de France à sa mort par le biais de sa fille), tandis que l'ancien duc Francois III devenait héritier du grand duché de Toscane. Cette guerre peu coûteuse, comparativement aux ponctions humaines et financières exorbitantes des campagnes de Louis XIV, fut un franc succès pour la diplomatie française. L'annexion de la Lorraine, effective en 1766 à la mort de Stanislas, constitue la dernière expansion territoriale du royaume de France sur le continent avant la Révolution.

Peu après ce résultat, la médiation française dans le conflit entre le Saint-Empire et l'Empire ottoman aboutit au traité de Belgrade (septembre 1739), qui mit fin à la guerre avec un avantage pour les Ottomans, alliés traditionnels des Français contre les Habsbourgs depuis le début du XVIe siècle. En conséquence, l'Empire ottoman renouvela les capitulations françaises, qui affirmèrent la suprématie commerciale du royaume au Moyen-Orient. Après tous ces succès, le prestige de Louis XV, arbitre de l'Europe, atteignit son sommet.

En 1740, la mort de l'empereur Charles VI et l'avènement de sa fille Marie Thérèse déclencha la guerre de Succession d'Autriche. Le vieux cardinal de Fleury n'avait plus la force de s'y opposer et le roi succomba à la pression du parti anti-autrichien de la cour : il entra en guerre en 1741 en s'alliant à la Prusse. Ce conflit devait durer sept longues années. La France était de nouveau entrée dans un cycle guerrier typique du règne de Louis XIV. Fleury mourut avant la fin de la guerre, en janvier 1743. Le roi, suivant finalement l'exemple de son prédécesseur, décida alors de gouverner sans premier ministre.


Premiers signes d'impopularité

À la mort du cardinal de Fleury en 1743, le roi avait 33 ans. Il avait connu des années heureuses avec sa reine polonaise, qui l'adulait et lui était entièrement dévouée. Un enfant était né presque chaque année. Cependant, la reine finit par se fatiguer de ces grossesses à répétition, autant que le roi se lassait de l'amour inconditionnel de son épouse. De plus, la plupart de leurs enfants étaient de sexe féminin, ce qui finit par indisposer le roi. Sur leurs dix enfants, il n'eurent que deux garçons, et un seul survécut, le dauphin. En 1734, pour la première fois, la reine se plaignit à son père des infidélités du roi. Le roi tomba amoureux de Madame de Mailly, puis de sa jeune sœur Madame de Vintimille, puis à sa mort d'une autre de leurs sœurs, Madame de Châteauroux. La reine se réfugia alors dans la religion et les œuvres de charité.

Un an après la mort de Fleury se produisit un événement qui allait marquer la personnalité du roi et la suite de la vie politique française. Louis XV était parti diriger ses armées engagées sur le front de l'est dans la guerre de succession autrichienne. En août 1744, à Metz, il tomba gravement malade et ses médecins pronostiquèrent une mort imminente. Le peuple, qui adorait son roi, lui donna le surnom de « Bien-Aimé », et les prières se multiplièrent à travers le pays pour son salut. Sa maîtresse, Madame de Châteauroux, qui l'avait accompagné, dut le quitter tandis que la reine arrivait en hâte.

Sous la pression du parti dévot, Monseigneur de Fitz-James, premier aumônier du roi, refusa de lui donner l'absolution sans une confession publique de ses pêchés, dans laquelle le roi apparaissait comme une personne immorale, indigne de porter le titre de Roi Très Chrétien. Colporté dans tous le pays par le clergé, la confession royale ternit le prestige de la monarchie. Le roi échappa à la mort, mais sa culpabilité le poussa encore davantage vers l'adultère.


La marquise de Pompadour

Madame de Pompadour, rencontrée en 1745 dans un bal masqué donné à l'occasion du mariage du dauphin, devint la maîtresse la plus célèbre de son règne, et la plus honorable. Fille d'un agent financier, elle était assez belle, cultivée, intelligente et sincèrement attachée au roi, mais présentait l'inconvénient d'être roturière, d'origine bourgeoise, ce que la cour et le peuple ne pardonna pas à Louis XV. Les maîtresses de Louis XIV, choisies dans les hautes sphères de l'aristocratie, avaient été généralement bien acceptées, d'autant qu'elles n'exerçaient aucune influence sur le gouvernement, à l'exception de Madame de Maintenon. Le fait que le roi se compromette avec une roturière fit scandale. On vit bientôt apparaître des chansons et des pamphlets injurieux appelés « poissonades » (le nom de famille de la marquise de Pompadour étant Poisson), qui la brocardaient comme dans l'exemple suivant :


« Fille de sangsue et sangsue elle même
Poisson d'une arrogance extrême
Etale en ce château sans crainte et sans effroi
La substance du peuple et la honte du Roi »





Malgré ces critiques, la marquise de Pompadour eut une influence indéniable sur l'épanouissement artistique français durant le règne de Louis XV. Véritable mécène, la Marquise amassa une imposante collection de meubles et d'objets d'art dans ses diverses propriétés. Elle fut responsable du développement de la manufacture de porcelaine de Sèvres, et ses commandes assurèrent leur subsistance à de nombreux artistes et artisans. Elle joua également un rôle important en architecture, étant à l'origine de la construction de la place Louis XV (aujourd'hui place de la Concorde), et de l'École militaire de Paris, réalisées par Ange-Jacques Gabriel, un de ses protégés. La Marquise défendit également le projet de l'Encyclopédie contre les attaques de l'Église. À sa manière, elle fut représentative de l'évolution des mentalités lors de ce siècle des Lumières, bien qu'elle ne parvienne pas complètement à convertir le roi à ses vues. L'étalage de tout ce luxe dans ses propriétés lui valut bien des reproches, bien que sa famille, très riche, fournit également une aide financière au gouvernement et sauva la monarchie de la banqueroute.

La marquise de Pompadour était officiellement logée au troisième niveau du château de Versailles, au dessus des appartements du roi. Elle y organisait des soupers intimes avec des invités choisis, où le roi oubliait les obligations de la cour qui l'ennuyaient. De santé fragile, et supposée frigide, la Marquise devint à partir de 1750 une simple amie et confidente, après avoir été amante. Elle parvint cependant à conserver ses relations privilégiées avec le roi, jusqu'à sa mort, ce qui est exceptionnel dans les annales des maîtresses royales.

Après 1750, Louis XV s'engagea dans une série d'histoires sentimentales et sexuelles de courte durée, la plus connue étant celle avec Marie-Louise O'Murphy. Un pavillon dans le parc aux cerfs de Versailles servait à abriter ces amours éphémères. La légende populaire a exagéré les événements qui s'y sont passés, contribuant à assombrir la réputation du souverain. Cette image de roi accaparé par ses conquêtes féminines ne le quittera plus et entachera sa mémoire, bien qu'il n'ait été guère différent de François Ier ou de Henri IV de ce point de vue.


Première tentative de réforme

Toutes ces histoires amoureuses n'empêchaient pas Louis XV de travailler, mais il lui manquait l'inépuisable énergie de son arrière grand-père. Pendant les 17 années du gouvernement de Fleury, il avait formé son jugement mais n'avait pu forger sa volonté. Décidé à diriger seul le royaume, il s'évertuait à suivre les instructions de son aïeul : « Écoutez, consultez votre Conseil, mais décidez ». Cependant, il n'avait pas assez confiance en lui pour appliquer efficacement ce précepte. Sa correspondance politique révèle sa profonde connaissance des affaires publiques et la justesse de son raisonnement. Il éprouvait en revanche des diffultés à décider, et quand il y était obligé, se montrait alors brutal.

Amical et compréhensif avec ses ministres, du moins en apparence, sa disgrâce tombait soudainement, sans prévenir, sur ceux qu'il estimait l'avoir desservi. Sa direction était souple, les ministres ayant une grande indépendance, mais il leur était difficile de savoir si leurs actions convenaient au souverain. La plupart du travail gouvernemental s'effectuait dans des comités auxquels le roi ne participait pas, ce dernier siégeant dans le Conseil d'en haut, créé par Louis XIV, chargé des secrets d'État concernant la religion , la diplomatie et la guerre. Divers partis s'affrontaient, celui des dévôts, dirigé par le comte d'Argenson, secrétaire d'État à la guerre, opposé à celui du parti philosophique emmené par Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville, contrôleur général des finances, et soutenu par la marquise de Pompadour, qui agissait comme un ministre sans portefeuille. Appuyée par de puissants financiers (Pâris-Duverney, Montmartel…) elle obtint du roi la nomination de certains ministres (Bernis, secrétaire d'État aux affaires étrangères en 1757) autant que leur révocation (Orry, contrôleur général des finances en 1745 ; Maurepas, secrétaire d'État à la marine en 1749). Sur son conseil, le roi approuva la politique de justice fiscale de Machault d'Arnouville. Afin de combler le déficit du royaume, qui s'élevait à 100 millions de livres en 1745, Machault d'Arnouville créa un impôt prélevant un vingtième des revenus, qui concernait également les priviligiés (édit de Marly, 1749). Cette brèche dans le statut privilégié de la noblesse et du clergé, normalement dispensé d'impôt, était une première dans l'histoire de France, bien qu'elle ait été déjà envisagée par des esprits visionnaires comme Vauban au temps de Louis XIV. Cette nouvelle taxe fut accueillie avec hostilité par les états provinciaux qui avaient encore le pouvoir de décider de leur politique fiscale. Le clergé et le parlement s'opposèrent également violemment au nouvel impôt. Pressé par son entourage et par la cour, Louis XV abandonna la partie et en exempta le clergé en 1751. Finalement, le « vingtième » finit par se fondre dans une augmentation de la taille, qui ne touchait pas les classes privilégiées. Ce fut la première défaite de la « guerre de l'impôt » engagée contre les privilégiés.

À la suite de cette tentative de réforme, le parlement de Paris, s'emparant du prétexte de la querelle entre le clergé et les jansénistes, adressa des remontrances au roi (avril 1753). Le parlement, constitué d'aristocrates privilégiés et de roturiers anoblis, s'y proclamait le « défenseur naturel des lois fondamentales du royaume » contre l'arbitraire de la monarchie.


Politique extérieure

À l'étranger, la politique du roi devenait incohérente. Cette période était dominée par la Guerre de succession d'Autriche (1740-1748) qui avait débuté sous le gouvernement de Fleury. Cette guerre opposait les Français et les Prussiens contre les Autrichiens, les Britanniques et les Hollandais. La dernière partie de la guerre fut marquée par une série de victoires françaises : bataille de Fontenoy (1745), bataille de Rocourt (1746), bataille de Lawfeld (1747). En particulier, la bataille de Fontenoy, remportée par le maréchal de Saxe, est considérée comme une des plus éclatantes victoires des Français contre les Britanniques. À la suite de cet épisode, la France occupait tout le territoire de l'actuelle Belgique (à cette époque la région la plus prospère d'Europe), et Louis XV n'était pas loin de réaliser le vieux rêve français d'établir la frontière septentrionale du pays le long du Rhin.





Cependant, avec le traité d'Aix-la-Chapelle en 1748, la France rendit toutes ses conquêtes à l'Autriche, à la stupéfaction du peuple et à la surprise des puissances européennes. Louis XV, qui n'avait pas le tempérament belliqueux de son prédecesseur, se satisfaisait d'un royaume hexagonal, qu'il appelait son pré carré. Il préférait cultiver son pré carré plutôt que de chercher à l'étendre. Louis déclara qu'il avait conclu la paix « en roi et non en marchand ». Son geste fut salué en Europe, dont il devint l'arbitre. Cependant, en France sa popularité en pâtit largement. Le peuple avait pardonné à Louis XIV ses impôts, ses maîtresses et ses dépenses somptuaires, tant qu'il était victorieux à la guerre. De la même façon, pour Louis XV, l'incident de Metz (1744) comptait peu aux yeux de la population en regard des victoires de la guerre de succession autrichienne. Mais la nouvelle de l'abandon du sud des Pays-Bas à l'Autriche fut accueillie avec incrédulité et amertume. Les Parisiens utilisèrent alors l'expression « bête comme la paix ». On peut à ce titre considérer que 1748 fut marquée par la première manifestation d'une opinion publique française, portée par un nationalisme émergent que le monarque n'avait pas compris. Après cette année, sa popularité ne cessa de décroître.


Retournement d'alliances

De plus, en 1756, le roi opéra un retournement d'alliance impromptu en rupture avec l'alliance franco-prussienne traditionnelle. Un nouveau conflit européen était en préparation, la paix d'Aix-la-Chapelle ne constituant qu'une sorte de trêve. Les Britanniques et les Français se battaient déjà en Amérique du Nord, sans déclaration de guerre. En 1755, les Britanniques s'emparèrent de 300 navires marchands français violant des traités internationaux. Quelques mois plus tard, le 16 janvier 1756, le Royaume-Uni et la Prusse signèrent un traité de « neutralité ». À Paris et Versailles, le parti philosophique et la marquise de Pompadour furent déçus de cette trahison du roi Frédéric II de Prusse, qui était auparavant considéré comme un souverain éclairé, ami des philosophes. Frédéric II avait même accueilli Voltaire à Potsdam quand ce dernier s'était retrouvé en disgrâce suite aux manœuvres du parti dévôt. Mais il semble que Frédéric II était animé par des motifs politiques dans le but de consolider la puissance prussienne. Il avait déjà abandonné ses alliés français en signant un traité séparé avec l'Autriche en 1745. La marquise de Pompadour n'appréciait pas Frédéric II, qui la tenait dans le plus grand mépris, allant jusqu'à appeler un de ses chiens « Pompadour ». Pendant la même période, les responsables français commencèrent à percevoir le déclin relatif de l'Empire autrichien, qui ne représentait plus le même danger qu'au début de la dynastie Habsbourg, aux XVIe et XVIIe siècles, alors qu'ils contrôlaient l'Espagne et la plus grande partie de l'Europe. La Prusse apparaissait maintenant comme la puissance émergente la plus menaçante. C'est dans ce contexte que la marquise de Pompadour et le parti philosophique convainquirent le roi de l'intérêt de ce retournement d'alliances. Par le traité de Versailles signé le 1er avril 1756, le roi, contre l'avis de ses ministres, s'allia avec l'Autriche en mettant fin à deux siècles de conflit avec les Habsbourgs.

À la fin du mois d'août 1756, Frédéric II envahit la Saxe sans déclaration de guerre et vainquit facilement les armées saxonnes et autrichiennes, mal préparées. Le sort réservé à la famille électrice de Saxe fut particulièrement brutal, l'électrice Marie Joseph succombant à des mauvais traitements. Ces exactions choquèrent l'Europe et particulièrement la France. La femme du dauphin, fille de l'électeur et de l'électrice de Saxe, fit une fausse couche en apprenant la nouvelle. Louis XV se trouva contraint d'entrer en guerre. Entre-temps, la Grande-Bretagne avait déjà déclaré la guerre à la France le 18 mai 1756. Ce sera la guerre de Sept Ans (1756-1763), qui aura des conséquences importantes en Grande-Bretagne et en France.


Tentative d'assassinat

A l'intérieur du royaume, le mécontentement s'amplifiait, alimenté par le train de vie de la cour et ce qui était perçu comme une incompétence du roi à gouverner. En se replaçant dans une perspective historique, il apparaît que Louis XV n'était pas incompétent, bien qu'il manquât certainement de volonté. D'autre part, les dépenses de la cour n'étaient pas spécialement élevées, comparées à celles des précédents monarques français, ou encore d'autres cours européennes, comme celle de Russie qui dépensait des sommes astronomiques pour construire les palais de Saint-Pétersbourg. Pourtant, telle était la perception qu'en avait le peuple de France, également influencé par la campagne violente à l'encontre de la marquise de Pompadour.

Peut-être est-ce ce contexte qui poussa Robert François Damiens à essayer de tuer le roi. Le 5 janvier 1757, Damiens entra au palais de Versailles, parmi les milliers de personnes qui essayaient d'obtenir des audiences royales. Vers 18 heures, le roi revenait de visiter sa fille et s'apprêtait à entrer dans son carrosse pour retourner au Trianon, quand Damiens franchit la haie de gardes et le frappa avec un canif. Louis XV portait d'épais vêtements d'hiver et la lame ne pénétra que d'un centimètre, entre les 4e et 5e côtes. Cependant, on craignait un éventuel empoisonnement. On tortura à plusieurs reprises Damiens, pour savoir s'il avait des complices, mais il apparaît que cet homme, serviteur de membres du parlement de Paris, était un déséquilibré qui avait surtout entendu beaucoup de discours critiques à l'encontre du roi.

Louis XV était plutôt enclin à pardonner, mais il s'agissait de la première tentative de meurtre d'un monarque français depuis l'assassinat d'Henri IV par Ravaillac en 1610, et il dut accepter un procès pour régicide. Jugé par le parlement de Paris, Damiens fut exécuté le 28 mars 1757 sur la place de Grève, dans des conditions effroyables. La main qui avait tenu le canif fut brûlée avec du soufre, on lui entailla ensuite les membres et la poitrine avant d'y introduire du plomb fondu, ses quatre membres furent arrachés par des chevaux (écartèlement) et son tronc finalement jeté aux flammes. Une foule immense assista à ce spectacle, les balcons des maisons de la place de Grève furent loués jusqu'à 100 livres (plus de 500 euros actuels) aux femmes de l'aristocratie.





Le roi était déjà si impopulaire que l'élan de sympathie provoqué par cette tentative de meurtre disparut rapidement avec l'exécution de Damiens, dont l'inhumanité fut durement condamnée par le parti philosophique. Louis XV lui-même n'y était pas pour grand-chose, les détails de cette horrible mise à mort ayant été élaborés par le parlement de Paris, peut-être avec le souci de se réconcilier avec le monarque. Mais plus que tout, le peuple ne pardonnait pas au roi de ne pas s'être séparé de la Pompadour. L'ambassadeur d'Autriche écrivait à Vienne : « le mécontentement public est général. Toutes les conversations tournent autour du poison et de la mort. Le long de la galerie des glaces apparaissent des affiches menaçant la vie du roi ».

Louis XV, qui avait conservé un calme royal le jour de la tentative d'assassinat, parut profondément affecté et déprimé dans les semaines qui suivirent. Toutes les tentatives de réformes furent abandonnées. Sur la proposition de la marquise de Pompadour, il renvoya deux de ses ministres les plus décriés, le comte d'Argenson (secrétaire d'État à la guerre) et Machault d'Arnouville (Garde des Sceaux et précédemment contrôleur général des finances), et introduisit Choiseul dans le gouvernement.


La fin de la guerre

L'ascension de Choiseul, sous l'influence de la marquise de Pompadour, marque une certaine victoire du parti philosophique. Fait pair de France, le nouvel homme fort du gouvernement autorise la publication de l'Encyclopédie et contribue à la dissolution des jésuites. Il réforme la structure de la marine et de l'armée et essaye d'étendre les colonies françaises dans les antilles.

Avec le désastre de Rossbach et les nombreuses défaites dans les colonies, Choiseul, successivement à la tête de la diplomatie et du ministère de la guerre et de la marine, cherche à arrêter rapidement la guerre. Le traité de Paris (1763), reconnaît une importante défaite française, avec la perte du Canada et de l'Inde au profit des Britanniques.


Dissolution des jésuites

L'opposition aux jésuites était autant alimentée par les jansénistes, les gallicans que les philosophes et encylopédistes. Après la faillite de l'établissement jésuite de la Martinique, dirigée par le père Antoine La Valette, le parlement, saisi par les créanciers, confirma en appel le 8 mai 1761 un jugement ordonnant le paiement des dettes sous peine de saisie des biens des jésuites.

Il s'ensuivit toute une série d'actions qui allaient aboutir à leur disparition. Sous la direction de l'abbé Chauvin, le 17 avril 1762, la constitution de l'ordre fut épluchée par le parlement, on mit en exergue des écrits de théologiens jésuites, afin de les accuser d'enseigner toutes sortes d'erreurs et de considérations immorales. Le 6 août, un arrêt ordonnait la dissolution de l'ordre, mais un délai de huit mois leur fut accordé par Louis XV. Après avoir refusé un compromis, ils furent contraint de fermer leurs collèges le 1er avril 1763, puis, le 9 mars 1764, ils durent renoncer à leurs vœux sous peine de bannissement. À la fin novembre 1764, Louis XV signa un acte de dissolution de l'ordre dans tout le royaume.


Fin de règne

La fin du règne de Louis XV fut marquée par l'arrivée de Madame du Barry, sa nouvelle favorite, officiellement présentée à la cour en 1769. Le ministre Choiseul montra ouvertement son hostilité pour la maîtresse royale. Le roi, convaincu de l'incapacité de Choiseul à faire face à la fronde du parlement, finit par le renvoyer en 1770. Il fut remplacé de fait par René Nicolas de Maupeou, devenu Garde des Sceaux de France en 1768, qui s'appliqua à restaurer l'autorité royale. Les membres du parlement s'étant mis en grève, Maupeou les fit arrêter par des mousquetaires en exigeant qu'ils reprennent leur service. Devant leur refus ils furent exilés. Il entreprit alors une réforme structurelle fondamentale. La justice, jusqu'alors administrée par des magistrats dont la charge était héréditaire, devint une institution publique, avec des fonctionnaires payés par l'État.

Le 26 avril 1774 se déclarèrent les symptômes de la petite vérole, alors que Louis XV était au Petit Trianon.

Le parlement de Paris envoya le dimanche 1er mai 1774, Nicolas Félix Vandive, conseiller notaire secrétaire Maison et Couronne de France, greffier au Grand Conseil, pour s'enquérir de la santé du roi, comme nous l'apprend en son fameux journal le libraire parisien Siméon-Prosper Hardy : « la nouvelle cour du Parlement n'avoit pas manqué, suivant l'usage ordinaire, de députer le nommé Vandive, l'un des premiers principaux commis au greffe de la Grand Chambre et de ses notaires secrétaires, pour aller à Versailles savoir des nouvelles de la santé du Roi. Mais ce secrétaire ne pouvoit rendre compte de sa mission à l'inamovible compagnie que le mardi suivant, attendue la vacance accoutumée du lundi 2 mai ».

Il mourut de ces suites (septicémie aggravée de complications pulmonaires) le 10 mai 1774, à 15 heures 30, à Versailles, dans l'indifférence du peuple et la réjouissance d'une partie de la cour. Il laissa le trône à son petit-fils, le futur Louis XVI.





Postérité

Enfants légitimes

Marie Leszczyńska donna à Louis XV dix enfants, dont trois moururent en bas-âge :

14 août 1727 : Louise Élisabeth (1727-1759) et Anne Henriette (1727-1752), jumelles, surnommées respectivement Madame (en tant que fille aînée du roi) ou Madame Première (puis Madame Infante) et Madame Seconde (puis Madame Henriette)
28 juillet 1728 : Marie Louise, Madame Troisième (puis Madame Louise) (†19 février 1733)
4 septembre 1729 : Louis, dauphin († 20 décembre 1765)
30 août 1730 : Philippe Louis, duc d'Anjou (†7 avril 1733)
23 mars 1732 : Marie Adélaïde, Madame Quatrième (puis Madame Troisième, puis Madame Adélaïde) (†27 février 1800)
11 mai 1733 : Victoire Louise Marie Thérèse, Madame Quatrième (puis Madame Victoire) (†7 juin 1799)
27 juillet 1734 : Sophie Philippe Élisabeth Justine, Madame Cinquième (puis Madame Sophie) (†3 mars 1782)
16 mai 1736 : Thérèse Félicité, Madame Sixième (puis Madame Thérèse) (†28 septembre 1744)
15 juillet 1737 : Louise Marie, Madame Septième (puis Madame Louise), en religion sœur Marie-Thérèse de Saint-Augustin († 23 décembre 1787).

Favorites, maîtresses et enfants adultérins

Louis XV, comme Louis XIV, eut également un certain nombre d'enfants adultérins de nombreuses maîtresses. Il est à noter que ses quatre premières maîtresses furent quatre sœurs (sur cinq), filles de Louis III de Mailly, Marquis de Nesle et de Mailly, Prince d'Orange.

Tous ses enfants adultérins, sauf Louis de Vintimille, naquirent de jeunes filles non mariées, les « petites maîtresses ». Louis XV se refusa toujours à les légitimer, hanté par les mauvais souvenirs liés aux bâtards de son arrière-grand-père. Il subvint à leur éducation et s'arrangea pour leur donner une place honorable dans la société, mais ne les rencontra jamais à la cour.

Seuls furent légitimés Louis de Vintimille et l'Abbé de Bourbon.

Ses maîtresses et favorites furent :

Louise-Julie de Mailly-Nesle, comtesse de Mailly (1710-1751), épouse 1726 son cousin Louis-Alexandre, Comte de Mailly. Elle devient maîtresse en 1733, favorite en 1736, et est supplantée en 1739 par sa sœur Pauline. Elle rentre en grâce en 1741, mais est renvoyée de la cour en 1742 à la demande de sa sœur Marie-Anne ;

Pauline Félicité de Mailly-Nesle, comtesse de Vintimille (1712-1741), maîtresse de Louis XV elle épouse en 1739 Jean-Baptiste, Comte de Vintimille (1720-1777). Elle est mère de :
Charles de Vintimille (1741-1814) dit le Demi-Louis car il ressemblait beaucoup à Louis XV, Marquis du Luc, qui épousera (1764) Adélaïde de Castellane (1747-1770), dont postérité ;

Diane Adélaïde de Mailly-Nesle, duchesse de Lauraguais (1713-1760) ;
Marie-Anne de Mailly-Nesle, marquise de La Tournelle, duchesse de Châteauroux (1717-1744).

Marquise de Pompadour (Jeanne Antoinette Poisson, 1721-1764), fille d'un financier véreux exilé en 1725. Elle épouse en 1741 Charles-Guillaume Le Normant d'Étioles dont Alexandrine (1744-54) élevée en princesse et anoblie Mlle de Crécy. Elle devient de 1745 à 1751 la maîtresse du roi, et est honorée en 1752 du tabouret et des prérogatives de duchesse. Elle est dame du palais de la reine en 1756, mais doit quitter Versailles quelque temps en 1757 suite à une cabale ;

Comtesse du Barry (Jeanne Bécu 1743-guillotinée en 1793) : fille naturelle d'Anne Bécu, couturière, et de Jean-Baptiste Gomard de Vaubernier. Elle mène une vie modeste à Paris et se livre à la prostitution sous le nom de Mlle Lange. Elle devient en 1768 la maîtresse du roi auquel Jean, comte du Barry (dont elle a été la maîtresse) l'a présentée. Louis XV lui fait épouser la même année Guillaume du Barry (frère de Jean), puis la présente à la Cour en 1769. Elle avait dit un jour à Louis XV : « La France, ton café fout le camp ! » : mot apocryphe car son valet s'appelait La France. Elle se retire en 1774 de la Cour, puis émigre en Grande-Bretagne en 1792 pour y cacher ses diamants : elle est arrêtée au retour et condamnée à mort pour avoir dissipé les trésors de l'État, conspiré contre la République et porté le deuil de Louis XVI. Avant d'être guillotinée à Paris, elle supplia : « Encore un moment, messieurs les bourreaux. » ;

Marie-Louise O'Murphy (1737-1815) dite Mlle de Morphise, fille de Daniel O'Murphy d'origine irlandaise elle épouse : 1°) Jacques Pelet de Beaufranchet en 1755, 2°) François Nicolas Le Normand en 1759, et 3°) Louis-Philippe Dumont en 1798, député du Calvados à la Convention, dont elle divorcera la même année. Elle est la mère de :
Agathe Louise de Saint-Antoine de Saint-André (1754-1774) qui épousera en 1773 René-Jean-Mans de La Tour du Pin (1750-1781), Marquis de la Charce.





Françoise de Châlus (1734-1821), duchesse de Narbonne-Lara, fille de Gabriel de Châlus, seigneur de Sansac, elle épousera en 1749 Jean-François, duc de Narbonne-Lara. Elle est la mère de :
Philippe, duc de Narbonne-Lara (1750-1834) qui épouse en 1771 Antoinette Françoise Claudine de La Roche-Aymon, et de
Louis, Comte de Narbonne-Lara (1755-1813) qui épousera en 1782 Marie Adélaïde de Montholon, dont postérité.

Marguerite Catherine Haynault (1736-1823), fille de Jean-Baptiste Haynault, entrepreneur de tabac elle épouse en 1766 Blaise d'Arod, Marquis de Montmélas. Elle est la mère de :
Agnès Louise de Montreuil (1760-1837), qui épousera en 1788 Gaspar d'Arod (1747-1815), Comte de Montmélas, dont postérité, et de
Anne Louise de La Réale (1763-1831) qui épousera en 1780 le Comte de Geslin (1753-96).

Lucie Madeleine d'Estaing (1743-1826), sœur naturelle de l'amiral d'Estaing, elle épousera en 1768 François, Comte de Boysseulh. Elle est la mère de :
Agnès Lucie Auguste (1761-1822) qui épousera en 1777 Charles, Vicomte de Boysseulh (1753-1808), et de
Aphrodite Lucie Auguste (1763-1819) qui épousera en 1784 Louis Jules, Comte de Boysseulh (1758-1792).

Anne Couffier de Romans (1737-1808) Baronne de Meilly-Coulonge, elle est la fille d'un bourgeois, Jean Joseph Roman Coppier. Elle entretient une liaison avec le roi de 1754 à 1765, et épousera en 1772 Gabriel Guillaume de Siran, Marquis de Cavanac. Elles est la mère de :
Louis Aimé de Bourbon (1762-1787), dit l'abbé de Bourbon seul légitimé en 1762.

Louise Jeanne Tiercelin de La Colleterie (1746-1779) dite Mme de Bonneval. Elle est la mère de :
Benoît Louis Le Duc (1764-1837), abbé.

Irène du Buisson de Longpré ( décédée en 1767), fille de Jacques du Buisson, seigneur de Longpré, elle épousera en 1747 Charles François Filleul, conseiller du roi. Elle est la mère de :
Julie Filleul (1751-1822), qui épousera 1°) Abel François Poisson en 1767, Marquis de Vandières, de Marigny, de Ménars, etc., frère de Madame de Pompadour ; 2°) François de La Cropte Marquis de Bourzac en 1783 dont elle divorcera en 1793.
Catherine Éléonore Bénard (1740-1769), fille de Pierre Bénard, écuyer de la bouche du roi. Elle épouse en 1768 Joseph Starot de Saint-Germain, fermier général qui sera guillotiné en 1794. Elle est la mère de :
Adélaïde de Saint-Germain, Comtesse de Montalivet (1769-1850) qui épousera en 1797 Jean-Pierre Bachasson, Comte de Montalivet (1766-1823), dont postérité.
Marie Thérèse Françoise Boisselet (1731-1800), qui épouse en 1771 Louis-Claude Cadet de Gassicourt. Elle est la mère de :
Charles Louis Cadet de Gassicourt (1769-1821), qui épouse en 1789 Madeleine Félicité Baudet (1775-1830), dont postérité.

Louis XV ne compta donc en tout que treize enfants adultérins, chiffre bien inférieur à celui que peuvent revendiquer ses ancêtres Louis XIV et Henri IV. Il faut noter que Madame de Pompadour fit toujours des fausses couches, et que les naissances d'enfants naturels cessèrent après la mort de celle-ci.



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MessagePosté le: 21/11/2006 00:01:06    Sujet du message: Madame Royale Répondre en citant






Marie Thérèse Charlotte de France, fille de France, comtesse de Marnes (Marie Thérèse Charlotte étant sa signature et Charlotte son prénom usuel), est née le 19 décembre 1778 au château de Versailles. Elle est la fille aînée de Louis XVI de France et de Marie-Antoinette d'Autriche.

Baptisée dans la chapelle du château de Versailles le jour de sa naissance, elle est appelée Madame fille du roi ou Madame Royale.


Sous la Révolution

La Révolution transformera à jamais l’existence de la jeune princesse. La famille royale se trouve bientôt déchue et la princesse partagera avec sa famille son emprisonnement dans la Tour du Temple après La Journée du 10 août 1792. Dans un premier temps, l'attention de tous est fixée sur le roi et la reine et les enfants restent dans l'ombre. Toutefois, à partir du moment où Marie-Antoinette disparaît, les données du problème changent : les survivants, le Dauphin, Madame Royale (elle-même) et Madame Élisabeth, ne peuvent être jugés pour des crimes politiques dont ils sont innocents. C'est ce qu'ils représentent qui devient insupportable et non plus ce qu'ils sont.

Après l'exécution de son père le 21 janvier et de sa mère le 16 octobre 1793, elle restera seule avec sa tante, Madame Élisabeth, sœur du roi, et son jeune frère Louis. Mais elle voit ce qui lui reste de famille peu à peu disparaître : le 9 mai 1794, Madame Élisabeth est à son tour guillotinée. Le 8 juin 1795, Louis meurt des suites de mauvais traitements (après avoir été alcoolisé à outrance par le cordonnier Simon, il a vécu emmuré pendant six mois dans un cachot infesté par la vermine) et de tuberculose. Marie-Thérèse passera son adolescence en prison et n'apprendra leur mort qu'en juillet 1795. En effet, à cette date, elle était probablement la seule personne de France croyant encore que sa famille était en vie..

Elle est finalement libérée le jour de ses dix-sept ans (19 décembre 1795), échangée contre des Français (Pierre Riel, marquis de Beurnonville, Jean-Baptiste Drouet, Hugues-Bernard Maret et Charles-Louis Huguet de Sémonville) capturés par l'armée autrichienne. et vécut dès lors à Vienne (accompagnée par François Hue), à la cour de son cousin germain François II, qu'elle tient cependant pour responsable de la mort de sa mère, Marie-Antoinette.

Marie-Thérèse de France restera profondément traumatisée par les scènes d'insurrections supportées dans son jeune âge, par son long emprisonnement au Temple, et par la perte d'êtres très chers, notamment de sa tante, Madame Élisabeth, qui s'était substituée à sa mère après la mort de celle-ci, lui inculquant en prison une hygiène de vie et, surtout une grande piété, propres à lui permettre de supporter son terrible enfermement. « L'orpheline du Temple » restera, sa vie durant, pénétrée des souvenirs cruels de son enfance qu'elle sublimera dans la dévotion.


Dauphine de France

Elle épouse le 10 juin 1799 au château de Mitau (en Lettonie) un autre de ses cousins germains, Louis Antoine d'Artois, duc d'Angoulême, fils aîné du futur Charles X . Mais le mariage de la fille de Louis XVI, très marquée par son emprisonement de jeunesse, restera stérile. Et si la jeune femme, rentrée en France en 1814, joue à la Restauration un rôle politique important, défendant avec ardeur la cause royale et proclamant partout union et oubli (ce qui fait dire à Napoléon qu'elle était le seul homme de la famille des Bourbons), devenue dauphine de France à la mort de Louis XVIII, elle ne saura donner de descendance aux Bourbons.


L'exil à nouveau

La révolution de 1830 entraîne la famille royale sur les routes de l'exil. La mort de son oncle et beau-père Charles X le 6 novembre 1836 fait de Marie Thérèse la nouvelle reine de France et de Navarre, aux yeux des légitimistes. Son mari prend désormais pour prénom usuel Louis tout court, ainsi que le titre de comte de Marnes. Aux yeux des légitimistes il est Louis XIX.

N'ayant pas eu d'enfant, Marie Thérèse se consacre à l'éducation de son neveu Henri d'Artois, héritier présomptif du comte de Marnes.

Elle devient veuve le 3 juin 1844.

Elle meurt à Frohsdorf (Autriche) le 19 octobre 1851. Elle est inhumée à Kostanjevica (Slovénie).


Controverse


L'identité de Marie-Thérèse et de la duchesse d'Angoulême est parfois discutée : certains prétendent que Marie-Thérèse de France doit être identifiée à la mystérieuse Comtesse des Ténèbres qui vécut en Allemagne, dans le duché de Saxe-Hildburghausen, jusqu'à sa mort en 1837. Théorie fragile si l'on considère les témoignages de ses contemporains et, en premier lieu, de la famille royale elle-même qui n'a jamais douté de son identité. Il faut cependant lire le plus complet des ouvrages parus à ce jour sur le sujet,le livre du prince Frédéric de SAXE-ALTENBOURG, L'énigme de Madame Royale,Flammarion,Paris,1954.


Testament

Madame Royale laissa un testament à n'ouvrir qu'un siècle après son décès, qui fit couler beaucoup d'encre et entretint beaucoup d'espoirs. Certains royalistes attendaient en effet des révélations sur la survivance de Louis XVII, mais le document ne contenait en réalité rien de très nouveau.


Témoignages

Avant la destruction du Temple ordonnée par Bonaparte, des témoins ont relevé dans ce qui avait été la chambre de Madame Royale, les graffitis suivants (A. de Beauchesne) :

« Marie-Thérèse-Charlotte est la plus malheureuse personne du monde. Elle ne peut obtenir de savoir des nouvelles de sa mère, pas même d'être réunie à elle quoiqu'elle l'ait demandé mille fois. Vive ma bonne mère que j'aime bien et dont je ne peux savoir des nouvelles. Ô Mon dieu, pardonnez à ceux qui ont fait mourir mes parents. Ô mon père, veillez sur moi du haut du Ciel. Ô mon Dieu, pardonnez à ceux qui ont fait souffrir mes parents. »



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MessagePosté le: 21/11/2006 00:13:12    Sujet du message: Louis XVII Répondre en citant





Louis XVII est le nom donné par les royalistes à Louis Charles de France (27 mars 1785 - 8 juin 1795), fils de France, duc de Normandie puis dauphin de France puis Prince Royal et reconnu comme Roi par toutes les puissances étrangères, y-compris les jeunes États-Unis, sous le nom de Louis XVII, qui était le second fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette. L'image ci-contre est un portrait du jeune dauphin peint en 1789 par Élisabeth Vigée-Lebrun


Biographie

Né en 1785, deuxième fils de Louis XVI, il devient, à la mort de son frère aîné, dauphin de France, puis « prince royal » à partir de 1790. Durant la Révolution française, Louis-Charles fut emprisonné avec ses parents à la Prison du Temple après la journée du 10 août 1792. En vertu du principe selon lequel le Roi ne meurt pas en France (« Le Roi est mort, vive le Roi »), Louis-Charles succède à son père, guillotiné le 21 janvier 1793. Sous le nom de Louis XVII, il est reconnu comme tel par Monsieur (Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence, frère de Louis XVI, désigné par celui-ci Lieutenant-général du Royaume, futur Louis XVIII, émigré à Hamm, près de Düsseldorf en Westphalie), par les puissances européennes, ainsi que par les États-Unis d'Amérique, qui ne reconnaissaient pas la nouvelle République. Les Vendéens et les Chouans, fidèles à l'autorité légitime, se battront et mourront en son nom. Leurs étendards portent l'inscription : « Vive Louis XVII ».

Témoin des exactions et des voies de fait perpétrées contre ses parents, il les suit au Temple l'été 1792. Très précoce pour son âge, il aura des réparties qui permettent d'affirmer une étonnante lucidité. Ainsi demanda-t-il à sa « Maman-Reine » : « Maman, sommes-nous des martyrs ? »

Confié à la garde de son père, celui-ci poursuit son éducation avant d'en être séparé. Le matin du 21 janvier, le petit garçon s'échappe des bras de sa mère et se précipite d'un municipal à l'autre en implorant : « Laissez-moi-passer, Messieurs, laissez-moi passer ! - Où veux-tu aller ? - Parler au peuple afin qu'ils ne fassent pas mourir mon père ! Au nom du Bon Dieu, laissez-moi passer ! » (Beauchesne)

Le 3 juillet 1793, à 22h00, Louis XVII est enlevé à sa mère, conformément au plan des Jacobins. Chaumette avoua : « Je veux lui faire donner quelque éducation ; je l'éloignerai de sa famille pour lui faire perdre l'idée de son rang. » (F. Hue) Il est confié au cordonnier Simon et sa femme.

Les Jacobins firent signer à l'enfant une déclaration de reconnaissance d'inceste, pour ajouter un chef d'accusation contre sa mère et pour faire suite à un gonflement de testicule que l'on attribua à un jeu (à cheval sur un bâton) mais qui en fait révélait un premier symptôme de tuberculose. Ce chef fut abandonné.

Simon fut rappelé à ses fonctions municipales. Il périra sur le même échafaud que Robespierre. Louis-Charles sera emmuré dans une chambre obscure pendant six mois, jusqu'à la mort de Robespierre, en juillet 1794. Gagnié, ancien cuisinier des Tuileries, obtint d’approcher le prisonnier. Il découvrit le petit « courbé et accroupi ayant les bas retroussés, une tumeur au genou et ayant le cou rongé de gale, dans l’impossibilité de se redresser. »

Après la mort de Robespierre, son sort s'améliore relativement, même s'il demeure prisonnier dans la tour du Temple.

Il mourut dans sa prison de la tuberculose, le 8 juin 1795.

Lors de sa mort, il dit à un garde qu'il appréciait : "Je voulais vous dire", et il mourut au moment de dire ce qu'il voulait dire. Cela restera donc un grand mystère.


Les faux dauphins

Une autopsie fut pratiquée sur son corps en prison et son cœur fut subtilisé et conservé par le chirurgien Philippe-Jean Pelletan. Le corps fut inhumé au cimetière Sainte-Marguerite. Beauchesne évoque un témoignage selon lequel la dépouille aurait été exhumée sur ordre du gouvernement puis inhumée à nouveau au cimetière de Clamart. Les ossements n'ont jamais été retrouvés et ceux qui ont été dégagés au cimetière Ste Marguerite proviennent de plusieurs squelettes. Des rumeurs coururent rapidement selon lesquelles le corps n'était pas celui du dauphin et que le jeune garçon avait été délivré par des royalistes, ayant remplacé le corps.

De nombreux prétendants (plus d'une centaine dont le plus célèbre étant l'horloger prussien Carl-Wilhelm Naundorff) se manifestèrent à travers l'Europe durant plusieurs décennies, et certains de leurs descendants ont conservé un petit nombre de partisans aujourd'hui. Citons aussi le Baron de Richemont, mort à Gleizé, prés de Villefranches, le 10 août 1853, et auquel un ouvrage fort complet est entièrement consacré (Michel Wartelle, LOUIS XVII OUI LE SECRET DU ROI, aux Éditions de Mortagne,Québec,Canada,1990). A l'inverse, certains historiens comme Louis Hastier ou George Bordonove ont prétendu que Louis XVII était mort au Temple avant 1795 (vers fin 1793-début 1794) et avait été remplacé par un autre enfant lui même mort en juin 1795. Le cœur de Louis XVII changea plusieurs fois de main avant d'être placé, en 1975, dans la crypte royale de la basilique de Saint-Denis, lieu où ont été enterrés ses parents et une grande partie des rois de France. Une étude historique, conduite par l'historien Philippe Delorme, conjointement à des analyses génétiques par comparaison d'ADN mitochondrial, pratiquées par le professeur Jean-Jacques Cassiman de la KU Leuven en Belgique, et par le docteur Berndt Brinkmann de l'université allemande de Muenster, ont démontré son authenticité en 2000, réhabilitant du même coup les témoignages de contemporains recueillis par l'historien Beauchesne. Cette authenticité démontrée, l'urne funéraire contenant le cœur a été placée le 8 juin 2004 dans la chapelle des Bourbons de la cathédrale de Saint-Denis.

La cérémonie était organisée par le Mémorial de France à Saint-Denys et présidée par le plus proche parent actuel du dauphin, le prince Louis de Bourbon, aux côtés de sa grand-mère paternelle la duchesse d'Anjou et de Ségovie, et de l'archiduc Charles d'Autriche, issu quant à lui de la famille maternelle de Louis XVII. Étaient également présents des membres de plusieurs autres branches des Bourbons, de nombreux ambassadeurs et personnalités (Hélène Carrère d'Encausse, Buzz Aldrin, J.J. Aillagon...)

Malgré cela, certains continuent de vouloir démontrer la survivance du prince à l'épisode du Temple. Mais pour la plupart des spécialistes, l'analyse ADN du cœur, conjuguée avec l'enquête menée sur son origine et les péripéties de son histoire, est suffisante pour attester de la mort du prince au Temple. C'est, en particulier le cas du professeur Jean Tulard membre de l'Académie des Sciences Morales et Politiques. Appelé par le ministre de la Culture à donner son avis sur la déposition du cœur de Louis « XVII », le 8 juin 2004, il écrit dans son ouvrage « Les Thermidoriens » (Paris, 2005) (pp 81 sqq.) : « [...] il y avait ce cœur que le médecin Pelletan affirmait avoir dérobé lors de l'autopsie qu'il avait pratiquée sur l'enfant mort au Temple avec le concours des docteurs Dumangin, Lassus et Jeanroy. [...] Que le cœur ait été refusé par Louis XVIII et la duchesse d'Angoulême ne signifie pas qu'il n'est pas celui de l'enfant royal. C'était une forme de prudence que ne pouvait que partager l'historien jusqu'aux résultats des analyses d'ADN publiés le 19 avril 2000. Les résultats obtenus par les professeurs Cassiman et Brinkmann montrent un lien de parenté avec Marie-Antoinette et confirment en conséquence que ce cœur est bien celui de Louis XVII mort au Temple. (Note de l'auteur : "Philippe Delorme, Louis XVII la vérité. Philippe Delorme a été à l'origine de l'examen") [...] Il est vrai que Louis XVII avait eu un frère aîné, Louis-Joseph, décédé le 4 juin 1789 [...] Mais le cœur qui a été soumis à l'analyse de l'ADN ne montrait pas de traces d'embaumement ou d'un traitement respectueux de la personnalité du Dauphin. On peut donc penser, si l'on fait confiance à l'analyse ADN, procédé reconnu par la justice, que Louis XVII est bien mort au Temple le 8 juin 1795 ».





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André grandier
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MessagePosté le: 21/11/2006 00:32:25    Sujet du message: Marie-thérèse d'autriche Répondre en citant





Marie-Thérèse de Habsbourg, née à Vienne, le 13 mai 1717, décédée à Vienne, le 29 novembre 1780. Fille de Charles VI et de la Princesse Elisabeth-Christine de Brunswick-Wolfenbüttel. Archiduchesse d'Autriche et reine de Hongrie du 20 octobre 1740 au 29 novembre 1780 et reine de Bohême de 1743 à 1780, Impératrice consort des Romains en 1745. Par la Pragmatique Sanction de 1713, elle devait recevoir la totalité des États des Habsbourg. Cependant, elle dut mener la Guerre de Succession d'Autriche (1740-1748) contre la Prusse, la Bavière, la Saxe ainsi que la France et l'Espagne. Cette guerre lui fit perdre la Silésie. En 1745, elle fit élire son époux François Ier, Empereur germanique, car elle-même ne pouvait l'être officiellement, aucune femme n'ayant été élue à la dignité impériale. Cependant, personne ne s'est jamais trompé sur la réalité de la situation, et de même qu'en Europe on avait toujours appelé chacun de ses prédécesseurs "l'Empereur", sans autre précision, elle fut pour toutes les cours, les chancelleries et pour le public, "l'Impératrice". Impressionnés par sa personnalité écrasante, ses contemporains la nommèrent assez rapidement, dès la seconde partie de son règne, "la grande Marie-Thérèse" (discours d'accueil du cardinal de Rohan à Marie-Antoinette à Strasbourg en 1770, lettre du comte de Mercy apprenant l'exécution de la reine en 1793...).

Elle fit la guerre contre Frédéric II, dans la Guerre de Sept Ans (1756-1763) afin de récupérer la Silésie, mais elle échoua. Durant son règne, elle a entreprit diverses réformes centralisatrices, notamment grâce à l'aide de son chancelier, Kaunitz.

Elle se laissa entraîner dans la première des partitions de la Pologne. En 1772, il lui fut attribué la Petite Pologne et la partie de l'Ukraine appelée la Galicie. Les populations cependant eurent moins à souffrir de l'occupation autrichienne, jusqu'en 1918, notamment les Juifs, que leurs compatriotes soumis à l'autorité prussienne ou russe.


Elle fut aussi une adepte du mercantilisme. Dès 1765, elle s'associa à son fils Joseph II.

Marie-Thérèse et François Ier eurent 16 enfants (11 filles, 5 fils), sur lesquels 10 parvinrent à l'âge adulte.

- Marie Elisabeth (° 5 février 1737, † 7 janvier 1740);
- Marie Anne (° 6 octobre 1738, † 19 novembre 1789), abbesse de Klagenfurt;
- Marie Caroline (° 12 janvier 1740, † 25 janvier 1741);
- Joseph II (1741-1790);
- Marie Christine (1742-1798), épouse en 1765 Albert, duc de Saxe-Teschen (1738-1822);
- Marie Elisabeth (° 13 août 1743, † 25 septembre 1808), abbesse du Chapitre des Dames-Nobles de Prague;
- Charles Joseph (° 1er février 1745, † 18 janvier 1761);
- Marie Amélie (1746-1804), épouse en 1769 Ferdinand Ier, duc régnant de Parme (1751-1802);
- Léopold II (1747-1792);
- Marie Caroline († 17 septembre 1748;
- Jeanne Gabrielle (° 4 novembre 1749, † 23 décembre 1762);
- Marie Josèphe (° 19 mars 1751, † 15 octobre 1767, fiancée à Ferdinand Ier, roi des Deux Siciles ;
- Marie Caroline (1752-1814), épouse en 1768 Ferdinand Ier, roi des Deux Siciles (1751-1825);
- Ferdinand de Habsbourg-Lorraine-Este(° 1er juin 1754, † 24 décembre 1806), archiduc d'Autriche-Modène, épouse en 1771 Marie-Béatrice d'Este-Modène (1750-1829);
- Marie Antoinette (1755-1793), épouse en 1770 Louis XVI, roi de France (1754-1793);
- Maximilien François, (1756-1801), évêque de Munster, archevêque de Cologne, grand-maître de l'Ordre Teutonique.

Les membres de l'actuelle Maison de Habsbourg-Lorraine, dite Maison d'Autriche, descendent tous de Marie-Thérèse par ses enfants suivants : Léopold II, Ferdinand duc de Modène, Marie-Amélie princesse de Parme et Marie-Caroline reine de Naples. Les membres des maisons souveraines de Bourbons d'Espagne, des Deux-Siciles, de Parme, Savoie, Luxembourg, Liechtenstein, Saxe et Bragance, par le biais des mariages consanguins ont tous Marie-Thérèse dans leurs ancêtres directs. Il en est de même pour la maison ducale de Hohenberg et les comtes de Méran branches morganatiques des Habsbourg-Lorraine. Les descendants de Marie-Thérèse se retrouvent également parmi les membres de l'aristocratie européenne.




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MessagePosté le: 11/12/2016 15:45:56    Sujet du message: Famille Royale

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